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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Le Brigand bien-aimé, 1939
Quand l'employé véreux d'une compagnie de chemins de fer tente de les exproprier et cause la mort de leur mère, les frères Jesse et Frank James prennent le maquis et avec quelques complices attaquent trains et banques, reversant le fruit de leurs rapines à ceux qui comme eux ont été spoliés de leurs terres.

1939 a été une année faste pour le western puisque les sorties de ce film et quelques mois après de La Chevauchée fantastique de John Ford ont prouvé que le genre pouvait offrir des œuvres ambitieuses séduisant aussi bien le public que la critique et pas seulement de petites séries B à base de cow-boys chantants. Ce dont on aurait pu se rendre compte plus tôt si La Piste des Géants n'avait pas fait un flop, mais ne revenons pas là-dessus. Le film de Henry King a peut-être moins contribué que celui de Ford à poser l'imagerie du western américain dans l'imaginaire collectif: John Wayne et Monument Valley, entre autres. C'est peut-être pour cette raison qu'il est moins révéré de nos jours et pourtant il a contribué tout autant à la légende westernienne en s'attaquant à une célèbre figure de l'Ouest: Jesse James. Ayant tout d'abord choppé le film en VF, j'ai dû m'arrêter au bout de quelques minutes quand j'ai compris que le héros serait appelé tout du long Jécé. Les VF, ce n'était pas toujours mieux avant. Un joli steelbook plus tard, j'étais à même d'apprécier le métrage à une plus juste valeur.

King s'en tient ici à une vision très romantique du bonhomme: on ne dit rien de son appartenance à la bande du sinistre Quantrill durant la Guerre de Sécession par exemple, Jesse est un jeune fermier habile aux armes qui se rebelle face à un gouvernement fourbe qui écrase les petites gens au nom du profit. Quelques années après les débuts de la Grande Dépression, ce Robin des Bois du Far West avait de quoi plaire au public. Tout en restant très sage à ce niveau, le scénario ne dresse néanmoins pas un portrait totalement idéal et montre tout de même un homme qui prend goût au danger et à la violence et court le risque d'oublier dans la foulée la cause de son combat. Heureusement, son grand frère et l'amour de sa vie, Zee, sont là pour le ramener sur terre, ce qui ne lui évitera pas un sort tragique alors qu'il s'apprêtait à se ranger des voitures. Tyrone Power porte bien le film en bandit au grand cœur tourmenté tandis que Henry Fonda est davantage en retrait en Frank James... Mais il sera la star de la suite, sous la caméra de Fritz Lang cette fois-ci. Celui qui retient l'attention, aussi étonnant que cela puisse paraître de ma part, je dois dire que c'est ce bon vieux Randolph Scott.

Comme on le sait si l'on a déjà lu mes précédents articles de ce blog, pendant des années, la faute aux Conquérants de Carson City, j'ai considéré l'acteur comme un ersatz sans attraits de Gary Cooper avant que sa collaboration avec Boetticher me fasse le réévaluer, tout en trouvant que son plus grand avantage était de laisser généreusement ses collègues lui voler la vedette pour le plus grand bénéfice de tous. Ici, c'est lui qui hérite sans doute du personnage le plus intéressant: un shérif chargé d'arrêter les James, attiré par la même femme que Jesse mais qui ressent de la sympathie pour sa proie et désire que sa peine soit la plus légère possible, au risque d'être en conflit avec les pontes des chemins de fer (incarnés ici par Donald Meek qui était aussi dans La Chevauchée fantastique: pas son année pour voyager dans les transports en commun). Scott joue ce rôle avec une nonchalance apparente qui cache un profond soucis de protéger à sa manière les James, Zee en particulier, et d'exercer la justice sans brutalité. Disons-le tout net, je l'ai même carrément trouvé sexy et je ne pensais pas qu'une chose pareille arriverait un jour.

Si les scènes d'action ne sont pas si nombreuses que cela, Henry King les soigne particulièrement et offre de beaux moments, comme la première attaque de train à la tombée de la nuit, la silhouette de Jesse courant sur les wagons se détachant dans les dernières lueurs, ou la fuite de la banque où cheval et cavaliers passent à travers une vitre. La fin, dont on sait où elle mène, est un beau moment de tension également, étiré au maximum jusqu'au coup de feu fatal. Il est dommage que le scénario, ou le montage, se montre parfois trop elliptique: les membres de la bande de Jesse apparaissent un peu comme cela, sans véritable introduction, ce qui est dommageable dans le cas de Bob Ford puisque ce dernier devient subitement important dans les dernières minutes sans que rien ne le distingue auparavant du groupe hormis le fait qu'il a la tête de John Carradine. L'humour amené par l'oncle de Zee, rédacteur-en-chef à qui l'on donne le mot de la fin, peut aussi tomber à plat bien que ce genre de personnage pittoresque soit finalement assez courant pour l'époque et pour le genre.

Le Brigand bien-aimé illustre non sans panache et dans un beau technicolor la légende dorée de Jesse James, une de ces figures de l'Ouest qui à l'instar d'un Buffalo Bill n'avait finalement pas grand chose de sympathique mais qui a bénéficié d'une aura romanesque. D'autres films se chargeront par la suite d'en dresser un portrait moins flatteur mais on en est ici encore au stade où l'on met en place une mythologie, et c'est fait avec la manière.

potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 5 Septembre 2020, 16:10bouillonnant dans le chaudron "Films".