Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Glass Key (1935)
--> It's Noirvember!
Ami, conseiller et homme de main de Paul Madvig, Ed Beaumont aura fort à faire pour innocenter ce dernier quand on l'accuse du meurtre de Taylor Henry, fils d'un sénateur dont Madvig soutient la campagne et courtise la fille. Un rival de Madvig saute sur l'occasion pour le faire condamner et le suspect lui-même ne fait pas d'effort pour arranger son cas.

Nous revoici en novembre, et novembre, c'est le retour du Noirvember Challenge! Pour cette année, je me suis fixé le même objectif que l'année précédente: visionner dix films noirs (ou néo-noirs) que je n'avais encore jamais vus. Je commence donc cette année avec The Glass Key, la première adaptation du roman de Dashiell Hammett, réalisée par Frank Tuttle en 1935 (on date les débuts du film noir un peu plus tardivement mais si la version de 1942 en est un, je ne vois pas pourquoi celle-ci n'entrerait pas aussi dans la catégorie. Mettons que c'est un proto-noir). Courant sur à peine 1h15, le film simplifie forcément l'intrigue de l’œuvre d'origine qui est loin d'être un pavé mais qui ne laisse pas au lecteur le temps de souffler entre les différentes péripéties et qui multiplie les personnages et les pistes. On y a conservé cependant l'essentiel: Ed Beaumont (pourquoi pas Ned comme dans le livre? Mystère) "fixer" du politicien Paul Madvig doit tirer celui-ci d'un mauvais pas alors qu'on l'accuse de meurtre.

On retrouve cette classe de personnages aux fonctions un peu floues, impliqués en politique et gérant la ville sans être candidats à rien mais en soutenant la campagne électorale d'autres personnes, un peu gangsters aussi mais pas au point d'être vraiment inquiétés par la loi et capables de tenir le rôle de protagonistes; le gros de l'intrigue à quelques aménagements près; et si Ed apparait moins loser que Ned (le film s'ouvre sur le héros gagnant des paris à un jeu amusant impliquant un ventilateur là où son équivalent de papier espérait mettre fin à une période de déveine pour ne pas être payé lorsque la chance tourne en sa faveur), il a tout de même droit à sa grande scène de passage à tabac, étonnamment violente et réaliste pour l'époque. On édulcore par ailleurs certains éléments, en ajoutant un faire-valoir comique (trop peu présent pour être gênant mais incongru), en supprimant les accointances avec la police locale ou en offrant une fin bien gentillette par rapport à celle du bouquin ou ce qui a précédé (les rapports entre Beaumont et Madvig n'ont pas été beaucoup mis à mal, dirait-on). La relation entre Beaumont et Janet Henry est réduite à sa plus simple expression, on a préféré reporter le semblant de romance sur le personnage d'Opal, ce qui n'est pas particulièrement heureux.

Dans le rôle de Beaumont, George Raft, un acteur dont on se souvient davantage pour ses choix de carrière peu judicieux et ses fréquentations douteuses, est moins maladif que le personnage du roman mais semble tout à fait à son aise et campe un personnage fascinant, garde du corps, homme de main, conseiller et presque valet de Madvig qui va s'improviser détective et dont on ne sait pas toujours dans quel camp il est. Raft n'était pas connu pour son registre étendu mais il démontre ici qu'il pouvait parfaitement tenir les premiers rôles pour peu qu'ils soient adaptés à sa personnalité ou qu'il y ait quelqu'un derrière la caméra capable de le diriger. Claire Dodd, bien qu'elle partage l'affiche avec lui, n'est pas aidée par le scénario qui a gommé quasiment toute interaction avec Beaumont et Rosalind Keith n'est pas mémorable mais on retiendra le personnage amusant de la mère de Madvig joué par Emma Dunn ainsi que Ray Milland et Ann Sheridan qui font de petites apparitions avant que leur carrière ne décolle pour de bon.

En dépit de séquences marquantes comme l'accident qui ouvre le film, a priori sans lien avec le reste de l'histoire et qui aura pourtant des répercussions inattendues, et la scène de torture de Beaumont évoquée plus haut, The Glass Key souffre d'une réalisation pour le moins statique et terne, tout comme la photographie qui n'offre pas vraiment de beaux plans. Bien que le scénario ait simplifié l'intrigue du roman et qu'en peu de temps, il parvienne tout de même à bâtir un récit clair, cohérent et pas trop évident, il lui faut bien vingt minutes pour poser tous les partis en présence. On ne s'ennuie pas pour autant même si l'on tombe dans quelques facilités pour conclure rapidement (les personnages sont tous réunis pour que Beaumont puisse faire part de ses déductions et démasque publiquement le coupable, ce qui évoque plus Agatha Christie que Dashiell Hammett).

Cette première adaptation, malgré une bonne prestation de George Raft et une histoire qui, même schématisée et ripolinée, reste intéressante par le milieu qu'elle laisse entrevoir, est donc un peu trop plate et l'on comprend que malgré son succès, la Paramount y ait vu matière à un remake quelques années plus tard. Elle demeure néanmoins une curiosité pas désagréable qui mérite d'être découverte et d'être plus facile à se procurer.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 2 Novembre 2021, 10:47bouillonnant dans le chaudron "Films".