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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Star Wars, épisode VIII: Les Derniers Jedi
--> Spoilers à gogo
La Résistance n'a pas eu le temps de savourer sa victoire sur le Premier Ordre que la flotte de ce dernier débusque ses membres et s'engage à leur poursuite. Tandis que Finn et sa nouvelle amie Rose cherchent un moyen pour que les vaisseaux rebelles ne soient plus traqués, Rey tente de convaincre Luke de la former à l'usage de la Force.

Il y a de cela deux ans, Star Wars, désormais sous le contrôle de Disney, revenait sur grand écran avec le premier volet d'une nouvelle trilogie, Le réveil de la Force. Si le film de J.J. Abrams avait été nettement mieux accueilli que La Menace Fantôme en son temps, la principale critique essuyée était sa trop grand ressemblance avec l'épisode IV (la seconde tenait surtout au personnage de Kylo Ren, ce qui est un peu contradictoire avec la première, mais passons). S'il est impossible de nier les similitudes dans la construction des deux films, cela cachait que des scènes familières l'étaient souvent pour offrir une relecture, voire prendre le contrepied de ce que l'on connaissait. Le spectacle se voulait tout de même rassurant pour les spectateurs échaudés par les préquelles, mais la volonté d'avoir recours à des passages connus pour mieux les détourner était déjà présente. Avec ce film-ci, c'est encore plus flagrant, au risque d'en faire hurler plus d'un mais après avoir pointé du doigt l'apparent manque d'audaces de l'épisode VII, il serait étrange de reprocher à The Last Jedi de dynamiter ce que l'on pensait acquis, ce que fait Rian Johnson avec un malin plaisir.

On va commencer par le positif: déjà, un bon point pour le film, on ne fait pas de Rey une membre de la smala Skywalker, ni une descendante d'Obi-Wan Kenobi, ni de qui que ce soit de connu, et encore moins l'élue d'une quelconque prophétie créée par la Force elle-même. Ses parents étaient des gens sans intérêt qui ne méritent pas qu'on s'attarde sur leur cas, et c'est tant mieux. La question de la filiation a déjà été traité avec d'autres personnages, tout le monde n'a pas à hériter d'un talent ou d'une place importante dans l'histoire par la seule grâce de son ascendance.

Le cas de Snoke fera également débat, mais c'est une très bonne chose de ne pas se soucier d'expliquer les origines du personnage. Expliquait-on celles de Palpatine dans la trilogie originelle? Non, on ne savait pas d'où il venait et comment il pouvait proposer un usage totalement inédit de la Force après presque trois films où l'on pensait connaître l'étendue des possibilités de ceux qui la maîtrisent. À une époque où l'on se perd dans des explications à n'en plus finir quand elles n'ont pas lieu d'être et où l'on consacre un film de deux heures à éclaircir un point de scénario d'un métrage qui en quarante ans n'en a jamais eu besoin, c'est rafraîchissant. Le choix de s'en débarrasser aussi vite est finalement logique: ce n'est pas lui qui est important, c'est Kylo Ren et sa montée en puissance. On a pu se plaindre que Kylo n'était pas Vador, mais c'est justement son intérêt: moins équilibré, moins froid, a priori incapable de se montrer à la hauteur, et qui pourtant va faire ce que Vador avait suggéré sans aller jusqu'au bout.

De fait, toutes les scènes entourant Kylo Ren, Rey et Luke pourront passer pour hérétiques (sans parler d'un certain passage too-much impliquant Leïa), mais enfin, on a une remise en cause de principes trop vite tenus pour évidents (et une démocratisation de la Force, ce qui n'est pas plus mal), c'est à saluer quand on pourrait se contenter de livrer une copie confortable.

Cette volonté de surprendre et de déconstruire figures et passages connus se ressent également dans les autres sous-intrigues. Néanmoins, se défaisant d'une construction classique, le film a une structure étrange qui lui donne un drôle de rythme. Surtout, ce qui concerne la Résistance donne l'impression d'être là pour occuper Finn, le nouveau personnage fort attachant de Rose, ou encore Poe Dameron, mais l'idée de base est mince et malgré l'enjeu, le tout fait trop forcé pour passionner, même si cela permet de faire évoluer Poe. On en profitera encore une fois pour nous balader en revisitant l'archétype de la crapule au grand cœur façon Han ou Lando avec le personnage incarné par Benicio Del Toro (qui bégaie parce que pourquoi pas) mais si l'envie de brouiller les pistes est toujours louable, on finit par sentir un certain systématisme dans le principe de casser les codes établis.

Visuellement, Johnson se permet quelques scènes marquantes, comme l'ouverture, l'utilisation de la planète de sel, ou encore l'esthétique de la salle du trône de Snoke, qui apportent un peu de nouveauté, le design des vaisseaux restant dans la droite ligne de la trilogie originelle tandis que l'escale au casino n'est pas sans évoquer la prélogie. Quant à la distribution, Mark Hamill se distingue en jedi déchu, dépressif et buriné tandis que le jeune casting est toujours aussi solide, en particulier Adam Driver dans un rôle difficile. Laura Dern m'a paru nettement en deçà, pas aidée par un look improbable.

Arrivés aux deux tiers de cette nouvelle trilogie, on peut se rendre compte du véritable exercice de déconstruction auquel les deux premiers volets se livrent, en faisant voler en éclat un univers familier. Le travail des scénaristes est à l'image du parcours des personnages, qui désirent sortir d'une opposition répétitive en cherchant de nouvelles voies. On se retrouve donc avec quelque chose de beaucoup plus ambitieux et audacieux qu'on aurait pu le croire au départ. D'où l'intérêt, mais aussi le plus gros défi que devra relever le troisième volet: c'est bien gentil de déconstruire, mais c'est bien vain si on ne construit pas quelque chose de solide après. Avec un antagoniste capable de prendre n'importe quelle direction et des cartes rebattues, difficile de savoir quelles options seront choisies, et l'appréciation d'ensemble en dépendra plus que jamais.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 14 Décembre 2017, 11:48bouillonnant dans le chaudron "Films".


Ingrédients :

  Vert
23-12-17
à 17:31

J'ai bien apprécié également cet épisode qui n'a pas peur de déconstruire plein de choses. J'avoue que je suis curieuse pour l'épisode IX (même si avec le retour de J.J Abrams aux commandes ça sera sans doute quelque chose de différent ^^)

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
23-12-17
à 18:42

Re:

Oui, j'ai aussi peur que si les réactions négatives face à certains choix de cet épisode pèsent, on cherche à y revenir dans le suivant plutôt que de les assumer.