Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
The Crown, saison 2 épisode 8: Dear Mrs. Kennedy
Alors que le Ghana envisage un rapprochement avec le bloc soviétique, une rencontre entre Elizabeth II et Jackie Kennedy pousse la reine à l'action.

Dear Mrs. Kennedy est l'occasion de parler un peu relations internationales et soft-power, ainsi que de la place de la Couronne là-dedans, au travers de deux intrigues qui évidemment auront un impact l'une sur l'autre.

Notre épisode commence au Ghana, pays qui a gagné son indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni en 1957, mais est encore membre du Commonwealth, comme en témoigne le portrait d'Elizabeth II qui trône dans le palais présidentiel. Pour le moment.

En effet, Kwame Nkrumah, un des artisans de l'Indépendance et désormais président de la République, s'adresse à une assemblée de chefs d'État africains, et il a quelques idées pour l'avenir de son pays et du continent en général. Nkrumah est incarné par Danny Sapani, qui a notamment joué Sembene dans Penny Dreadful et je reste encore déçue par son départ prématuré. Bon, il a aussi joué dans The Bastard Executioner mais on ne retiendra pas ça contre lui, ses factures ne se paient pas toutes seules.

Pendant qu'il discourt, on décroche le portrait d'Elizabeth, qui ne cadre pas avec les plans de Nkrumah.

En effet, plus question pour Nkrumah de rester la cinquième roue du carrosse face aux vieux pouvoirs impérialistes qui ont bien dû se résoudre à leur accorder l'indépendance mais qui continuent de les prendre de haut. Il est temps de forger de nouvelles alliances, avec des interlocuteurs disposés à les traiter en égal.

En gros, il prône un rapprochement avec l'Union soviétique, ce qui, en ces temps de Guerre Froide, va forcément faire des remous.

C'est donc sur une Elizabeth II mise au rebut que s'achève le pré-générique. Comprendre: elle commence déjà à devenir une antiquité frappée d'obsolescence, ou peu s'en faut si elle n'y remédie pas très vite.

En train de superviser l'abattage de vieux arbres sur sa propriété (symboliiiisme! ou j'en vois partout), Elizabeth II est encore ignorante de ce qui se passe au Ghana, mais a d'autres soucis car l'humidité éveille quelques rhumatismes.

Et son reflet surpris dans le rétroviseur lui lance une nouvelle alerte: elle se mémérise à vitesse grand V.

La suite ne va pas lui remonter le moral. On retrouve Elizabeth et sa mère en pleine dégustation d'un plateau-repas devant la télé. Elizabeth se plaint du grand âge qui la guette, mais la Queen Mum fait de son mieux pour la rassurer. Quand elle n'aura plus l'âge de faire des enfants on en reparlera, mais en attendant, concentrons-nous sur la télévision qui diffuse un reportage sur la visite des Kennedy en France.

Tout du moins elles essaient car la réception est mauvaise et ce ne sont pas les coups de la Queen Mum sur la télé (de location! lui rappelle sa fille) qui arrangent les choses (à ce stade, George V aurait pu rebaptiser les Saxe-Coubourg-Gotha Bidochon plutôt que Windsor, on y aurait vu que du feu).

Une attention particulière est portée sur Jackie Kennedy, qui a charmé tout le monde lors de son passage en France, notamment en s'entretenant dans la langue de Molière. La Queen Mum, toujours d'un grand secours, s'étonne de sa jeunesse, elle la croyait du même âge que sa fille... qui lui confirme sèchement que oui, c'est bien le cas.

Au Ghana, on a bien d'autres préoccupations que les rides et les rhumatismes d'Elizabeth II, puisque Nkrumah reçoit en grande pompe Brejnev en personne.

MacMillan en informe Elizabeth lors de leur réunion hebdomadaire: Nkrumah compte sur l'aide des Russes pour financer un de ses projets, alors que jusque-là il avait plutôt courtisé les Américains. Et puisqu'on parle des Américains, l'arrivée des Kennedy en Angleterre serait l'occasion de suggérer au président des USA de surenchérir sur les Soviétiques.

