Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Legend
Dans un monde enchanté, le Seigneur des Ténèbres a besoin d'une obscurité éternelle pour régner en maître. Pour cela, il doit détruire les deux dernières licornes, symboles de pureté. La princesse Lili, guidée par son ami Jack, va approcher les animaux sacrés et bien involontairement les mettre en danger. Chacun de leur côté, Lili et Jack vont s'employer à sauver leur monde du Mal.

Les Duellistes, Alien, Blade Runner... Peut-on imaginer des débuts de carrière ciné plus impressionnants que ceux de Ridley Scott? Puis arriva Legend qui annonçait que la suite serait plus compliquée. Legend a été un flop au box-office et encore aujourd'hui, il est loin de faire l'unanimité. Précisons qu'il en existe trois montages différents: un montage européen avec une musique de Jerry Goldsmith, un autre américain avec une BO signée Tangerine Dreams et enfin une version longue de vingt bonnes minutes supplémentaires sorties en dvd en 2002. Je n'ai vu que le montage européen. Découvert une première fois au collège, je n'en avais pas gardé un souvenir vivace en dehors du méchant, d'un Tom Cruise qui exhibe ses cuisses et du fait que je n'avais pas été transportée alors que j'étais pourtant réceptive à tout ce qui se faisait en fantasy.

Ridley Scott et son scénariste William Hjorstberg (accessoirement auteur d'Angel Heart, une vision un peu plus adulte et glauque du Mal) y sont allés à fond dans la direction du conte de fées pour enfants. L'histoire est donc extrêmement naïve tout comme la caractérisation des personnages, on évolue dans un monde à la fois riche (on y croise beaucoup de créatures différentes) et très flou et étriqué (Lili est fille de roi mais on ne sait rien de ce royaume, tout semble se passer dans un périmètre extrêmement réduit où un bosquet enchanté jouxte un marais conduisant à une forteresse maléfique, tout se parcourt à pied sans se fatiguer). Il n'est donc guère étonnant que le résultat ait pu être accueilli avec dérision d'autant que les choix esthétiques sont par moment extrêmement kitsch: il y a des paillettes partout, jusque sur les sabots du démon. Le Seigneur des Ténèbres avait les sabots pailletés, voilà une phrase que je n'aurais jamais pensé écrire un jour, merci sir Ridley, vous nous gâtez. Elles sont pourtant moins choquantes que les manifestations de bulles de savon occasionnelles. C'est féérique les bulles de savon?

Malgré un tournage difficile avec notamment un incendie des studios, il faut néanmoins souligner que les décors sont particulièrement soignés et variés, de la forêt enchantée à l'antre du Mal, on voyage beaucoup et paillettes ou pas paillettes, on en prend plein les yeux. Les maquillages de Rob Bottin sont également remarquables, que ce soit ceux des gobelins ou ceux de Meg, la sorcière des marais parfaitement répugnante. C'est cependant le look de Darkness que l'on retiendra et dont l'image a probablement contribué à ce que l'on se souvienne du film bien après sa sortie sur les écrans. On admire mais le scénario à la fois basique et confus (les coupes y sont peut-être pour quelque chose mais le personnage de Blunder par exemple n'a pas grand sens et amène un twist inutile car le bonhomme n'a aucune utilité) rend difficile une immersion totale. Reste quelques scènes mémorables comme la danse entre Lili et la robe dans les appartements de Darkness.

Quant au casting il est également inégal. Le jeune Tom Cruise en enfant de la forêt est aussi crédible que Dwayne Johnson en danseur étoile (et se tient de telle manière qu'à un moment il a l'air bossu. C'était au moins l'époque où un beau gosse hollywoodien pouvait avoir des dents de traviole). Mia Sara en fait au départ des tonnes en princesse de contes de fées plus irresponsable qu'innocente mais a l'occasion de davantage briller dans la dernière partie tandis que David Bennent, contrairement à Cruise, a totalement la tête de l'emploi en petit elfe parfois inquiétant. C'est cependant Tim Curry qui tire son épingle du jeu en grand méchant à l'allure impressionnante et à la belle voix grave. Tout le monde cabotine mais cela participe au premier degré du film.

Legend s'avère être un drôle de film, à la fois traditionnel dans son approche du conte et bourré d'idées incongrues, parfois sublime, parfois embarrassant. Facile de pouffer devant mais on y trouve un sens de l'imagerie merveilleuse qui semble tombée en désuétude et on peut le regretter.
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 4 Décembre 2023, 22:26bouillonnant dans le chaudron "Fantasy".