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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Les Carrefours de la Ville
--> It's Noirvember!
Nan, la fille d'un trafiquant d'alcool nommé Pop Cooley, aime Kid, cow-boy de fête foraine. Elle tente de le convaincre de rejoindre son gang mais il n'est pas intéressé. Quand Nan est emprisonnée alors qu'elle couvre un meurtre commis par Pop, Kid rejoint la bande en pensant l'aider.

Incursion précoce mais non poursuivie dans le film noir pour Rouben Mamoulian, Les Carrefours de la Ville est basé sur une histoire de Dashiell Hammett qui débutait alors à Hollywood. Bien qu'il y soit encore une fois question de criminels trafiquant de l'alcool en pleine Prohibition, le long-métrage se distingue cependant des films de gangsters de l'époque, en tout cas de la triplette Petit César/Ennemi public/Scarface. Pas d'ascension et de chute d'un caïd ici mais le parcours contrarié de deux tourtereaux plongés dans un univers interlope. Alors que Nan, élevée par un truand, trouve au départ parfaitement naturel de violer la loi et tente d'entraîner Kid dans son monde, elle va connaître une sévère désillusion concernant l'esprit de famille qui y règne quand elle se retrouve en prison alors que Pop avait promis de la tirer d'affaire. Se félicitant qu'au moins l'homme de ses pensées ne trempe pas dans des affaires louches, elle pourra le rejoindre pour découvrir qu'il a mis ses compétences de tireur au service de Big Fellow Maskal, le chef de son père.

Cette trajectoire croisée où chaque membre du couple tente tour à tour de ramener l'autre sur le droit chemin est l'un des intérêts du film mais non le seul. La mise en scène de Mamoulian est étonnante, s'appuyant peu sur la musique (en dehors du générique, il n'y en a pas, ou seulement intradiégétique) et s'attardant volontiers sur des éléments de décors dans l'appartement d'Agnès ou dans la prison de Nan, recourant à d'habiles ellipses pour les quelques passages violents (le meurtre initial posant Maskal comme un individu sans foi ni loi et Pop comme son homme de main jovial, par exemple) avant de conclure sur une ébouriffante équipée en voiture.

Tout cela mérite l'attention mais le film est malgré toutes ces qualités assez bancal. Gary Cooper n'est pas un habitué du genre et parait davantage taillé pour les grands espaces (on a vraiment l'impression qu'il fait trois mètres de haut par moment alors que ses collègues abonnés aux rôles de gangsters devaient monter sur des escabeaux pour regarder leurs partenaires féminines dans les yeux). Il joue toujours un "cow-boy" en un sens et sa dégaine longiligne et efflanquée détonne justement suffisamment pour attirer l'attention. Il est toutefois un peu difficile de croire qu'il a vraiment chuté du côté obscur et mis son adresse au révolver au service du crime tant il semble toujours inoffensif. Sylvia Sydney arrive pour sa part sans encombre à faire deviner l'acier qui se cache sous son physique de poupée.

Le fond de l'intrigue est sombre et même assez osé (on est avant l'instauration du Code Hays) notamment au travers de Pop, père n'ayant pas scrupules à utiliser sa fille comme couverture pour ses affaires et qu'on ne voit pas être puni pour ses crimes, ou de Maskal qui n'hésite pas à éliminer ses hommes quand il convoite leur compagne. Pourtant, à l'image du personnage du Kid, une certaine naïveté prévaut, comme dans la conclusion où tout se règle un peu trop idéalement pour offrir au couple un happy-end peu évident vu le milieu dans lequel ils trempent. On ne peut s'empêcher de penser que quelques années plus tard, leur romance se serait forcément terminée dans le sang. Cela contribue à l'aspect atypique du film et en même temps, on peine à y croire vraiment tant l'on passe presque à la comédie légère après avoir frôlé la tragédie.

Les Carrefours de la Ville n'est pas un film totalement abouti, balloté entre d'un côté une peinture de trafiquants redoutables et de protagonistes perdant leurs illusions ou se laissant corrompre, de l'autre une fin bien trop légère et un jeune premier trop propre sur lui pour convaincre totalement. La réalisation de Mamoulian et les trajectoires de Nan et du Kid valent toutefois le détour.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 9 Novembre 2021, 23:12bouillonnant dans le chaudron "Films".