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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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King Charles III
Elizabeth II est morte et après des décennies interminables dans le rôle de l'héritier, Charles est enfin roi. Très tôt, la présentation d'une loi soutenue par le Premier Ministre sur la liberté de la presse, qui a ses yeux mettrait en danger les droits de ses sujets, le pousse à utiliser une de ses prérogatives royales en refusant de la signer. Bien que son opposition soit symbolique, elle pourrait menacer la stabilité du royaume.

Elizabeth II fait tellement partie du décor depuis son accession au trône en 1952 qu'il est difficile, que l'on soit républicain ou monarchiste, que l'on s'appelle Stéphane Bern ou que l'on n'en ait rien à cirer des Windsor, d'imaginer l'après-Liz II, quand bien même il risque de ressembler fortement au pendant Liz II. Son fils se fera-t-il appeler Charles III ou George VII, essaiera-t-on de l'évincer au profit d'un William plus populaire quand bien même cela ne marche pas comme ça ou aura-t-il un règne à la Edward VII? Paris Match en fera probablement son beurre le moment venu, mais en attendant, on ne peut que spéculer, et c'est ce qu'a fait le scénariste Mike Bartlett (Doctor Foster, Doctor Who: Knock Knock) dans ce téléfilm de la BBC adapté de sa propre pièce de théâtre. Une pièce de théâtre qui a été bien accueillie et qui pastiche allégrement Shakespeare avec des répliques en vers blancs ou en pentamètres iambiques, apparition fantomatique porteuse de prophétie, et épouse ambitieuse. Il ne s'agit pas là d'une comédie parodique, les sujets abordés sont plutôt graves, mais cela crée une distance amusée tant l'on a pas l'impression que l'auteur a la prétention de rivaliser avec le Barde mais de s'amuser d'un "à la manière de..." en inversant le principe, puisque c'est de l'anticipation et non de l'Histoire.

Toujours est-il qu'il n'est pas toujours aisé de passer des planches à la télévision, surtout quand les acteurs ne parlent pas en prose, et que le format téléfilm de la BBC ne va pas au-delà d'1h30, obligeant à certaines coupes. Pour ce qui est du premier écueil, il est vite surmonté par des acteurs menés par Tim Pigott-Smith en Charles, qui avait déjà joué le rôle sur scène, ce qui lui avait valu une nomination au Laurence Olivier Awards et aux Tony Awards, et qui est hélas décédé entre le tournage et la diffusion de l'adaptation télé. Le texte coule naturellement, et les monologues face caméra ne font pas artificiels (en fait, ce n'est pas sans rappeler House of Cards, notamment la saison 2 To Play the King qui présente des similitudes dans l'intrigue, et qui sans recourir aux vers blancs tentait déjà la touche shakespearienne).

Au niveau de l'intrigue, c'est un peu plus bancal. Ne connaissant pas la pièce, j'ignore ce qui vient de celle-ci ou des compromis de l'adaptation, mais on peut tiquer en voyant Camilla expliquer à Kate qu'on devient roi à la mort du précédent monarque et pas au moment du couronnement qui a lieu des mois plus tard comme si cette dernière pouvait ignorer quelque chose d'aussi basique, ou devant certaines libertés prises avec le fonctionnement de la monarchie pour les besoins de l'histoire. Quant à la romance concernant Harry et une roturière socialiste, on peut comprendre ce que le prince lui trouve (quelqu'un qui ne se laisse pas impressionné par son statut et qui constitue une promesse d'évasion d'un milieu qui lui pèse, on a un précédent) mais l'inverse n'est pas vrai. Heureusement, King Charles III se rattrape lorsqu'il s'agit d'explorer le rôle d'un souverain dans une monarchie parlementaire et de voir les manœuvres pour le contrecarrer. Il est difficile de ne pas être d'accord avec les réserves de Charles concernant la loi et il doit servir de garde-fou dans une situation grave (et une importante atteinte à la liberté d'expression en est une), mais doit-il s'obstiner quand ses décisions amènent de l'instabilité dans le pays alors qu'il est justement aussi censé être le garant de cette stabilité? N'est-ce pas au peuple, plutôt qu'à lui, de protester contre une loi injuste et de voter pour d'autres personnes aux élections suivantes si les politiciens en place prennent des mesures qui ne lui plaise pas? La fin est amère mais ne tranche pas vraiment sur ces questions bien que Charles et Camilla fassent meilleure figure que la génération suivante (dont la motivation, se préserver, est aussi compréhensible à défaut d'être noble).

King Charles III a ses imperfections, et il ne faut pas y chercher une vision réaliste, même romancée, de la famille royale à l'instar de The Crown mais l'entreprise a le mérite d'être originale, bien servie par ses interprètes, et pas trop simpliste.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 13 Août 2017, 22:48bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".