Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Halcyon, saison 1 épisode 1
Londres, 1940. Le Royaume-Uni est entré en guerre quelques mois plus tôt mais la capitale n'est pas encore la cible des bombes. L'Halcyon, hôtel cossu, voit défiler des invités de luxe tandis que son propriétaire, Lord Hamilton, pense encore que des négociations avec Hitler sont possibles, et s'emmêle dans un imbroglio politique et sentimental que Richard Garland, le très efficace manager de l'hôtel, va devoir gérer. Pendant ce temps, la fille de ce dernier, réceptionniste, n'est pas indifférente au charme de Freddy, le fils aîné de lord Hamilton.

Quand une œuvre rencontre un véritable engouement dès ses débuts comme ce fut le cas pour Downton Abbey, la tentation est grande de vouloir renouveler l'exploit en réunissant tous les ingrédients qui ont conquis le public, avec quelques changements ici et là pour donner un semblant de nouveauté. L'inconvénient, c'est que si l'on peut repérer quels éléments ont séduit, la recette du succès ne dépend pas que de la réutilisation mécanique de ceux-ci. Qu'est-ce qui a fait que Downton Abbey a été plébiscitée et pourquoi les period drama suivants de la chaîne ITV ont-ils beaucoup plus de mal à trouver un public vraiment enthousiaste, sans pour autant être systématiquement des flops? Il faut évidemment chercher du côté des qualités et des défauts des œuvres elles-même, pour commencer. Downton Abbey était loin d'être parfaite, dès sa première saison, mais sa séquence d'introduction était un petit bijou de mise en place qui lui a permis de franchir l'écueil de l'exposition balourde sur lesquelles bien d'autres s'échouent et demandent donc plus de patience aux spectateurs. Réussite qui a peut-être permis par la suite d'occulter un petit moment une écriture pas toujours adroite. C'est aussi une question de timing, être au bon moment au bon endroit, remplissant un véritablement manque sans être présentée d'entrée de jeu comme l'héritière d'une série à peine terminée (Downton Abbey pouvait être vu comme héritière de Upstairs Downstairs mais plus de trente ans s'étaient écoulés entre les deux).

Tout cela pour en venir où? À The Halcyon donc, nouveau period drama de la chaîne ITV, qui aura bien du mal à se défaire de l'aura de son encombrant prédécesseur. Pensez: ITV, l'Angleterre de la première moitié du XXe siècle, une résidence de luxe qui permet de mêler la haute société à des classes moins privilégiées au travers des employés en service. Pourtant, à l'issue du premier épisode, s'il est trop tôt pour tirer des conclusions, The Halcyon se tire plutôt bien de l'exercice.

Alors que la séquence d'introduction se déroule en plein Blitz, l'essentiel de l'épisode est situé quelques mois plus tôt, et malgré la guerre déjà déclarée, les combats se font encore attendre. Cela permet d'ouvrir une fenêtre un peu politique, avec un lord Hamilton toujours convaincu que l'apaisement est possible, plus pour des raisons financières qu'idéologiques, tandis que sa jeune maîtresse miss Lambert est ouvertement pro-nazi. On découvre peu à peu tout ce beau monde inextricablement lié les uns aux autres: lady Hamilton découvrant les infidélités de son mari, et surtout qu'elle était la dernière au courant, les deux fils de famille, Freddy le beau pilote et Toby le mal-aimé, et le personnel gravitant autour: Richard Garland, le gérant hyper-compétent mais trouble, sa fille, le groupe de jazz de la maison comportant Betsey, la chanteuse délurée et le leader du groupe Sonny Sullivan, secrètement amoureux d'elle, et divers employés pour l'instant peu développés au-delà de leur simple fonction.

Cela fait du monde, et on sent bien qu'on n'a fait qu'effleurer la surface et que la difficulté majeure sera de ne pas trop en négliger, et d'arriver à en trouver certains suffisamment sympathiques ou intéressants pour suivre leurs mésaventures. En dépit d'un générique assez décevant même si on comprend l'intention sur le papier, The Halcyon est plutôt jolie à regarder (ce qui est bien le moins) et bénéficie d'un joli casting. Ce sont néanmoins les membres les plus âgés de la distribution qui retiennent l'attention, telle Olivia Williams en épouse bafouée mais qui semble avoir assez de caractère pour mordre à son tour, Alex Jennings dans celui de son mari (il est d'ailleurs assez amusant de le voir dans un rôle avec de telles opinions politiques et une telle maîtresse peu de temps après son excellente prestation en duc de Windsor dans The Crown) et Steven Mackintosh en Garland, qui bénéficie du rôle le plus intrigant: affable en apparence mais cachant quelques squelettes dans ses placards et peu regardant sur l'éthique quand il faut protéger ses intérêts ou ceux de l'hôtel.

Les dernières minutes rebattent en tout cas les cartes de façon inattendue (et un peu décevante si comme moi l'on souhaitait voir davantage ce personnage) et permettent opportunément de vouloir au moins regarder comment les événements vont s'agencer par rapport à ce rebondissement.

Ce premier épisode pose en tout cas une bonne ambiance de calme avant la tempête et le contexte historique a de quoi contrarier le destin des nombreux personnages. Les sept épisodes suivants parviendront-ils à en exploiter le potentiel et surtout, le public ne se lassera-t-il pas de ce type de séries? À suivre dans les deux prochains mois.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 3 Janvier 2017, 15:52bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".