Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Nightmare Alley
À l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, Stan Carlisle se fait engager dans une foire où il joue les bateleurs pour un couple de magiciens. Il s'empare d'un code permettant de mettre au point un spectaculaire numéro de télépathie et tient le haut de l'affiche jusqu'au jour où sa route croise celle de la psychanalyste Lilith Ritter. Stan y voit l'occasion d'une association pour arnaquer les riches clients de Lilith mais le maître manipulateur va perdre le contrôle de l'opération.

Il y a des années j'avais lu une interview de Guillermo Del Toro où il confiait être incapable de réaliser un film qui ne soit pas fantastique, tout en confessant le désir de s'attasuer à une adaptation du Comte de Monte Cristo. Finalement, sa première incursion dans un univers sans surnaturel se fera par l'intermédiaire du film noir, avec une nouvelle adaptation du roman de William Lindsay Gresham, déjà porté à l'écran par Edmund Goulding avec bonheur. Malgré la curiosité que suscite un nouveau film de Del Toro dont la plupart des projets peinent à se concrétiser, je trainais tout de même un peu les pieds. En cause, l'impression que depuis deux films, le mal-aimé (mais pas de moi) Crimson Peak et La Forme de l'Eau multi-récompensée (mais dont l'histoire d'amour centrale m'a bien moins émue que certains personnages secondaires), le réalisateur se retrouvait à un point de bascule: celui où l'on a l'impression qu'un auteur commence à radoter et ressortir toujours un peu les mêmes gimmicks, les mêmes figures, à l'instar d'un Burton. Ajoutons à cela que son Nightmare Alley accuse les 2h30 alors que l'adaptation précédente racontait bien la même histoire en 1h50 et la crainte d'un film artificiel et gonflé pointait son nez.

Bonne nouvelle déjà au niveau du rythme: si on prend plus son temps pour présenter les personnages dans la première partie, le passé de Stan, les employés de la Foire, on ne voit pas le temps passer même si le tempo ralentit un peu une fois que Stan et Molly s'installent en ville et que l'on introduit le personnage de Lilith. On a droit à un développement des seconds rôles qui n'est pas déplaisant et les aspects que la première adaptation, sortie en 1947, devaient éluder, sont ici bien plus explicites, notamment tout ce qui tourne autour du geek et la chute, plus fidèle au roman, est également plus efficace dans son aspect abrupt. À cela Del Toro ajoute sa petite touche personnelle avec des petites pointes gores qui font mal dont il est friand, pas forcément indispensables mais pas hors-sujet non plus (et moins dans l'auto-citation que dans ces deux films précédents).

On peut toujours compter sur Del Toro pour s'entourer d'une équipe capable d'offrir des décors travaillés et de toute beauté, on n'a pas à se plaindre ici, en commençant par la foire et son palais des illusions avant d’atterrir dans les bureaux art-déco de Lilith ou du milliardaire Ezra Grindle. La bande-annonce me laissait craindre une photo trop verdâtre et de ce fait pas très éloignée de celle de La Forme de l'Eau où cette esthétique se justifiait, il n'en est finalement rien et si l'on peut repérer des plans et des idées renvoyant à d'autres films du réalisateur (Molly devant la fenêtre circulaire de sa roulotte, plan qu'on trouvait dans Le Labyrinthe de Pan ou Crimson Peak, les bébés dans les bocaux rappelant ceux de L'Échine du Diable), cela reste suffisamment en retrait pour ne pas saouler.

Le casting est composé de quelques complices de Del Toro dans des seconds rôles comme Ron Perlman ou Richard Jenkins mais la vedette est tenue par des nouveaux venus dans son univers et la greffe prend bien. Bradley Cooper fait partie de ces acteurs objectivement bien faits de leur personne mais dont le physique me laisse froide, il est cependant parfait en séducteur escroc rattrapé par ses démons et qui se laisse prendre à ses propres mensonges. Là où Helen Walker campait une Lilith aux fausses allures de petite fille bien élevée, Cate Blanchett y va à fond dans le portrait d'une femme fatale vénéneuse et diabolique, qui fait presque basculer le film dans le fantastique tant sa nature maléfique la fait paraître monstrueuse. On comprend d'ailleurs comment Del Toro a pu être attiré par ce projet, si le film ne verse pas dans le surnaturel, on est toujours, du point de vue de l'ambiance à la limite et les personnages eux-même s'y laissent prendre. Le reste de la distribution est haut-de-gamme, avec notamment Willem Dafoe, une Rooney Mara très touchante, Toni Collette et David Strathairn...

Certains romans sont malchanceux et ne donnent lieu qu'à des adaptations fades ou incapables de leur rendre justice. Ce n'est pas le cas de celui de Gresham puisque l'on peut lui associer désormais deux adaptations réussies dans des styles différents, la deuxième ne faisant toutefois pas d'ombre à la première.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 27 Janvier 2022, 09:38bouillonnant dans le chaudron "Films".