Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore
O'Brother (2)
Samedi 23/10 22:18 - Zakath-Nath
La Tempête des Échos (2)
Jeudi 14/10 21:47 - Zakath-Nath
Un Long Voyage (2)
Dimanche 15/08 12:08 - Zakath-Nath
A Discovery of Witches, saison 2 (4)
Samedi 10/07 15:25 - Zakath-Nath
Sans un bruit 2 (2)
Vendredi 25/06 11:06 - Zakath-Nath
Split (1)
Samedi 17/07 11:44 - Vous-ne-savez-pas-Qui
The Mandalorian, saison 2 (2)
Jeudi 31/12 10:36 - Zakath-Nath
Doctor Who, saison 12 épisode 5: Fugitive of the Judoon (4)
Samedi 14/03 17:12 - Zakath-Nath
Doctor Who, saison 12 épisode 4: Nikola Tesla's Night of Terror (4)
Samedi 14/03 16:50 - Zakath-Nath
Maverick (2)
Dimanche 09/08 11:55 - Zakath-Nath

Potion précédente-Potion suivante
The A.B.C. Murders
Un mystérieux tueur en série laisse à côté de ses victimes un guide des chemins de fer et nargue le célèbre détective Hercule Poirot par l'entremise de lettres anonymes annonçant ses prochains crimes. Hélas, le limier belge n'est plus au sommet de sa gloire et ne peut plus compter sur le soutien de Scotland Yard.

Il y a quatre ans, la BBC célébrait Noël en proposant une nouvelle adaptation d'And then there were none d'Agatha Christie, sur un scénario de Sarah Phelps. Une réussite et un succès d'audience qui a lancé une tradition. Je n'ai pas vu l'adaptation suivante, The Witness for the Prosecution, mais celle d'après, Ordeal by Innocence m'avait destabilisée tant certains éléments, notamment la fin, ne me paraissaient guère christiens. En fait, l'angle d'attaque de Sarah Phelps est visiblement de pousser à fond les éléments les plus glauques des romans d'Agatha Christie et d'en rajouter de son propre cru. Ce qui n'était pas très gênant sur And then there were none qui met en scène une galerie de criminels, mais se révèle très déconcertant quand on s'attaque à une aventure de Poirot qui ne prétendait pas être autre chose qu'un whodunit bien ficelé.

Le personnage de Poirot lui-même est bien malmené, au prise avec une telle fin de vie qu'on s'attendrait plus à le voir quitter la scène qu'à affronter "ABC", torturé, et avec des origines bien remaniées. Hastings est aux abonnés absents et Japp ne fait une apparition que pour claquer (merci d'être passé, Kevin McNally). Étoffer le contexte historique en évoquant le parti fasciste britannique qui sévissait dans les années 30, ainsi que le statut de réfugié de Poirot, n'est pas à la base une mauvaise idée (et c'est bien l'intérêt de faire différentes adaptations que de les voir aussi refléter les inquiétudes de l'époque à laquelle elles sont faites) mais l’insistance est telle qu'on a vite l'impression que la scénariste ne fait pas confiance à ses spectateurs pour saisir des allusions plus subtiles.

Il ne faut donc pas chercher dans The A.B.C Murders une enquête ludique et un héros excentrique, ce qui ne veut pas dire que l'adaptation est totalement dépourvue d'atouts. On aura peut-être du mal à voir dans le personnage joué par John Malkovitch le Poirot que l'on aura connu à la lecture des livres ou croisé dans d'autres transpositions à l'écran, et pas seulement parce qu'il troque la célèbre moustache pour une petite barbe passe-partout. Il tient pour autant bien ce rôle de détective tourmenté par son passé tandis que les seconds rôles sont très solides. Notamment avec un Rupert Grint qui semble confirmer l'impression que ses prestations dans les films Harry Potter me laissaient à savoir qu'il est davantage taillé pour les parties dramatiques que pour jouer les rigolos de service, mais c'est surtout Eamon Farren qui se détache dans le rôle d'Alexander Bonaparte Cust. En revanche, on peut regretter qu'encore une fois Shirley Henderson soit cantonnée à jouer les mégères.

La réalisation signée Alex Gabassi est également plutôt classieuse bien que l'aspect grisâtre et terne puisse lasser, même s'il est en accord avec le fond de l'histoire. Évidemment, si l'on n'adhère pas au parti-pris de Phelps ou si comme moi on n'estime pas qu'assombrir une œuvre en rehausse la qualité, tout cela risque de manquer singulièrement de charme.

On pourra justifier tous ces changements en soulignant le fait qu'il faut bien apporter du neuf quand une histoire est déjà aussi connue, et pourquoi pas, en effet. On ne pourra pas en tout cas reprocher à Sarah Phelps de se contenter de donner une simple version avec les moyens de 2018 de celle déjà réalisée avec David Suchet et d'avoir peur de diviser les spectateurs. Cependant, à ce stade on peut se demander si pour une fois l'approche de France Télévision avec Les Petits Meurtres d'Agatha Christie n'est pas plus pertinente que celle de la BBC, en reprenant les canevas des romans tout en les centrant sur des personnages totalement inédits. Ce serait peut-être plus satisfaisant que cet entre-deux où l'on utilise un personnage aussi emblématique pour en livrer une interprétation aussi déroutante.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 30 Décembre 2018, 17:44bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".