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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Le Petit César
Caesar Enrico "Rico" Bandello et son ami Joe Massera sont de petits braqueurs de station service mais ils ne comptent pas y consacrer toute leur vie. Joe désire se reconvertir dans la danse de salon tandis que Rico, pour sa part, ambitionne de devenir un grand nom du crime organisé.

Parmi les films de gangsters séminaux du début des années 30, Le Petit César précède de peu L'Ennemi Public et Scarface. Néanmoins la mise en scène de Mervyn LeRoy impressionne moins que celle de William A. Wellman et Howard Hawks. Peut-être parce que ces deux-là étaient poussés à faire encore mieux que ce qui avaient été fait avant, peut-être tout simplement, à en juger par leur filmographie respective, qu'ils étaient d'un autre niveau. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien à retirer de ce point de vue, il y a des plans intéressants comme celui où Otero admire Rico s'admirant lui-même dans un miroir mais ce qui retient l'attention dans ce portrait d'un malfrat qui va grimper les échelons pour mieux en dégringoler, schéma repris dans presque tous les films du genre, c'est moins la réalisation que la psychologie du personnage principal et ses rapports avec ses acolytes. En fait, bien que le mot ne soit jamais prononcé, il y a un sous-texte homosexuel prononcé. Comme son confrère Tony Camonte, Rico est violent et ambitieux avec un goût prononcé pour le bling-bling afin d'illustrer sa réussite et sa chute va venir non pas de son implication dans des affaires véreuses mais de sa jalousie dans une affaire de cœur impliquant son ami et complice des débuts. À la différence que la jalousie n'est pas provoquée, comme avec Camonte, par le fait que le bras droit ose sortir avec sa sœur que le personnage-titre couve d'un peu trop près mais par la présence d'une femme qui menace de le priver de son compagnon de toujours. Et si l'on présente cela ouvertement comme une désertion du gang, on n'est pas vraiment dupe de ce qui travaille réellement Rico.

Ce serait probablement un peu léger pour bâtir toute une théorie là-dessus et ça ne serait pas la première fois qu'on lirait plus que ce qu'il y a vraiment dans une œuvre mais l'autre différence avec les films de gangsters de l'époque déjà cités, c'est l'absence de la figure de la maitresse. Tom Powers et Tony Camonte en ont une ou plusieurs qui servent à illustrer leur brutalité (le fameux pamplemousse dans la tronche de L'Ennemi Public) ou leur besoin de posséder pour affirmer leur statut (dans Scarface Camonte fauche à la fois le poste de Lovo et sa maîtresse, et en fait affirme directement ses intentions pour le premier par son intérêt pour la seconde). Rico, de son côté, ne se donne même pas la peine de faire semblant de s'intéresser aux femmes ne serait-ce que pour en imposer à ses collègues et ne se formalise pas des regards énamourés d'Otero pour lui, ce qui donne l'impression d'avoir affaire à quelqu'un suffisamment sûr de lui et de ce qu'il est pour ne pas éprouver le besoin de donner le change sur ce plan. Des développements apportés par le scénariste Francis Edwards Faragoh au roman de W.R. Burnett qui ne les a semble-t-il pas du tout appréciés donc on ne parle pas d'analyses arrivés trente ans après la bataille sans que les personnes impliquées dans la création du film y aient elles-mêmes songé.

Le film a aussi fait date en propulsant Edward G. Robinson en tête d'affiche alors qu'il n'avait tenu qu'une poignée de petits rôles à l'écran jusque-là et se consacrait principalement au théâtre. Très éloigné du physique des jeunes premiers, Robinson ne fait rien pour rendre son personnage plus sympathique qu'il n'est, c'est-à-dire pas du tout et encore une fois, contrairement à un Powers ou un Camonte, on ne lui adjoint pas une famille pour expliquer d'où il vient et son désir de s'extraire d'un milieu défavorisé ou de fuir une autorité paternelle répressive et sinistre. Le bonhomme sort de nulle part pour mieux y retourner comme le prophétise son ennemi Flaherty.

Douglas Fairbanks Jr. hérite quant à lui du rôle le plus proche d'un jeune premier, justement, il en a le physique avantageux et la romance qui va le sauver mais son personnage est, volontairement ou non, assez falot, et c'est sa partenaire de danse et compagne Olga qui va avoir le cran de tenir tête à Rico tandis que Joe cherche à lui échapper tout en tournant autour du pot. Pour sa défense il est probablement plus conscient qu'Olga de ce dont Rico est capable. J'ai pu lire que le personnage était inspiré par George Raft mais j'ai un léger doute. S'il y a en effet un point commun entre Joe et lui, deux hommes acoquinés à la pègre qui ont préféré une carrière dans le show-biz à celle de gangsters, à l'époque bien qu'il se soit taillé sur la Côte Est une bonne réputation de danseur, il débutait à Hollywood et n'était probablement pas suffisamment connu pour inspirer des auteurs.

Le Petit César n'est peut-être pas le film de gangsters le plus réussi de tous les temps ou même du vingtième siècle ou même de sa décennie mais il reste important pour avoir contribué à lancer le genre et un certain type de personnage, pour avoir fait d'Edward G. Robinson une star (dont l'image reste attaché à des rôles semblables même s'il en a joué une grande variété) et par son sous-texte audacieux pour l'époque (même s'il date d'avant l'instauration du Code Hays).
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 5 Septembre 2021, 12:47bouillonnant dans le chaudron "Films".