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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Le Point de non-retour
--> It's Noirvember!
Trahi par son meilleur ami Mel Reese et son épouse, Walker est laissé pour mort après un coup audacieux. De retour parmi les vivants, il entend bien récupérer les 93 000 dollars qui constituaient sa part du butin mais il se heurte à l'Organisation, gang tout puissant, dont fait désormais partie Reese.

Le Point de non-retour est l'adaptation d'un roman de Donald Westlake, ou plutôt de Richard Stark, son alter-ego sous le nom duquel il a écrit les aventures d'un truand nommé Parker, rebaptisé Walker pour l'occasion. J'en avais vu une autre, Payback, lors de sa sortie au cinéma et je n'en ai pas grand souvenir en dehors de sa violence et de la présence de James Coburn et Kris Kristofferson au générique. Elle n'a pas bonne réputation et il en existe un director's cut, sans les deux acteurs précités, il faudra que je vois tout cela un jour d'un œil neuf même si ce n'est sans doute pas une bonne idée.

Parlons donc de cette version-ci, deuxième film seulement de John Boorman et première expérience américaine pour lui. Grâce à son acteur principal, Lee Marvin, il a pu bénéficier d'une liberté inhabituelle pour un jeune réalisateur débarquant à Hollywood. En effet, Marvin, tout auréolé d'un Oscar et du succès des Douze Salopards, a fait savoir d'entrée à la MGM qu'il confiait au réalisateur son contrôle sur le casting et le montage, et Boorman en a fait bon usage.

C'est également son premier film en couleur, et du travail sur les couleurs, il va en faire, chaque séquence jouant sur une teinte, offrant un joli camaïeux entre les décors et les costumes des personnages.

En réalité, Boorman expérimente énormément, destructurant l'action, en particulier dans le premier tiers, ce qui donne une apparence d'irréalité aux événements. Irréalité prolongée dans le traitement de son personnage principal: a-t-il vraiment réussi à se sortir vivant d'Alcatraz? Rêve-t-il comme il se le demande au début? Quand sa belle-sœur Chris (Angie Dickinson) lui dit qu'il est mort sur le Rocher, est-ce seulement une image? Mort ou vivant, la vengeance ne semble pas être la motivation suprême de Walker, malgré de bonnes raisons d'en vouloir à sa femme et à Reese et pourtant, sans tuer personne directement, il va semer la mort sur son passage. Seule l'intéresse sa part du magot, pas un sou de plus, et Marvin offre une composition excellente sans donner l'impression de faire grand chose d'un personnage tout en paradoxe: d'une habileté redoutable pour parvenir à des personnages intouchables et pourtant sans arrêt baladé, une force inexorable, presque idiote et inhumaine mais perdue dans un univers qui parait tout aussi automatisé.

Il y a en effet du Tati dans une séquence où Chris, furieuse contre lui, déclenche tous les appareils électriques de la villa où ils se sont réfugiés et qu'il peine à les éteindre, et l'Organisation est adepte de la dématérialisation: malgré les millions qu'elle brasse, une simple somme en liquide est difficile à fournir.

Malgré ses qualités, le film accuse tout de même quelques faiblesses, comme une chute de building assez mal fichue (ça sent le mannequin en mousse) et passé le premier tiers, les idées sont moins fréquentes et moins audacieuses.

Psychédélique et onirique, Le Point de non-retour est donc un drôle de film noir pétant de couleurs vives, où l'on suit un anti-héros à la fois obnubilé par un but très simple et qui donne l'impression d'errer dans un monde qui a évolué sans lui. Tout n'est pas absolument convaincant et ça fait années 60 que ça n'en peut plus (ce qui n'est pas nécessairement un défaut mais forcément, ça date le film) mais c'est une véritable expérience qui vaut le détour.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 23 Novembre 2019, 22:08bouillonnant dans le chaudron "Films".