Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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M le Maudit (M - Eine Stadt sucht einen Mörder)
Vienne est terrorisée par un meurtrier s'attaquant à des petites filles. La police peine à trouver sa trace, les criminels s'agacent de voir que les investigations perturbent leurs affaires et la paranoïa monte parmi les habitants. Seul le Ministre de l'Intérieur y voit une opportunité, celle de promouvoir sa politique sécuritaire, ce qui pourrait le propulser au poste de chancelier.

Il faut avoir une bonne dose de culot pour oser faire le remake d'un film considéré comme l'un des plus importants de l'Histoire du cinéma. Quand bien même ledit film, M le Maudit de Fritz Lang, avait déjà fait l'objet d'un remake dans les années 50 sous la direction de Joseph Losey (pas vu, mais il jouit d'une réputation honorable). C'est ici l'Autrichien David Schalko qui se lance dans l'entreprise pour une mini-série en six épisodes transposant l'intrigue de nos jours à Vienne. Le résultat est pour le moins bancal et finalement ce n'est pas tant la comparaison avec l'original qui lui porte le plus préjudice (encore qu'il y a des points sur lesquels je vais revenir à ce niveau) que le fait que depuis quelques années, notamment sous l'impulsion du Nordic Noir, on est abreuvé de séries à base de disparitions d'enfants.

Difficile d'ailleurs de ne pas penser à cela devant cette nouvelle mouture mettant en scène un couple d'enquêteurs (lui a des problèmes familiaux, elle pas de famille du tout mais est obsédée par un cas non-élucidé qui pourrait être en rapport avec le tueur), une ambiance hivernale glacée et une galerie de personnages étranges et suspects. Deplus, les premiers épisodes lorgnent vers un whodunit classique alors que des meurtriers potentiels se détachent et qu'on laisse même entendre qu'il n'y a pas un tueur mais plusieurs, tandis que Fritz Lang dévoilait vite le visage du coupable. Si l'on retrouve bien la trame du film et des éléments emblématiques, ils passent à la moulinette de choix d'adaptation pas toujours heureux.

On a beaucoup parlé du fait que l’œuvre d'origine décrivait les derniers temps de la République de Weimar et annonçait l'arrivée au pouvoir des Nazis bien qu'on y projette forcément après-coup la connaissance de ce qui allait suivre. Ici il n'y a pas à chercher de métaphore, le propos actualisé est plus clair: une des premières victimes est une petite réfugiée afghane, le Ministre de l'Intérieur est ouvertement d'extrême-droite, la population est à la fois remontée contre les délinquants sexuels et contre les immigrés. Autre modernisation, les équivalents du commissaire Lohmann et de Schränker sont joués par des femmes, la première offrant une performance solide, la seconde sombrant plus d'une fois dans un ridicule dont on ne sait à quel point il est volontaire. On retrouve entre autres le sifflement tiré de Peer Gynt, le montage parallèle lors des réunions des flics et de la pègre (mais moins bien fait qu'il y a près d'un siècle!), le plan sur les assiettes vides lors de la disparition d'Elsie, la traque du tueur par les mendiants et le procès final.

Alors que celui-ci aurait dû être le sommet de la série, il tourne à la farce et évoque davantage une pièce d'avant-garde que la dénonciation de la "justice" populaire. Le monologue d'origine est vite évacué et laisse place à un nouveau qui ne restera pas dans les annales, bien que l'acteur ne soit pas en cause. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de comparaison valable à faire entre sa prestation et celle de Peter Lorre car le parti-pris est tout autre, de l'homme ordinaire aux pulsions incontrôlables, on substitue un caméléon (peut-être nécessaire pour ne pas se faire prendre de suite dans un monde désormais pourvu de caméras de surveillance) auquel on accorde des motivations, bien que celles-ci soit floues. La scène vire au grotesque et finalement, "Schränker" demande au Ministre lui-même ce qu'elle doit faire du meurtrier, un comble. Ce n'est d'ailleurs pas la seule scène qui tourne au grotesque, la faute à des personnages qui en tiennent une bonne couche comme la psy ou le ministre qui se regarde à poil dans un miroir pour bien qu'on comprenne qu'il est narcissique.

La critique peut paraître sévère alors que cette mini-série n'est pas non plus un naufrage total et elle est dans l'ensemble bien réalisée et pas trop mal jouée mais il est difficile de proposer quelque chose de neuf avec une histoire pareille et Schalko ne parvient pas à tirer son épingle du jeu.
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 3 Août 2020, 12:29bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".