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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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War and Peace, BBC 2016
Alors que la Russie entre en guerre aux côtés de l'Autriche contre Napoléon, Pierre Bezoukhov hérite de la fortune et du titre de son père, devenant un bon parti aux yeux du prince Kouraguine. Le prince André Bolkonski, de son côté, fuit un mariage malheureux et une société qu'il méprise en s'engageant dans l'armée.

Guerre et Paix est un monument de la littérature, qui a déjà eu les honneurs de plusieurs adaptations, dans son pays d'origine, à Hollywood, sur grand et petit écran. Néanmoins, s'attaquer à cette grande fresque est toujours une gageure. La BBC a déjà su relever brillamment le défi de l'adaptation de livres réputés inadaptables et ici a confié le projet à Andrew Davies, le "monsieur adaptation de classiques" à qui la chaîne doit notamment la version de 1995 d'Orgueil et Préjugés qui a inscrit dans la légende télévisuelle Colin Firth et sa chemise mouillée. Les gros moyens ont été sortis avec Harvey Weinstein à la production, un tournage en Russie, et une distribution comme d'habitude haut-de-gamme. Pourtant, malgré des qualités apparentes, le résultat manque de la petite étincelle qui permettrait de s'enthousiasmer.

Certains choix sont assez contestables. Les costumes sont luxueux, mais difficile de ne pas tiquer devant certaines tenues féminines, en particulier celle d'Anna Pavlovna (Gillian Anderson) dans la scène d'ouverture, qui évoque d'avantage une cérémonie des Oscars que la Russie impériale. Au niveau du scénario, Davies arrive à rendre l'essentiel de l'intrigue sans que cela tourne à la suite de scénettes ou soit trop obscur pour un spectateur ne connaissant pas l’œuvre d'origine. On sabre naturellement les réflexions de Tolstoï sur l'Histoire, tout en gardant les interrogations de Pierre. La caractérisation d'Anatole et dans une moindre mesure Dolokhov fait cependant un peu lever le sourcil. La presse britannique a relevé à loisir la relation entre Anatole et sa sœur Hélène. Cela ne sort pas exactement de nulle part, le livre évoque des rumeurs et les soupçons de Pierre. Davies rend simplement cela plus évident et moins ambigu. Est-ce que Tolstoï voulait montrer cela mais ne le pouvait à son époque? Ou est-ce que Davies manque cruellement de subtilité en choisissant d'être plus clair alors que l'auteur avait décidé de ne rient établir de précis? Mystère. On sait que le scénariste aime un peu "épicer" les classiques bien que cela paraisse tout de même bien sage au final.

Non, le gros problème a mes yeux est le même que j'avais avec la façon dont il avait dépeint Willoughby dans son adaptation de Raison et Sentiments, toujours pour la BBC: le personnage affichait un air faux dès le départ, n'était jamais mis en valeur tandis que le colonel Brandon était davantage glorifié, ce qui faisait qu'on se demandait comment même Marianne pouvait s'y laisser prendre. On retrouve cette impression ici. Dans le livre, on ne nous cache pas qu'Anatole et Dolokhov sont des débauchés et de mauvais sujets, que le premier ne pense qu'à son plaisir sans se soucier des conséquences pour les autres ou lui-même, tandis que le second est très cruel (mais aime sa maman). Néanmoins, on a aussi l'impression que ce sont des gens qui peuvent être amusants à petites doses même si ce n'est pas une bonne idée de les fréquenter, et qu'ils dégagent un certain charme. J'aime beaucoup Tom Burke et Callum Turner, mais le Dolokhov du premier a un peu trop l'air d'un soudard même s'il a l'occasion de montrer un côté plus sensible, et le second affiche un air de prédateur pervers qui rend difficile de croire qu'il peut vraiment séduire, même une oie blanche.

Dernier défaut, Napoléon et l'usage du français. L'Empereur est incarné par Matthieu Kassovitz. Je crois me souvenir qu'un autre acteur devait le jouer au départ, moins connu et cela m'aurait peut-être mieux convenu car je n'ai jamais vu autre chose que Kasso déguisé en Napoléon. Ensuite, il est normal que les Russes parlent en anglais, puisque c'est une production en langue anglaise avec des acteurs anglophones, tout comme il n'est pas choquant que dans une version russe de Sherlock Holmes les personnages parlent russe. Mais à partir du moment où on lance des phrases en français, je ne vois pas pourquoi les passages entre français ont été tournés en anglais, avec quelques phrases dans la langue de Molière de-ci, de-là. D'autant plus qu'ils n'ont pas énormément de dialogues, les spectateurs n'auraient pas eu à lire une plâtrée de sous-titres.

Voilà pour les défauts, qui en regard des éléments réussis, sont relativement mineurs. Paul Dano est un excellent Pierre Bezoukhov, et Lily James a su me convaincre en Natacha, rôle pas évident puisqu'on la voit passé de jeune adolescente à l'âge adulte sans que sa fraîcheur ait l'air artificielle. J'ai été moins convaincu par James Norton en André, mais le personnage ne m'a jamais fait vibrer à la base. Les seconds rôles sont tous très solides. De plus, les scènes de bataille sont particulièrement réussies. Comme pour Jonathan Strange & Mr Norrell récemment on a droit à peu de plans d'ensemble mais suffisamment pour se situer et croire à une grande bataille avant de se concentrer sur de petits groupes de personnages, avec un résultat particulièrement brutal et intense, et Borodino est un des grands moments de la mini-série.

Néanmoins comme je l'ai dit plus haut, il manque quelque chose. Ce ne sont pas vraiment les défauts relevés qui plombent l'ensemble, c'est un sentiment plus général et diffus qu'on retrouve tout le long, même dans des séquences bien jouées, filmées et fidèles au texte. D'où l'impression d'un spectacle un peu trop lisse malgré certains choix "choquants" d'Andrew Davies, qui manque un peu d'âme, finalement.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 13 Février 2016, 11:59bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".