C'est l'occasion pour MacMillan de se lancer à son tour dans un éloge de Jackie Kennedy, qui allie beauté, culture et intelligence, et Elizabeth se sent clairement inférieure. Certes, elle parle aussi français, mais n'a pas de brillant cursus universitaire à faire valoir, quant à la jeunesse et la beauté, elle est en train de se dire que pour ce qu'elle en avait, c'est en train de fiche le camps.

Aussi compte-t-elle sur Norman Hartnell pour lui confectionner une robe qui lui permettra de ne pas être éclipsée par la First Lady quand elle passera à Buckingham. Si vous vous demandez où se trouve cette pièce art-déco dans laquelle sont filmées les diverses présentations des tenues de la reine, c'est à Eltham Palace, à une demi-heure en train de Londres environ. Ce n'est pas très bien indiqué après cela mais ça vaut le coup d’œil si vous voulez voir une baraque mélangeant style Tudor et art-déco. Le jardin est agréable aussi. C'était la minute touristique.

Le soir de la réception, alors qu'Elizabeth a bien du mal à entrer dans sa robe, Philip se plaint de ne pas être assis à côté de Jackie Kennedy, mais sa femme lui rappelle qu'il ne s'agit pas d'un dîner d'État donc le protocole ne s'applique pas. En effet, il ne faut pas donner l'impression de trop en faire pour les Américains ou de Gaulle pourrait mal le prendre et compromettre l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE. Le genre d'arguments qui ne pèse pas face à l'envie de Philip d'avoir à ses côtés Mrs Kennedy, et bon, vu comme ça tourne, avec le recul, était-ce bien la peine de prendre des précautions?

Quand les voitures des Kennedy arrivent, les domestiques, oubliant momentanément tout professionnalisme, se précipitent aux fenêtres alors qu'ils en ont tellement vu, des grands de ce monde, qu'ils devraient être blasés.

Remarquez, ils auraient tort de se priver car les invités ne sont pas beaucoup plus dignes. Comme le dit Philip "come on, it's like royalty!".

Seul le brave Porchey ne succombe pas à la fascination collective et reste aux côtés d'une Elizabeth dépassée.

Les convives, Philip en tête, se pressent donc dans la galerie pour être les premiers à apercevoir les Kennedy se faire accueillir dans le hall.

Mais enfin, le temps pour le couple présidentiel de monter l'escalier, tout le monde a sagement repris sa place, le décorum il n'y a que ça de vrai.

Sauf que patatras! Les Kennedys enchaînent en une minute les boulettes protocolaires, se mélangeant dans l'ordre de préséance, massacrant les titres de leurs hôtes. Diantre, on leur avait pourtant donné une brochure explicative, ne l'ont-ils donc pas lue?

En réalité, JFK n'en était pas à sa première rencontre avec la famille royale, puisqu'il en avait déjà croisé des membres quand son père était ambassadeur, mais cela donne l'occasion à Adeane et Charteris de prendre des airs de dindes offusquées, ce qui est rigolo. Et la scène a un double effet kiss kool. Au premier abord, il s'agit juste d'un petit intermède comique sur le choc des cultures entre Anglais coincés et Américains balourds, mais on aura un autre angle de vue là-dessus un peu plus tard.

Malgré ou à cause de cela, JFK et Philip sympathisent facilement, le premier conscient d'avoir accumulé les gaffes, le second plutôt amusé mais compréhensif car après tout, c'est généralement lui que l'on regarde avec désapprobation même s'il connait les codes.

Michael C. Hall a pas mal été critiqué pour son interprétation, n'étant pas du tout branchée Kennedy je ne puis dire si vraiment son accent est aussi à côté de la plaque que l'on a pu le dire (cela vient peut-être aussi de réactions de spectateurs américains qui notent plus facilement les différences face à un personnage qu'ils connaissent bien mieux que les autres) et c'est passé crème.

