Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Potion précédente-Potion suivante
Hollywood
Jack Castello rêve de devenir une star hollywoodienne mais découvre vite que son physique avantageux ne lui suffit même pas à décrocher des rôles de figurants. Camille Washington est la meilleure élève de son cour d'art dramatique mais sa couleur de peau la cantonne à des rôles de domestiques maladroites. Raymond Ainsley et Archie Coleman, réalisateur et scénariste, s'associent pour leur premier film mais convaincre un studio d'investir est un parcours du combattants. Tous vont s'accrocher pour réaliser leur rêve et conquérir le haut de l'affiche.

Il y a quelque chose de fascinant au sujet de Hollywood, et encore plus le Hollywood de l'âge d'or. Le glamour, les stars, les films chers à nos cœurs, et derrière, une réalité plus sombre: les abus, les carrières brisées ou qui n'ont jamais pu être, les concessions pour vendre le plus largement possible des films qui auraient pu être plus audacieux... C'est ce monde que le prolifique Ryan Murphy se propose de revisiter, avec une petite pirouette: il ne compte pas tant décrire Hollywood tel qu'il était dans les années 50 que tel qu'il aurait voulu qu'il soit. Ce qui n'est pas sans rappeler le dernier film de Quentin Tarantino qui lui aussi décrochait de la réalité dans ses dernières minutes, de manière plus brutale et moins généralisée, ceci dit.

On peut comprendre le parti-pris, et on ne peut pas reprocher à Murphy de tromper sur la marchandise car il n'a pas prétendu à l'exactitude mais alors qu'on bascule de plus en plus dans un Hollywood fantasmé, les limites du concept, ou en tout cas le traitement qui en est fait, sont de plus en plus apparentes. Le trait devient tellement épais et forcé qu'on est plus agacé qu'ému devant l'avalanche de bons sentiments et les victoires des protagonistes face aux obstacles (surmontés quasiment dans la seconde à laquelle ils se présentent dans les derniers épisodes). On part d'une description des abus de l'usine à rêve (prostitution des aspirants acteurs, racisme...) pour basculer dans le plus pur conte de fées hollywoodien au risque de sombrer dans l'incohérence: par exemple, le code Hays et notamment le fait que ce dernier interdisait les relations interraciales dans les films sont mentionnés mais plus tard, quand le film écrit par Coleman comporte une relation interraciale, il n'en sera plus question. On montrera bien l'équipe en butte à des menaces racistes en début de production, mais plus aucune mention du code.

Autre conséquence de cette vision rose-bonbon où avec un peu d'insistance et les bonnes volontés d'une poignée de personnes bien placées on arrive à tout, sous couvert de rendre hommage à des gens qui ont été maltraités par le système hollywoodien et la société en général, on en vient à suggérer que s'ils avaient fait davantage d'efforts pour s'imposer, on aurait gagné quelques décennies dans le combat pour la diversité et la représentativité: par exemple, lorsque Camille décroche une nomination à l'Oscar, elle rencontre Hattie McDaniel (première femme noire à avoir gagné un Oscar pour son rôle de nounou dans Autant en Emporte le Vent). L'authentique actrice raconte alors à l'actrice fictive que le jour de la cérémonie, on l'a fait poireauter dans le hall avant de la glisser au dernier rang lorsqu'il est devenu certain qu'elle allait emporter la statuette. Elle enjoint alors Camille de ne pas accepter cela et d'exiger le respect qui lui est dû et effectivement, lorsqu'on tente de la refouler à son tour, elle proteste et a gain de cause, à part un loufiat trop zélé tout le monde se montrant bienveillant. Si c'était aussi simple, peut-on alors se demander, pourquoi Hattie McDaniel s'est-elle écrasée?

Au fond, on se retrouve avec une histoire où rien n'a de conséquence durable, ou presque (à part le tabagisme, qui ne pardonne pas). Il suffit de vouloir quelque chose très fort et on l'obtient. Les infidélités de Jack à sa femme n'ont pas d'impact puisqu'on découvre qu'elle-même le trompe (et il se permet de jouer les grands seigneurs envers elle sans lui parler de sa conduite), un proxénète a sa rédemption car il aide au financement du film et y décroche même un rôle (il a toujours rêvé d'être un artiste), du coup on oublie les manipulations et l'exploitation dont il a usé envers ses employés; Henry Wilson, le manager de Rock Hudson, s'excuse des abus qu'il lui a fait subir ainsi qu'à ses autres poulains et lui offre un rôle taillé sur mesure pour relancer sa carrière après que son coming-out (fait ici encore avec des décennies d'avance) l'ait mis sur la touche (encore qu'on est censé penser que c'est son homosexualité avouée qui l'empêche de trouver des rôles mais quand c'était un secret tout ce qu'il avait sur son CV c'était un petit rôle de barman...).

Si les jeunes interprètes sont tous très beaux et très lisses (normal pour les rôles de jeunes premiers mais le réalisateur et le scénariste?), l'interprétation est tout de même dans l'ensemble de qualité, avec notamment un Jim Parsons loin de Sheldon Cooper.

Il y a trois ans, Amazon, avec son adaptation de The Last Tycoon, s'était aussi lancée dans une évocation de l'âge d'or de Hollywood pour une mini-série aussi séduisante visuellement qu'ennuyeuse à suivre. Une grande série sur ce sujet pourtant passionnant reste donc encore à faire.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 21 Août 2020, 16:19bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".