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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Victoria: The Queen
--> An Intimate Biography of the Woman Who Ruled an Empire
Fille unique du quatrième fils de George III, Alexandrina Victoria semblait assez loin dans l'ordre de successions mais suite aux morts de son père, puis de ses oncles qui ne laissaient aucun héritier légitime, là voici à dix-huit ans sur le trône qu'elle occupera plus de six décennies.

La reine Victoria est probablement l'une des personnalités historiques les plus connues au monde et les plus représentées. On l'a forcément croisée dans une fiction dans tous les genres possibles, du biopic à la fantasy en passant par diverses parodies et on en a tous des images précises, et donc forcément quelques idées reçues, qu'on la visualise en jeune reine éprise d'Albert son prince consort ou en éternelle veuve endeuillée.

Je dois dire que malgré la littérature victorienne ou se déroulant à cette époque, les films ou séries lui étant consacré que j'ai pu voir, le personnage lui-même ne m'avait pas plus attirée que cela, mais récemment j'ai ressenti l'envie de combler un peu cette lacune. Les biographies la concernant ne manquent pas et il est donc difficile de décider par quoi commencer. J'ai choisi l'ouvrage de Julia Baird, très récent, épais et qui avait l'air d'avoir reçu un accueil plutôt favorable.

On retrouve au cours du livre toutes les grandes étapes de la vie de Victoria: son enfance alors que sa mère était sous la coupe de l'ambitieux John Conroy, ses débuts comme reine sous la houlette de Lord Melbourne (avec qui Baird n'est pas très tendre), son mariage avec Albert qui gagnera en influence, ses enfants, son veuvage, l'agrandissement de son Empire, ses rapports avec ses ministres.

On démonte alors certains clichés qu'on peut avoir. J'avais toujours eu l'idée que Victoria avait été une mère catastrophique et une bonne grand-mère, comme beaucoup de membres de cette dynastie par ailleurs. On lui reprochait son manque d'instinct maternel, mais les grossesses à répétition et les dépressions qui s'ensuivaient, mieux reconnues de nos jours qu'à l'époque, rendent ceci bien compréhensible et par ailleurs elle paraissait, tout en exerçant une sacrée autorité, aimante et proche de ses enfants. On a sans doute surtout retenu ses rapports difficiles avec l'héritier du trône, Albert-Edward, une déception pour ses parents du fait de son manque de qualités intellectuelles et en grandissant de ses mœurs dissolues, mais leurs rapports semblaient moins simples qu'une franche hostilité (comme entre George III et son fils aîné) et "Bertie" avait aussi ses raisons de se sentir frustré (on a quand même l'impression que la vie aurait été plus simple si ses parents avaient pu reconnaître les qualités qu'il avaient plutôt que regretter l'absence de celles qu'il n'avait pas).

On voit aussi comment un mythe s'est créé autour d'elle, qu'elle a entretenu de son vivant après la mort d'Albert, puis que ses descendants ont contribué à pérenniser, en particulier Edward VII et la Princesses Béatrice, en détruisant une partie de sa correspondance jugée compromettante, ou par des éditeurs de ses journaux qui caviardaient le texte dès que certains passages ne leur paraissaient pas assez "féminins".

On découvre au fil des pages une forte personnalité, pleine de contradictions (voulant améliorer le sort des pauvres mais tellement inquiète face à d'éventuelles émeutes qu'elle pouvait perdre immédiatement toute compassion - notamment durant la terrible famine en Irlande - parfois beaucoup plus éclairées par rapport aux préjugés racistes et antisémites de son temps mais ne regardant pas de trop prêt au coût humain conséquent à l'agrandissement de son Empire - les chiffres avancés dans le dernier chapitre sont effrayants...), qui a cédé pas mal de terrain à son mari (bien misogyne le brave Albert, soit dit en passant) durant son mariage mais qui était parfaitement capable de tenir tête à ses ministres (son côté partisan était d'ailleurs très limite pour un monarque censé rester neutre) et qui, durant son veuvage, malgré une image de recluse confite dans son chagrin, ne chômait pas.

On explore également ses rapports avec John Brown, ses différents ministres (Disraeli et Gladstone notamment) et sa place de grand-mère de l'Europe, en lien avec toutes les familles couronnées du continent au travers des mariages de ses enfants, dont certains auront un impact considérable au XXe siècle (le portrait de Guillaume II fait un peu froid dans le dos - mais toujours moins que celui de Léopold II).

Le principal point qui m'a déplu dans cette biographie est la tendance de l'auteure de se mettre de temps en temps dans la tête des personnages, ce qui tient plus du roman. Cette impression est renforcée par le manque de notes indiquant les sources lors de certaines spéculations, mais à ce niveau c'est peut-être un défaut de la version électronique car arrivée à la fin j'ai vu qu'en fait ce n'était pas les notes indiquant les sources qui manquaient... elles n'étaient juste étrangement pas signalées dans le texte.

Le livre se lit néanmoins avec facilité malgré une galerie de personnages et de liens familiaux pas toujours évident. Ce n'est sans doute pas la biographie ultime et définitive sur Victoria, mais c'est sans doute une bonne approche de la célèbre reine.
potion préparée par Zakath Nath, le Mercredi 8 Mars 2017, 10:27bouillonnant dans le chaudron "Littérature".