Durant le repas, Elizabeth est flanquée de MacMillan qui en rajoute une couche sur les manques de Kennedy en lui confiant qu'apparemment, à Vienne, Khrouchtchev l'a totalement humilié. Sous des dehors glamours, donc, la réalité n'a pas l'air aussi idéale.

Elizabeth a du mal à se concentrer sur son interlocuteur avec en face un duc d’Édimbourg qui a l'air de très bien s'entendre avec Jackie Kennedy (qui est jouée par Jodi Balfour, au fait).

Au moins Porchey, qui comprend parfaitement ce qu'elle traverse, est toujours là pour lui montrer un soutien discret et n'a pas la tête tournée par la nouvelle star de la soirée, ce qui est réconfortant, mais insuffisant.

Aussi quand Philip annonce à sa femme que Jackie Kennedy désire visiter le palais, Elizabeth insiste pour s'en charger à sa place: après tout, on est chez elle, non?

Philip se retrouve ainsi le bec dans l'eau, et cette fois-ci c'est Kennedy qui vient lui présenter une épaule consolatrice, et de partager leurs tourments d'hommes éclipsés par leur bonne femme.

Le tour du propriétaire démarre de façon guindée, et Elizabeth essaie d'attirer l'attention de son invitée sur un portrait de George III, ce qui me parait un choix étrange car s'il y a un monarque qu'il n'est pas nécessaire de présenter à des Américains, c'est bien celui-ci.

Jackie est pour sa part fort intriguée par un autre portrait, et Elizabeth lui explique qu'il s'agit de William Pitt le Jeune, personnage historique qui l'a toujours touchée car il souffrait d'une timidité telle qu'il avait du mal à regarder les gens dans les yeux, ce qui ne l'a pas empêché de devenir Premier ministre (j'ai eu une période Pitt le Jeune pour plus ou moins les mêmes raisons aussi étais-je surprise de voir ceci apparaître dans l'épisode). Cela permet à Jackie d'avouer qu'elle-même est une grande timide, et voit un cercle vicieux dans son choix d'époux: d'après elle, les personnes timides se rapprochent de compagnons à la personnalité inverse, pouvant les protéger, mais à l'aise sous les feux des projecteurs, et ainsi ils finissent tôt ou tard par exposer la personne qu'ils sont censés aider.

Elizabeth, qui elle-même a toujours rêvée d'une vie tranquille et retirée, commence à s'adoucir vis-à-vis de la First Lady, et la suite de la conversation avec les corgis pour briser la glace la convainc que finalement, Jackie Kennedy n'est pas si différente d'elle: elle aussi se sent plus à l'aise en compagnie des chiens que des humains, et préférerait mener une existence paisible à la campagne que multiplier les apparitions publiques.

Quelques jours plus tard, elle confie donc à Margaret à quel point cette rencontre fut une agréable surprise. La conversation est l'occasion d'avoir un aperçu de l'immense culture d'Elizabeth II, qui pense que Tartuffe est le nom d'un restaurant, et une fois mise au courant que c'est une pièce de théâtre, contre-attaque d'un "oui, je le savais, une tragédie de Pissaro".

Néanmoins, Margaret a mieux à faire que se moquer de l'ignorance de sa sœur, elle a du lourd en magasin. C'est tout de même curieux qu'Elizabeth soit convaincue que le courant passait bien entre elle et Jackie Kennedy, parce qu'elle connait quelqu'un qui a dîné avec elle depuis et comment dire, apparemment elle n'a pas dit des choses très gentille à l'égard de la reine. Mais il ne faut pas s'inquiéter, tout cela a dû être déformé, amplifié... C'est bien de constater que le mariage a adouci le caractère de Margaret.

Elizabeth convoque immédiatement le fameux Patrick qui était à ce dîner avec Jackie Kennedy, et avec beaucoup de gêne et après s'être fait prier, il déballe du bout des lèvres ce qui a été dit: elle a trouvé que Buckingham Palace était un palais de seconde zone, triste et négligé comme un hôtel de province, ce qui était raccord avec l'institution fatiguée dont il est le centre.

