Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Troy: Fall of a City
Paris, fils de Priam, roi de Troie, est envoyé comme émissaire à Sparte, où il ne tarde pas à tomber amoureux d'Hélène, femme du roi Ménélas. Lorsqu'il la ramène dans ses bagages à l'issue de sa visite, démarre une guerre légendaire entre Grecs et Troyens.

La Guerre de Troie fait partie de ces histoires mythiques dont on connait tous plus ou moins les grandes lignes, les épisodes-phares et les principaux héros sans avoir forcément lu L'Illiade. On a eu droit à diverses réécritures et interprétations au fil des siècles, que ce soit par le biais du théâtre, de la littérature, du cinéma ou de la télévision. Et c'est justement à la télévision que la dernière itération en date a fait son apparition, sur la BBC, plus précisément. Hélas, elle ne risque pas de rester dans les mémoires.

À la question de savoir comment aborder le récit: en rationalisant le plus possible ou en embrassant pleinement son aspect mythologique, son créateur David Farr a choisi la seconde option, ce qui est tout à son honneur. Néanmoins, même ce point-là ne semble pas totalement assumé: ainsi, les Dieux apparaissent comme des humains ordinaires même quand ils sont entre eux et leurs pouvoirs sont rarement mis en valeur, on a l'impression qu'on hésite dans la représentation de l'invulnérabilité d'Achille (réalité ou légende née de ses exploits guerriers?), ou dans le traitement du fameux Cheval (le principe de base est celui du mythe mais pas totalement au pied de la lettre non plus).

La série souffre également d'un gros problème de rythme: les péripéties importantes s'enchaînent de façon rapide, parfois trop (malgré le travail honorable des acteurs, il est ainsi difficile d'être touché quand Agamemnon sacrifie sa fille puisqu'on a fait leur connaissance dix minutes avant) et entre les deux, on sent le temps passer, la faute à des dialogues plats qui ne laissent guère à leurs interprètes l'occasion de briller.

Certains arrivent malgré tout à surnager, comme Aimé-Ffion Edwards en Cassandre, Tom Weston-Jones en Hector et Chloe Pirrie en Andromaque ou Joseph Mawle en Ulysse mais à l'inverse Bella Dayne en Hélène est bien trop fade pour justifier les événements qu'elle entraîne malgré les efforts des scénaristes pour ne pas la cantonner à un rôle de potiche.

Tout cela est donc, il faut le dire, terriblement barbant, mais de temps en temps, une scène émerge: il y a de l'idée quand on voit Athéna, Héra et Aphrodite avancer au milieu des rangs des guerriers qu'elles soutiennent au début de la première bataille, et avec plus d'ampleur dans la mise en scène cela aurait pu donner quelque chose de véritablement épique. On peut saluer que Patrocle et Achille ne soient pas représentés comme de bons amis en toute hétérosexualité. On se réveille sur la fin quand on arrive aux grands moments du mythe avec les morts de Patrocle, Hector et Achille et la destruction de Troie, mais c'est tout de même trop peu et trop tard.

Adapter L'Iliade n'est pas aisé et cette série se casse malheureusement les dents faute de moyens, de parti-pris solide et de soin dans les dialogues. Pas de quoi se relever la nuit ou espérer qu'on enchaîne sur L'Odyssée.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 8 Avril 2018, 13:53bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".