Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Lovecraft Country
Atticus Turner, revenu depuis peu de la Guerre de Corée, doit se rendre dans le Massachusetts pour retrouver son père disparu. Accompagné de son oncle George, rédacteur d'un guide de voyage à l'usage des Noirs et de Letitia, une amie d'enfance, Atticus va devoir affronter une mystérieuse loge de magiciens et le racisme généralisé.

Si l'on demande pour quelles raisons H.P Lovecraft est principalement connu, ce qui arrivera en tête sera probablement l'univers qu'il a créé, peuplé de Grands Anciens, où apparait aussi le célèbre Necronomicon. Pas loin derrière, qu'il était également un gros raciste. Si les fictions ont depuis des décennies exploité le premier aspect, du pastiche à des crossovers en passant même par la comédie musicale, elles ont aussi généralement soigneusement laissé les éléments les plus déplaisants sur le bas-côté. Matt Ruff, au contraire, entend bien ne pas laisser Lovecraft et certains de ses collègues s'en tirer à si bon compte.

Lovecraft Country en dépit de son titre, n'est pas une nouvelle variation sur les personnages et les créatures de l'écrivain de Providence et il ne faudra donc pas s'attendre à voir apparaître Chtulhu en guest-star bien que le livre plonge indéniablement et sans ambiguïté dans le surnaturel. Il s'agit d'un recueil de récits (plus que de nouvelles indépendantes) montrant le personnage d'Atticus et sa famille élargie aux prises avec une bande de sorciers mal intentionnés, en particulier Caleb Braithwhite, mystérieux personnage qui tour à tour les utilise et les récompense mais ne les laisse jamais en paix. Atticus, son oncle George et son cousin Horace sont fans de science-fiction et pour les deux premiers lecteurs de Lovecraft, et ils vont naturellement faire le lien entre ses écrits et le territoire dans lequel ils vont s'aventurer mais leur intérêt pour l'imaginaire sert surtout de réflexion vis-à-vis du genre, et surtout des écrits de l'époque: comment en être fan quand une bonne partie de la production, au mieux ignore les gens comme vous, au pire se montre complètement raciste?

Cette réflexion n'est jamais pesante, car elle s'intègre naturellement dans les différents récits, dépeignant les différents personnages aux prises à la fois avec des menaces surnaturelles et avec la société américaine des années 50 où même les États ne mettant pas en place la ségrégation sont loin d'être des havres: les deux dangers s'entremêlent et malgré quelques touches d'humour, la tension retombe rarement car on sent trop qu'un protagoniste peut échapper à une menace de type poupée ensorcelée voulant lui faire la peau pour tomber sur un flic ordinaire qui pense automatiquement qu'un Noir en train de fuir a forcément quelque chose à se reprocher.

Comme souvent quand on a affaire à une suite d'histoires, toutes ne sont pas aussi mémorables et parfois se concluent de manière un peu trop abrupte. Néanmoins, puisqu'elles forment un tout cohérent qui se suit, il n'y a pas le sentiment de frustration que pourraient engendrer des nouvelles indépendantes et l'on a une conclusion satisfaisante au parcours des personnages.

Lovecraft Country arrive en France précédé d'une réputation flatteuse qui n'est donc pas usurpée, et c'est avec curiosité qu'on attendra la série HBO déjà en production.
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 8 Avril 2019, 21:17bouillonnant dans le chaudron "Fantasy".