Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Potion précédente-Potion suivante
The Crown, saison 3 épisode 3: Aberfan
La petite commune galloise d'Aberfan est victime d'un désastre qui fait plus d'une centaine de morts. Alors que le gouvernement de Wilson affronte les critiques, Elizabeth II estime qu'un sobre message de condoléances est suffisant de sa part.

On a souvent vu la famille royale en Écosse, Elizabeth faisait un saut en Irlande du Nord en saison 1 et il en sera forcément question la saison prochaine avec la sortie de Mountbatten et l'arrivée de Margaret Thatcher mais jusqu'ici il avait été fort peu question du Pays de Galles. Malheureusement, les circonstances dans lesquelles cette nation fait son entrée dans la série n'ont rien de réjouissantes.

L'épisode s'ouvre en Octobre 1966 à Aberfan, petite ville en contrebas d'une mine et de ses terrils, par un temps pluvieux, alors que la journée touche à sa fin.

On fait la connaissance d'une classe de bambins tous mignons qui ont hâte de rentrer chez eux mais avant de partir, leur instit leur rappelle que demain, ils doivent chanter devant toute l'école All Things Bright and Beautiful. Il leur distribue donc les paroles en les enjoignant de répéter le soir même histoire d'être bien prêt pour la grande occasion.

S'ensuit un panorama des différents élèves rentrant chez eux et se mettant au travail tandis que leurs parents reviennent pour la plupart de la mine. On sent que tous ces gens ne roulent pas sur l'or mais jusqu'ici, tout va bien.

Le lendemain, les employés de la mine constatent que le sol est bizarre et le terrain commence à s'affaisser sous leur pied.

À peine ont-ils eu le temps de descendre prévenir le responsable local du Bureau du Charbon que le terril est en proie à un glissement de terrain.

Et sur la trajectoire il y a l'école primaire, alors que la classe vient à peine de commencer. L'instituteur a tout juste le temps de comprendre ce qui se passe avant de hurler aux élèves de se réfugier sous les tables.

Hélas, les murs sont purement et simplement pulvérisés et un simple bureau d'écolier ne sera pas d'un grand secours.

En Angleterre, Harold Wilson est lancé dans un passionnant et pas du tout laborieux discours d'inauguration d'un hyper-marché quand son assistance lui fait savoir qu'il s'est passé quelque chose de grave et qu'il va falloir abréger. Dont acte.

À Aberfan, les mineurs, souvent parents des victimes, s'efforcent de dégager ce qui peut l'être mais on se doute que l'espoir de trouver des survivants est bien mince.

À Buckingham Palace, Elizabeth est en entretien avec Adeane quand Charteris vient l'alerter de la catastrophe, lui disant que Harold Wilson a demandé s'il pouvait emprunter son avion privé pour se rendre à Aberfan, ce à quoi la reine donne immédiatement son accord. Charteris a également rédigé un message de condoléances qui lui sied mais lorsqu'il suggère qu'elle pourrait elle-aussi aller à Aberfan, elle n'en croit pas ses oreilles. Les souverains visitent les hôpitaux, voyons, pas les sites d'accidents (elle a l'air d'oublier que pendant le Blitz ses parents allaient visiter des quartiers bombardés, pas seulement des hôpitaux, on pourra objecter qu'il ne s'agissait pas alors d'accidents et que c'était la guerre donc des circonstances inhabituelles, certes...). Le sujet est clos.

En route pour Aberfan, Wilson, lui, se projette déjà dans l'avenir: le terril qui s'est écroulé faisait 30 mètres de haut alors que la limite est de 6 mètres. Il y a des gens au Bureau du Charbon qui auront des comptes à rendre et par ricochet le sujet deviendra vite politique. Pour ne pas arranger les choses, le responsable local du Bureau du Charbon sera là mais il n'est que du menu-fretin. Lord Robens, qui en est le grand chef, ne se déplacera pas tout de suite car il doit se faire investir comme Chancelier de l'Université du Surrey et ne voulait pas reporter la cérémonie. Beau sens des priorités.

