Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The English
Lady Cornelia Locke quitte son Angleterre natale pour se rendre dans le tout nouvel État du Wyoming afin d'y retrouver l'homme qu'elle rend responsable de la mort de son fils. Sa route est semée de dangers mais elle croise la route d'un ancien éclaireur pawnee, Eli Whipp, avec qui elle va s'allier.

Il y a quelques années, j'avais regardé la mini-série policière The Shadow Line, signée Hugo Blick. Une œuvre remarquable mais d'une telle noirceur que cela ne m'avait pas donné envie de me jeter sur les créations suivantes du monsieur. Qui dans une autre vie a tué les parents de Batman, c'est dire s'il faut prendre ses précautions. Seulement voilà, The English est un western, ce qui attise forcément ma curiosité, avec un casting attirant, notamment Emily Blunt en tête d'affiche. L'action se déroule en 1890, époque où la Conquête de l'Ouest est presque achevée mais où les tensions demeurent; les massacres et les guerres sont encore dans les mémoires, les grands éleveurs voient d'un mauvais œil les barbelés des plus petits exploitants et la loi du plus fort prévaut encore. C'est dans ce contexte que déboule Cornelia Locke, lady anglaise avide de vengeance.

Un western qui tourne autour d'une vengeance, voilà qui n'est guère original mais Blick s'ingénie à prendre des tours et des détours pour amener Cornelia devant l'homme dont elle a juré la perte et qui mettra la moitié de la saison à se dévoiler vraiment. Le voyage de l'Anglaise est l'occasion pour elle de se confronter à un monde nouveau, avec l'aide d'Eli Whipp qu'elle va elle-même secourir. Ce dernier a un rôle ambigu puisqu'il est Pawnee et victime régulièrement de racisme mais il a servi l'armée américaine contre des peuples ennemis du sien. On suit également les problèmes d'un puissant éleveur du Wyoming, Thomas Trafford, dont les bêtes sont massacrées et le shérif local qui aborde son métier avec flegme. Les protagonistes sont régulièrement confrontés à la violence, notamment de bandits de grand chemin et d'opportunistes en tout genre.

Visuellement, la mini-série est saisissante, notamment grâce à la photo d'Arnau Valls Colomer. Si l'on se plaint régulièrement depuis quelques années des filtres gris-bleus tristounets qui semblent dominer, ici les couleurs sont chatoyantes et vives. Le tournage s'est déroulé en Espagne pour des raisons liées à la pandémie plus que pour marcher sur les traces de Sergio Leone mais cela donne un décalage intéressant, avec de beaux paysages crédibles pour représenter l'Ouest américain et qui en même temps ne ressemblent pas tout à fait à ceux que l'on a l'habitude de voir. Malgré une galerie de personnages pittoresques et s'il est vrai que le voyage dans ce genre d'histoires compte plus que la destination, le format en six épisodes semble parfois excessif, les circonvolutions du scénariste et réalisateur ne sont pas toujours utiles et compliquent inutilement une intrigue fort simple au demeurant. Toute la partie concernant Meurtres sur l'Eau et Black Eyed Mog, par exemple, si elle risque d'hanter les nuits des téléspectateurs, n'apporte pas grand chose si ce n'est en rajouter sur le thème de la vengeance. Le long épilogue, en revanche, est émouvant là où il aurait pu rallonger la sauce plus que de raison.

La distribution est pour beaucoup dans l'attachement que l'on ressent dans le parcours tourmenté des personnages principaux. Hugo Blick réemploie avec bonheur Stephen Rea et Rafe Spall, déjà présents dans The Shadow Line et l'on croise Toby Jones, Ciaran Hinds ou encore Tom Hughes mais c'est surtout le duo formé par Emily Blunt et Chaske Spencer, que je connaissais uniquement en tant que chef des loup-garous de Twilight qui porte la série et à merveille. On voit assez vite comment ces deux personnages d'horizons totalement différents vont faire cause commune et se rapprocher mais le scénariste ne rend pas le dénouement aussi prévisible qu'on pourrait le penser.

Si l'on peut reprocher à Hugo Blick de se regarder un peu trop écrire par moment, qu'un film aurait amplement suffit pour raconter la même chose sans y perdre beaucoup dans la compréhension et la psychologie des personnages, The English est une plongée dans un Ouest qui peine encore à se prétendre civilisé, aussi esthétique dans la forme que sombre dans le fond.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 19 Novembre 2022, 16:44bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".