Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
Versailles, saison 3
Philippe d'Orléans revient vainqueur de sa campagne contre Léopold d'Autriche et les ambitions de Louis en ressortent renforcées. Il a désormais des vues sur l'Espagne. Mme de Montespan, en disgrâce, tente d'éloigner Mme de Maintenon dont l'influence sur le roi grandit chaque jour.

Difficile de croire que cette dernière saison était censée être la dernière, tant il est difficile de sentir le passage du temps avec ses acteurs qui auront gardé la même apparence que dans le premier épisode. Ce qui conduit à des situations cocasses, par exemple lorsque Philippe est incapable de reconnaître Marie-Louise: la séquence doit traduire l'éloignement entre le père et sa fille, mais le fait qu'ils aient l'air d'avoir quasiment le même âge donne l'impression que le brave Duc d'Orléans, à l'instar du spectateur, a du mal à trouver ce lien de parenté crédible. On retrouve le même problème que dans The Tudors où les rôles principaux devaient forcément être incarnés par des interprètes jeunes et à la plastique impeccable, et encore, dans ses derniers épisodes The Tudors se rappelait brutalement qu'il était peut-être bon de rendre Henry VIII un peu décati, à défaut d'être obèse.

Mais bon, après deux saisons, on se sera fait une raison, comme pour tout ce qui concerne la rigueur historique. Versailles permet d'ailleurs de reposer la grande question pour les fictions de ce genre: puisqu'on ne prétend pas écrire un documentaire et que pour les besoins de la narration, il faut, tôt ou tard, remanier les événements en connaissance de cause pour rendre le tout plus digeste ou apporter un point de vue, à quel moment peut-on dire que l'on va trop loin? Chacun jugera en fonction de son degré de tolérance, ou sur la façon dont le programme est vendu, mais l'aspect fantaisiste de la série est frustrant quand on regarde les choix opérés par les scénaristes.

"- M'enfin les garçons, vous n'étiez pas dans une bonne série récemment, qu'est-ce qui s'est passé?

- Oui ben on se gelait et la bouffe avait un goût bizarre."

Cette saison s'attaque à la révocation de l'Édit de Nantes, à la relation entre Louis XIV et Maintenon, à la Guerre de Succession d'Espagne qui se profile, au peuple accablé d'impôts, bref, il y a de la matière mais voilà qu'un des principaux fil rouge se révèle être... l'Homme au Masque de Fer. Alors certes, on en fait ici une nouvelle lecture, et cela donne à Philippe quelque chose à faire en dehors de sa vie sentimentale compliquée ou de sa rivalité avec Louis, mais cette sous-intrigue donne une bonne idée du degré de sérieux de la série, qui finalement préfère s'égarer dans des théories à la Da Vinci Code que de plonger dans des questions politiques plus complexes mais souvent platement expliquées.

La série a néanmoins pour elle de ne jamais chercher à rendre son personnage principal plus sympathique qu'il ne devrait être ou de lui prêter des valeurs trop contemporaines dans l'espoir que le spectateur s'identifie à lui (il est tout de même dommage que George Blagden reste assez fade, ce qui passait en saison 1 quand il était encore un jeune roi coince ici). Les scénaristes se montrent plus sympathiques à l'égard de Philippe et de son entourage, offrant même au Chevalier de Lorraine l'occasion de se racheter une conduite.

Si l'on prend en compte que le cœur de la série est la relation entre les deux frères plus que toute autre chose, on peut aussi lui accorder le fait que ce thème-là est traité jusqu'à atteindre une conclusion qui se tient. Parfois amusante (y compris volontairement), Versailles manque cependant trop de sérieux dans sa reconstitution et de finesse dans son écriture pour être une série historique recommandable, malgré quelques bons moments. Elle aura au moins eu pour elle de mettre en avant Alexander Vlahos, qui mérite qu'on lui propose enfin de figurer dans une œuvre à la hauteur de ses capacités.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 3 Mai 2018, 11:25bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".