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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Les Cheveux d'Or
Londres est en émoi après qu'une nouvelle victime du "Vengeur", un tueur en série qui vise les femmes blondes, ait été retrouvée. Au même moment, les parents de Daisy, une jeune mannequin, accueillent chez eux un nouveau locataire dont la conduite les intrigue vite.

Troisième long-métrage d'Alfred Hitchcock et probablement le premier vraiment remarquable, Les Cheveux d'Or (ou The Lodger: A Story of the London Fog de son titre original) s'inspire librement de Jack l'Éventreur, ce qui devait être encore un peu original au cinéma en 1927 et pas complètement rebattu comme c'est le cas aujourd'hui. On a donc un infâme et insaisissable tueur en série qui s'en prend à des femmes dans le fog de la capitale anglaise et le locataire joué par Ivor Novello se pose d'emblée comme un suspect. Pour ajouter à l'angoisse, ses logeurs sont les heureux parents d'une jeune femme qui correspond justement au profil des victimes ciblées par l'assassin, avec ses jolies mèches blondes (Hitchcock et les blondes, déjà...) et le locataire ne lui est pas indifférent.

Malgré le sujet, l'humour n'est pas absent, parfois aux lisières du slapstick comme lorsque le père de Daisy choit de sa chaise et reste coincé par terre un bout de temps ou à travers le personnage du petit ami policier un peu balourd de l'héroïne.

Parmi les passages marquants, l'arrivée du très étrange locataire, son écharpe lui cachant le bas du visage, est réussie et au niveau des trouvailles on notera surtout l'effet de transparence quand la petite famille l'entend marcher de long en large à l'étage supérieur. La poursuite finale du suspect menotté est également bien tendue et l'on a déjà droit au thème de l'homme traqué par la police et le bon peuple, que l'on retrouvera souvent dans la carrière d'Hitchcock, comme dans Les 39 Marches ou La Mort Aux Trousses.

La fin, en revanche, peut paraître trop vite expédiée et lénifiante. Hitchcock aurait voulu garder l’ambiguïté sur la vraie nature du héros, mais Ivor Novello étant une star à l'époque, il n'était pas question de faire du jeune premier un psychopathe, même de manière suggérée. Un problème que retrouvera le réalisateur plus tard dans sa carrière avec une sombre histoire de verre de lait qui aurait dû être empoisonné pour que tout cela soit réduit à un fâcheux malentendu.

Malgré cette conclusion forcée, ce film de la période muette du maître du suspense comporte déjà les germes de ce qui fera le succès de son metteur en scène, en plus d'être l'un des premiers films de serial-killers, si ce n'est le premier.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 30 Avril 2020, 21:14bouillonnant dans le chaudron "Films".