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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Piste des Géants
Breck Coleman, un jeune trappeur, accepte de servir de guide à un convoi de pionniers quittant le Missouri pour l'Oregon. Il s'agit cependant d'un prétexte pour démasquer deux hommes qu'il soupçonne d'avoir tué un de ses amis. Or, l'un des hommes, Flack, est le chef du convoi et a compris que Breck pourrait chercher une confrontation. Il engage alors Thorpe, un joueur qui voit en Breck un rival, pour qu'il le débarrasse du jeune homme.

Bien que le western soit arrivé non sans succès sur les écrans dès l'époque du muet, en 1930, année de sortie de La Piste des Géants, il ne s'agit pas d'un genre sur lequel les studios misent beaucoup. En effet, peu après l'arrivée du parlant trois ans plus tôt, on préfère mettre en avant des œuvres plus à même d'exploiter au maximum la nouvelle technologie, des films avec beaucoup de dialogues et des chansons, par exemple, alors que les longues chevauchées peuvent aussi bien se dérouler en silence. Néanmoins, Raoul Walsh et la Fox entendent faire changer les choses et s'en donnent les moyens: un tournage dans de rudes conditions, un nombre colossal de figurants pour mettre en images la grande épopée des pionniers... Dans le rôle de Breck, Walsh embauche un jeune homme de 23 ans jusque-là cantonné à de la figuration ou à faire l'accessoiriste. Mais Marion "Duke" Morrison, ce n'est pas un nom très vendeur pour une vedette de western, aussi Walsh le rebaptisera-t-il John Wayne sans lui demander son avis.

Hélas, La Piste des Géants fut un échec commercial et il fallut attendre près de dix ans pour qu'un autre film, La Chevauchée fantastique de John Ford, pose vraiment les règles du genre et lance véritablement la carrière de John Wayne, qui entretemps était cantonné à des westerns de troisième ordre. Avec le temps le western de Walsh a gagné ses galons de classique et il mérite amplement le coup d’œil.

Le thème est le même que celui de La Route de l'Ouest d'A.B. Guthrie, le passage du Missouri à l'Oregon d'une caravane de pionniers, avec des tensions internes et les craintes d'attaques d'Indiens. On y retrouve d'ailleurs le même vibrant éloge de la nature encore intacte, pas encore souillée par les villes et l'industrie... tout en louant le courage et la déterminations des pionniers qui vont justement, à plus ou moins long terme, complètement changer le visage du continent. Les relations avec les Cheyennes et les Pawnees sont loin d'être tout d'un bloc car si l'on a bien une attaque histoire d'offrir une grande scène d'action au spectateur, on montre surtout Breck Coleman parlementer avec eux et le passage des chariots se négocier tranquillement. On peut aussi saluer le fait que le film n'ait pas engagé pour jouer les Cheyennes des acteurs blancs couverts de fond de teint mais des autochtones, y compris pour les rôles parlants.

Le film navigue d'ailleurs sans cesse entre un côté naturaliste, riche en petits détails sur la vie des pionniers et un côté plus cliché (ou posant de futur clichés) au travers de ses personnages: le couple tout d'abord contrarié de jeunes amoureux lisses, des méchants immédiatement identifiables (la grosse brute, le bandit mexicain, le joueur dandy), le old-Timer, le petit rigolo... La première partie avant le départ les présente d'ailleurs de manière un peu redondante, avec beaucoup d'aller-retour entre trois ou quatre lieux. La suite offre des moments spectaculaires comme les passages du ravin, de la rivière ou du blizzard et le tournage a d'ailleurs été émaillé d'accidents.

Presque un siècle après sa sortie, La Piste des Géants, malgré une certaine naïveté dans la caractérisation des personnages principaux très typés, n'a donc pas perdu de sa capacité à impressionner le spectateur.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 20 Août 2020, 18:09bouillonnant dans le chaudron "Films".