Et comme prévu, face aux journalistes et aux habitants éplorés, Wilson a du mal à trouver les mots. Il va y avoir une enquête garantit-il mais la foule n'est pas apaisée: le terril était beaucoup trop haut, on peut blâmer la pluie mais le désastre leur pendait au nez et rien n'a été fait avant qu'il ne soit trop tard. Comme souvent.

À Londres, Tony a entendu la nouvelle à la radio et se précipite à son tour à Aberfan, croisant en route Margaret de retour de soirée, et ici leurs rapports sont loin d'être acrimonieux, pas de place pour leurs disputes dans un contexte pareil.

Lors de sa visite hebdomadaire chez Lilibet, Wilson propose lui aussi qu'elle aille à Aberfan pour se heurter encore à un mur d'incompréhension. Une visite royale ne ferait que perturber et causer une cohue alors que ce n'est pas le moment et ce n'est pas le rôle d'une reine de se donner en spectacle. Pas se donner en spectacle tente d'expliquer le Premier Ministre, il s'agit de réconforter les gens. Sauf qu'Elizabeth ne se voit pas du tout dans ce rôle-là, et ne comprend toujours pas comment on peut lui demander de sortir du sien.

Au petit-déjeuner suivant, Margaret débarque en pleine gueule de bois (dans son état naturel, quoi) mais on n'est pas là pour rire de ses excès. Tony l'a appelé en pleine nuit du Pays de Galles, visiblement affecté par ce qu'il a vu, les corps des enfants exhumés des gravats, et Margaret est également ébranlée par le récit de son mari. Et pour que Margaret soit ébranlée par quelque chose qui ne concerne absolument pas sa petite personne, c'est bien que la situation est grave.

Tellement grave que naturellement, personne ne veut en prendre la responsabilité, à commencer par le Bureau du Charbon qui tente vainement de convaincre les familles endeuillées que la pluie est seule responsable du glissement de terrain. Comme on ne peut pas demander des comptes au temps qu'il fait, autant dire que personne n'est responsable de rien, ce qui n'est pas vraiment un discours à même d'apaiser les tensions.

Wilson, qui suit tout cela à la télévision, est bien placé pour le savoir et se fait secouer les puces par sa conseillère qui le trouve bien résigné. Les Travaillistes ont attendus treize ans dans l'opposition et à peine au pouvoir, cette histoire risque de tout gâcher car les Conservateurs ne résisteront pas à s'en servir contre eux alors que les causes de la catastrophes remontent à leurs propres gouvernements. Il va falloir détourner l'attention avant qu'ils ne s'engouffrent dans la brèche et il y a un angle d'attaque tout trouvé.

La Couronne a décidé de marquer le coup, un peu: pas de déplacement de la Reine mais le Duc d'Edimbourg a accepté d'annuler une partie de chasse pour assister aux funérailles. Monsieur est trop bon.

Mais comme Margaret avant lui, il est sincèrement bouleversé par ce qu'il a vu à Aberfan. Il avoue même avoir eu la larme à l’œil, comme n'importe qui l'aurait été devant les tombes de plus de quatre-vingt enfants et en entendant l'hymne choisi pour la cérémonie. Si l'un des personnages les plus égocentriques et l'un des moins sentimentaux de ton entourage se montrent à ce point tourneboulés, il serait peut-être temps de te poser des questions, Elizabeth.

Le temps est peut-être déjà passé. Adeane et Charteris lui annoncent que le gouvernement lui-même commence à ronchonner contre elle: toute cette crise résulte du mépris des élites pour les simples citoyens et qui a démontré le plus de mépris si ce n'est la plus grande élite du pays, la Reine, qui s'est simplement fendue d'un message de condoléances avant de passer à autre chose?

Elizabeth II se résouts enfin à sortir de sa zone de confort et à aller en personne à Aberfan tenter de réparer les pots cassés. Non sans un avertissement de Charteris: on n'est pas en Angleterre mais au Pays de Galles: garder la lèvre supérieure rigide ne sera pas vu comme le summum de la dignité, elle devra être un poil démonstrative. Ce qui n'est pas vraiment son fort, on le sait.