Quant à Elizabeth ce n'est qu'une femme d'âge moyen sans trait remarquable ni intelligence, et il ne fallait donc pas s'étonner de la place de plus en plus réduite de la Grande-Bretagne à l'échelle mondiale.

Ces critiques ne feraient plaisir à personne, mais viennent appuyer sur les complexes déjà présents d'Elizabeth et à cela s'ajoute la trahison d'une personne qu'elle était venue à trouver sympathique. Lilibet se retrouve comme l'élève en retrait qui s'est un jour retrouvée avec l'attention bienveillante de la plus jolie fille du lycée pour se rendre compte que cette dernière se payait sa tête dans son dos.

Il y a néanmoins plus important. Nkrumah, dont les préoccupations sont autres que de savoir qui sera la reine de la promo au prochain bal de fin d'année, continue d'être au mieux avec les Soviétiques et les Américains se sont en retour complètement retirés du projet qu'ils devaient financer au Ghana, annonce MacMillan .

Elizabeth décide alors de prendre l'initiative: et si elle tentait le même numéro de charme que les Kennedy à Paris? Rien ne l'empêche de faire une visite personnelle au Ghana histoire de montrer que la Couronne y accorde de l'importance. MacMillan n'est pas du tout chaud, car cela risquerait de donner l'impression que le Ghana est favorisé par rapport aux pays voisins membres du Commonwealth.

Malgré les avertissements de son Premier ministre, Elizabeth s'accroche à son projet, bien qu'elle soit la seule à y croire: la revue de presse montre qu'on pense que rien ne justifie un tel déplacement, Philip, pourtant pas le dernier pour agir, est dubitatif de voir sa femme sortir de son rôle de marionnette, et Adeane ne dit rien, mais n'en pense pas moins.

Une fois à Accra, le couple royal est reçu en grande pompe par le président Nkrumah, qui leur fait bien sentir qui mène la danse.

Philip se fait presque éjecter du tapis rouge pour que le chef d'État se fasse prendre en photo avec la reine...

... avant de s'en aller avec la meute de journalistes sur ses talons une fois le cliché pris. Très cavalier mais Elizabeth se dit qu'après tout, c'est ce qu'il voulait et qu'en jouant le jeu elle l'aura bien disposé à son égard.

Elle va vite déchanter en recevant un appel de MacMillan: alors que Nkrumah était censé reprendre les négociations avec les Américains, les Soviétiques ont commencé les travaux. Bref, le président monte les différents partis les uns contre les autres pour faire monter les enchères, et ce petit voyage n'a pour l'instant servi à rien.

L'opération séduction ne fonctionne donc pas très bien pour l'instant et il va falloir sérieusement s'activer à la réception qui suit si vraiment Elizabeth veut réussir la mission qu'elle s'est fixée.

Aussi alors que l'ambiance est franchement morne, Elizabeth va secouer un peu la soirée en proposant à Nkrumah d'aller guincher, ce qu'il accepte, très conscient de ce qui se joue en terme de communication.

Et zou, c'est parti pour un fox-trot endiablé!

Au grand dam de Martin Charteris, en ligne avec Downing Street, dépassé par cette danse pas du tout prévu au programme...

... Tout comme MacMillan, qui suit les derniers développements. par téléphone, complètement ahuri.

À Accra cela passe néanmoins très bien, le public est ravi, les journalistes encore plus, et même Philip se félicite de voir enfin Elizabeth sortir des sentiers battus.

Alors comme on s'en doute, il faut prendre toute la scène avec une grosse pincée de sel, même si c'est amusant. MacMillan et l'entourage de la reine n'étaient pas du tout largués comme on le voit ici et si Elizabeth a bien dansé avec Nkrumah, cela n'était pas particulièrement un moment pivot de la visite et de leur vie respective. Mais il fallait bien montrer la reine prendre un peu l'initiative pour mieux illustrer le côté soft-power de son rôle et comment même s'il n'est pas décisif, il peut contribuer à détendre une situation ou avoir l'effet inverse.

