Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Terror, saison 2: Infamy
Chester Nakayama est un paisible photographe dont l'existence est bouleversée, en 1942, quand le gouvernement des États-Unis prend la décision d'interner dans des camps les citoyens d'origine japonaise soupçonnés d'être des agents infiltrés en puissance. Comme si cela ne suffisait pas, un terrible esprit vengeur colle aux basques de son entourage.

La première saison, adaptation du roman de Dan Simmons, avait frappé fort, avec une ambiance oppressante et désespérée qui ne lâchait pas le spectateur, une galerie de personnages et d'acteurs charismatiques, et une reconstitution au cordeau de la tragique expédition Franklin, perdue dans les glaces de l'Arctique. Dix épisodes qui mêlaient reconstitution historique la plus précise possible dans la mesure de ce que l'on savait à l'époque et spéculations auxquelles on mêlait un zeste de surnaturel avec la présence du Tuunbaq. Les événements du livre ayant été couverts et n'appelant pas de suite, on aurait pu en rester là mais une saison 2 a été commandée avec une toute nouvelle équipe aux manettes, avec pour volonté de se lancer dans une anthologie historico-horrifique. Au premier abord, Infamy reprend les ingrédients de la saison originelle: un cadre qui permet de se pencher avec un regard critique sur une page dramatique de l'Histoire auquel on intègre un élément fantastique. Néanmoins peut-être parce que l'utilité du Tuunbaq est un des principaux reproches qui a été exercé à l'égard de la première saison (critique à mon sens complètement injustifiée), les scénaristes ont en fait pris le contrepied total dans le traitement des deux genres.

Ici, en effet, on n'a plus une série historique avec une créature fantastique qui apparait en pointillé mais une série fantastique qui a pour toile de fond un événement historique. Une approche totalement différente qui joue fortement sur l'appréciation de l'ensemble. Le Yurei se manifeste dès la première scène et est le moteur de la plupart des péripéties, tandis que le traitement des protagonistes par les autorités est par moment montré de manière étrangement superficielle: à plusieurs reprises, des actes qui devraient avoir des conséquences sérieuses pour les héros n'en rencontrent pour ainsi dire aucune. Par exemple, le cinquième épisode se termine sur Chester, enlevé sur une jeep par un de ses collègues possédé, les militaires autour d'eux ont l'air de croire que les deux hommes sont en train de fuir, la jeep se renverse laissant le héros à la merci du Yurei... et l'épisode suivant, le voilà renvoyé chez lui sans plus d'histoire. Il en va de même pour la sous-intrigue entre Amy et le responsable du camp, et ce problème est trop récurrent pour être ignoré, tout comme les pouvoirs de Yuko et sa clémence, qui ont l'air d'être à géométrie variable, variation qui n'est justifiée trop souvent que par les besoins de l'intrigue.

Ce manque de cohérence qui frôle par moment le je-m'en-foutisme est bien dommage, et fort inexplicable car par ailleurs, cette saison est très soignée: la distribution est loin d'égaler en charisme la précédente, et on ne lui offre pas des textes aussi mémorables, mais tout le monde fait bien son boulot, et cela fait toujours plaisir de croiser Naoko Mori ou George Takei. On sent un désir d'authenticité en dépeignant la culture de ces Américains venus du Japon ou issus de la deuxième génération, les plus anciens parlant généralement japonais entre eux tandis que leurs enfants, tout en connaissant la langue et les coutumes, privilégient l'anglais.

Il y a des passages horrifiants comme le moment de l'arrivée dans les camps, le fait que même les enfants en bas-âge ne soient pas à l'abri, que malgré la façon dont ils sont considérés certains s'engagent tout de même dans l'armée pour participer à l'effort de guerre, le retour au bercail qui ne se déroule pas comme prévu... L'intrigue fantastique se révèle également touchante, avec encore une fois un monstre qui n'est pas ce qu'il y a de pire dans l'histoire et il est regrettable que cela soit atténué par les faiblesses d'écriture soulignées plus hauts qui donnent l'impression que les protagonistes s'en tirent parfois à trop bon compte, ce qui n'est certainement pas le but désiré.

On est donc très loin de la claque qu'a pu être la première saison mais la fin et le générique montrant la photo des acteurs en parallèle à celles de leurs parents, grands-parents, ou dans certains cas, d'eux-même enfants lors de leur internement confère au projet une sincérité émouvante malgré son caractère inégal.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 15 Octobre 2019, 21:18bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".