S'ensuit une visite des lieux et de quelques familles qui ont perdu des proches, le tout évidemment dans le plus pieux recueillement, jusqu'à ce qu'Elizabeth sorte de la maison d'habitants endeuillés en se tamponnant l’œil de son mouchoir, ce qui déchaîne les photographes et tout à coup, la foule émue se montre plus chaleureuse et la distance entre le peuple et sa souveraine semble s'amenuiser.

Une distance qui s'est en revanche creusée, c'est celle entre Elizabeth et son Premier Ministre. Si Churchill avait eu un reproche à lui faire sur sa conduite, il le lui aurait dit en face, lui dit-elle sèchement. Eden aussi, puisqu'elle y pense. Et même MacMillan qu'elle a pourtant traité de lâche dans leur dernière scène en saison 2. Wilson, lui, a agi derrière son dos en critiquant son attitude publiquement sans lui en avoir parlé directement avant.

Wilson a alors recours à la meilleure défense du monde: "Mais euh, c'était pas moi en fait! C'est un ou deux de mes conseillers qui étaient un peu sur les nerfs et qui ont pris cette initiative!". Le pire c'est que sans forcément convaincre la Reine, cela l'adoucit suffisamment pour qu'elle se confie.

Quand ses parents revenaient d'une visite de quartiers dévastés par des bombardements, ils pleuraient comme des veaux. Pas elle. Quand la reine Mary, sa grand-mère qu'elle adorait pourtant, est morte, pas une larme. Wilson tente de justifier cela en lui disant que non, non, elle n'est pas complètement sociopathe, durant le Blitz elle devait être trop jeune pour réaliser, la mort de la reine Mary était attendue et elle y était donc prête psychologiquement, Elizabeth doit se résoudre à admettre que quelque chose cloche chez elle, qu'elle a une carence. La preuve, ce jour-là, à Aberfan, elle a essuyé un œil sec et par chance tout le monde s'y est laissé prendre.

Puisque c'est lundi confession, Wilson vide son sac: il est diplômé d'Oxford et n'a jamais fait le moindre travail manuel, il préfère le brandy à la bière, le cigare à la pipe. Mais le cigare ça fait capitaliste et en tant que chef du Parti travailliste il doit faire proche du peuple, donc il fait semblant. Comme il le dit, on ne peut pas être tout pour tout le monde et encore être fidèle à soi-même. Leur boulot de leaders est de calmer plus de crises qu'ils n'en provoquent et l'absence d'émotion de la Reine est ce qu'il faut pour son job particulier, personne ne se sentirait mieux avec des démonstrations d'hystérie à la tête de l'État. En fait, de l'humanité est à peine nécessaire.

Sur ces belles paroles, les voici de nouveaux bons amis.

Une fois seule cependant, Elizabeth fait jouer sur son tourne-disque le fameux hymne chanté lors des funérailles et qui a même ému Philip.

Et enfin, elle arrive à lâcher une petite larme.

Après un épisode centré sur Margaret sympathique mais qui ne faisait pas vraiment progresser le propos, voici un contenu beaucoup plus riche, qui évoque un événement tragique de l'histoire du Pays de Galles, mais surtout préfigure une crise plus connue internationalement: si on a déjà vu The Queen dont Peter Morgan est aussi le scénariste, on reconnaîtra le même décalage entre une reine qui ne se livre à aucune manifestation de chagrin extérieur et se borne à respecter le protocole parce que c'est ce qu'elle pense que l'on attend d'elle et un peuple qui en réalité attend justement d'elle un geste montrant qu'elle n'est pas totalement indifférente.

Un petit mot sur la musique. Cette saison, hors le générique qui est toujours signé Hans Zimmer, elle est composée par Martin Phipps, un habitué des séries british qui contrairement à Rupert Gregson-Williams et Lorne Balfe, ne sort pas de l'école Zimmer et laisse de côté les grandes envolées épiques pour une partition plus mélancolique et funèbre, qui fait des merveilles ici:

Le Point corgis: l'humeur n'était pas aux corgis, clairement.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 3 Octobre 2020, 12:20bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".