Pour les Kennedy aussi, c'est soirée de gala. Après une introduction de son frère Robert (qui est incarné par Julian Ovenden, un des soupirants de Mary dans Downton Abbey. De façon amusante, il faisait aussi une apparition dans Smash où il faisait partie du musical sur Marilyn Monroe dans le rôle de JFK), son grand frère fait un discours chaleureusement applaudi, mais Jackie, elle, a l'air surtout déprimée.

Elle se retire dans ses appartements où la télévision passe un reportage vantant la réussite diplomatique d'Elizabeth au Ghana, et fait part à son mari de son envie de partir en week-end anticipé à la campagne, mais JFK ne se montre guère compatissant face à sa fatigue. En mode fourbe, il fait mine de mettre en avant son importance pour mieux l'enfoncer: elle a joué un grand rôle récemment, puisqu'il a eu vent des méchancetés qu'elle a pu dire sur la reine et que de toute évidence, cette dernière aussi, ce qui l'a boostée pour se bouger auprès de Nkrumah. Donc cette victoire d'Elizabeth, elle la doit à la First Lady, en un sens.

Jackie est catastrophée d'entendre que ses propos ont pu venir aux oreilles de la reine, et pour ne rien arranger, elle doit repasser en Angleterre prochainement, aussi son délicieux époux lui conseille de ne pas s'approcher de trop près de Buckingham Palace.

Dans l'avion qui la ramène du Ghana, Elizabeth se délecte de sa revue de presse, nettement plus élogieuse à son égard qu'à l'allé. Comme toujours, Adeane la contrarie en lui faisant part d'un message de Jackie Kennedy qui demande à la rencontrer lors de son passage à Londres.

Elizabeth accepte, mais décide que la conversation prendra place non pas à Buckingham Palace, mais à Windsor. Jackie Kennedy en aura pour son argent niveau vieillot et austère avec carrément une forteresse, ce coup-ci, où elle est reçue avec nettement moins de faste.

Elizabeth joue la carte de l'amabilité distante, ce qui met d'autant plus mal à l'aise Jackie qui souhaite mettre les choses au point, ce qui n'est pas facile quand la reine confirme qu'elle a bien eu des retours sur les propos de son interlocutrice, mais sans la tromper une seule seconde en prétendant qu'elle n'y a accordé aucune foi. Mrs Kennedy se lance, reconnaissant qu'elle ne peut pas s'excuser pour ce qui a été dit, mais au moins lui donner quelques explications.

Oui, c'est censé être Charles de Gaulle dans le fond

Officiellement, le séjour à Paris du couple présidentiel américain a été un véritable triomphe, comme la presse en a témoigné, mais les coulisses étaient autrement plus sombres.

John et Jackie souffraient tous les deux de divers problèmes de santé, à quoi s'ajoutait le surmenage (ce qui fait regarder autrement leurs gaffes lors de la rencontre avec le couple royal: ce n'est pas qu'ils étaient nonchalants vis-à-vis du protocole, juste au bout du rouleau pour enregistrer encore des informations supplémentaires au sujet de subtilités de titres et de préséance) et JFK vivait mal le fait de se faire voler la vedette par sa femme (apparemment une partie du public n'a pas goûté la vision d'un JFK violent physiquement avec Jackie, mais si on n'a pas de preuves, leur vie conjugale était loin d'être rose et ce n'est pas invraisemblable de le montrer abusif d'une façon ou d'une autre).

De plus, leur médecin, le Dr Jacobson, a pour habitude histoire de leur faire tenir le choc de leur injecter des cocktails maison, soit calmants soit énergisants, et le soir où Jackie a eu le front de dénigrer la reine, elle se sentait justement totalement désinhibée par elle ne sait trop quel médoc.

