Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
Le Quatrième Homme
Un mystérieux individu organise le vol audacieux d'un fourgon blindé et engage trois complices qui seront incapables de l'identifier et de se reconnaître, car ils porteront un masque tout au long de l'opération. Le casse marche à la perfection et avant de se séparer, le cerveau derrière ce plan ingénieux donne à ses hommes de main un signe distinctif: à eux de se présenter avec celui-ci quelques mois plus tard dans un camp de vacances au Mexique pour le partage du butin. Mais Joe Rolfe, innocent livreur de fleurs que la police a pris à tort un temps pour un membre de la bande, a perdu son emploi dans cette affaire et n'a que modérément apprécié les violences dont il a été victime durant sa garde à vue. Aussi décide-t-il de retrouver les vrais coupables.

Le film noir, comme tous les autres genres, ne comptent évidemment pas que des films régulièrement cités comme faisant partie des grands classiques du cinéma, signés par des réalisateurs reconnus tels que Fritz Lang, Orson Welles ou Howard Hawks. Il y a aussi les séries B, bénéficiant d'un petit budget, d'acteurs habitués aux seconds rôles ou qui n'ont pas la vedette dans des films de premier plan, avec derrière la caméra des cinéastes dont les noms n'évoquent pas forcément grand chose en dehors des cinéphiles qui ont creusé le sujet. Pourtant, certains de ces films ont su avec le temps attirer l'attention sur eux et se tailler une jolie petite réputation, comme ce Quatrième Homme, ou Kansas City Confidantial dans son titre original.

Le film bénéficie d'un scénario malin qui dans sa première partie montre l'organisation du casse et son exécution de manière dynamique. On entre ensuite dans une ambiance plus posée une fois tous les personnages au Mexique, quelque chose qui a été reproché mais cette séquence ne me parait pas plus faible que la moitié précédente ultra-rythmée: Rolfe a pris la place d'un des truands censés se retrouver dans le camp de vacances et à partir de là, tout le monde se jauge, essayant de savoir qui est dans le coup, quelles sont les intentions de chacun. L'affaire se complique avec l'arrivée de la fille du cerveau du vol, qui évidemment ne se doute pas des activités de son père et qui débute une romance avec Rolfe.

La mise en scène de Phil Karlson recèle quelques idées (le reflet des tueurs dans le pars-brise de la voiture) mais est surtout classique et carrée, au service de son histoire. Celle-ci est soutenue par un solide casting: John Payne fait un peu Cary Grant du pauvre par moment mais convient dans son rôle d'américain moyen qui a plus de ressources qu'on ne pourrait le penser, Preston Foster est excellent en criminel qui cache son jeu et dont les motivations sont moins basiques que prévues et Coleen Gray se tire bien d'un personnage avant tout présent pour une romance qui ne s'imposait pas et qui ne comprend pas vraiment ce qui se déroule autour d'elle sans pour autant passer pour une gourde finie, une performance loin d'être évidente mine de rien.

Mais surtout, on retiendra la triplette de "gueules" engagée pour le vol du fourgon, puisqu'on a là trois seconds couteaux du cinéma hollywoodiens de l'époque particulièrement savoureux: Jack Elam et son œil qui dit merde à l'autre en joueur et fumeur compulsif toujours sur les nerfs, Neville Brand (un des deux gangsters d'un film que j'ai vu et revu durant mon enfance, L'espion aux pattes de velours) en brute épaisse, et un jeune Lee Van Cleef bien marrant en petite frappe qui se croit irrésistible mais beaucoup moins futé qu'il ne le pense et qui se fait bien maltraiter par le héros. C'est assez amusant de s'imaginer que ces trois-là étaient supposés se fondre dans le groupe des paisibles vacanciers.

La fin se goupille de manière rapide et un peu trop idéale compte-tenu de la situation pour le moins embrouillée dans laquelle Rolfe s'est engagé, mais elle fonctionne et n'est donc pas insatisfaisante pour un agréable film bien ficelé.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 29 Septembre 2019, 10:53bouillonnant dans le chaudron "Films".