Elle est donc absolument désolée de découvrir que ses paroles qu'elle ne pensait pas vraiment ont pu être rapportées à Elizabeth dont elle admire le calme et la dignité sous toute la pression qu'elle endure et qui a si bien su montrer au Ghana de quel bois elle était faite.

Un petit point avant de passer à la suite: un an environ après la visite des Kennedy à Buckingham, Jackie a bien revu Elizabeth II sans son mari, mais on ne connait absolument pas le sujet de leur conversation, et il faudra sans doute attendre la publication des journaux de la reine pour en savoir plus. Bref, comme la dispute à coup de raquette de tennis en saison 1, la base n'est pas inventée, mais ce qui s'est dit est forcément une création de Morgan.

Le soir venu, Elizabeth raconte la suite à Philip: comment après la confession de Jackie, elle aurait dû lui dire qu'elle n'a pas fait grand chose au Ghana, et le peu qu'elle y a accompli, c'était par esprit de compétition avec elle, donc qu'elle a en réalité une dette envers Mrs Kennedy. Au lieu de quoi elle a préféré accepter ses explications sans rien ajouter, trop contente de savourer le fait qu'une femme supérieure à elle soit dans ses petits souliers et ait une vie bien plus difficile que la sienne malgré l'admiration générale.

Ce qui ne déplait pas à Philip, qui est toujours rassuré que sa femme ne soit pas une petite sainte et puisse faire preuve de mesquinerie comme le commun des mortels.

On fait ensuite un bon de quelques mois (même s'il n'y a pas d'indications de dates, cette saison est bien moins linéaire que la précédente). Doctor Who est à la veille de faire ses débuts sur la BBC, et le reste appartient à l'Histoire. Mais ce n'est pas de cela qu'il sera question, évidemment. Alors que la reine est à nouveau en train de parler abattage de vieux arbres, on lui signale que quelque chose de très grave est arrivé.

Au château, de son secrétaire particulier au valet de pied, tout le monde est rivé devant la télé, qui annonce que John F. Kennedy s'est fait tirer dessus à Dallas.

Elizabeth passe donc les heures suivantes à suivre l'évolution de la situation à partir des bulletins d'information.

Jusqu'à annoncer l'issue fatale à Philip, qu'on a rarement vu aussi déprimé au sujet du sort de quelqu'un d'autre que lui-même. Cela dit, vu sa position, les assassinats de chef d'État doivent forcément toucher une corde sensible.

Le lendemain parviennent les premières images de la désormais veuve de JFK, portant toujours le tailleur tâché du sang de son défunt mari.

Elizabeth remarque ce détail immédiatement et en fait part à sa mère, qui s'étonne qu'on ne lui ait pas laissé le temps de se changer avant de paraître en public, mais la reine comprend que le geste est totalement délibéré de la part de Jackie Kennedy.

Elizabeth informe ensuite Adeane de son souhait de voir la maisonnée royale porter le deuil pendant une semaine, et que les cloches de l'Abbaye de Westminster sonnent pendant une heure même si ce geste est habituellement réservé aux membres de la famille royale.

Et enfin, la reine se fend d'une lettre de condoléances personnelle à l'adresse de Mrs Kennedy, dont on ne connaîtra pas les détails.

Même si le passage au Ghana est trop simple, pour ne pas dire simpliste tout en offrant une séquence savoureuse, cet épisode a le mérite d'élargir un peu le paysage en se concentrant moins sur la vie personnelle d'un membre secondaire de la famille comme avec Margaret ou même Philip et de se pencher sur la dimension internationale de la Couronne, ce qui est bienvenu, car depuis la fin de la Crise de Suez, cela devenait un peu trop domestique.

Le Point Corgis: alors là, on est gâté: des corgis mouillés, des corgis secs, des corgis adultes, des bébés corgis, c'était Byzance.
potion préparée par Zakath Nath, le Mercredi 17 Octobre 2018, 22:22bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".