Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
La Mort était au rendez-vous
Enfant, Bill Meceita a vu sa famille massacrée sous ses yeux par un bande d'hommes masqués, mais dotés chacun d'un signe distinctif. Quelques années plus tard, devenu un as de la gâchette, Bill tient enfin une piste qui peut le mener aux meurtriers. Sa route croise celle de Ryan, ancien bagnard décidé lui aussi à se venger des mêmes hommes, responsables de son emprisonnement.

Avec plusieurs centaines de films produits à la chaîne en une décennie suite au succès d'Une Poignée de Dollars, on peut logiquement supposer que le western italien aura proposé un nombre conséquent de bouses. On ne peut pas non plus résumer les réussites aux seuls long-métrages de Leone et La Mort était au rendez-vous de Giulio Petroni fait partie de ceux qui se taillent une bonne petite réputation, aidé par Quentin Tarantino dont c'est l'une des influences revendiquées pour Kill Bill (il piochera d'ailleurs dans la BO de Morricone pour ce film et Inglourious Basterds).

La Mort était au rendez-vous est une histoire de vengeance tout ce qu'il y a de plus classique, réutilisant pas mal de ficelles (le coup du chapeau qui incite les méchants à tirer dessus mais c'était une ruse du héros qui se trouvait juste à côté!), surfant notamment sur le succès d'Et pour quelques dollars de plus dont on reprend certains éléments, devant et derrière la caméra, mais le scénario sur la fin fait également de petits emprunts express aux Sept Mercenaires ou à Alamo. Dans ce cas de figure, on peut donc se retrouver avec un empilement ennuyeux de clichés ou obtenir la parfaite synthèse d'un genre, et le film se rattache fort heureusement de la deuxième catégorie.

Malgré un John Philip Law lisse et sans grand charisme ni expressions (mais pas aussi plombant qu'on pourrait le craindre), le duo formé avec Lee Van Cleef fonctionne, ce dernier ayant suffisamment de présence pour deux et se révèle parfaitement à l'aise dans le genre de rôles taillés sur mesure que les westerns italiens lui réservaient souvent. Les coups en douce qu'ils se font pour passer devant l'autre dans leur quête de vengeance réservent quelques moments très amusants. Au rang des méchants, on reconnaitra Luigi Pistilli, un des membres de la bande d'El Indio dans Et pour quelques dollars de plus et frère de Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truant, qui prend du galon dans le rôle de l'ancien bandit devenu banquier, et qui prouvera que la différence entre les deux n'est pas forcément très grande; Mario Brega, habitué aux rôles de bras droit costaud chez Leone et qui fait ici la même chose, mais avec un costume plus élégant, ou encore Anthony Dawson (le mec qui se prend des ciseaux dans le dos dans Le Crime était presque parfait en tenancier de saloon.

La subtilité n'est pas forcément au rendez-vous que ce soit dans les dialogues qui explicitent trop la relation père-fils entre les deux protagonistes ou dans la réalisation qui insiste beaucoup sur les signes distinctifs des différents vilains avec flashbacks à l'appui pour qu'on comprenne bien que le héros fait le lien, mais Giulio Petroni sait également offrir de belles séquences, notamment en tirant parti des éléments déchaînés, dans la scène d'ouverture orageuse ou lors de la fusillade finale en pleine tempête de sable. Le style l'emporte souvent sur un scénario correct mais sans surprise (qui n'aura pas vu venir le petit twist?). Contrairement au Dernier Face à face évoqué dans le précédent article, il n'est pas question ici de se poser de grandes questions sur l'humanité, la réflexion sur la vengeance n'est pas poussée aussi loin qu'elle aurait pu (quand Bill tue l'un des agresseurs de sa famille, le frère de sa victime réclame aussitôt vengeance dans ce qui pourrait être montré comme un cercle vicieux où la violence engendre la violence. Mais le frère encore en vie étant aussi coupable que celui exécuté, on n'attend que de le voir subir le même sort) mais il y a comme souvent dans le western italien une bonne dose irrévérence pour les figures d'autorité (deux des membres de la bande ont prospéré et occupent des positions importantes dans leur ville respective) et on a surtout choisi de mettre en avant la relation entre Bill et Ryan, ce qui se comprend.

La Mort était au rendez-vous est donc un cru parfaitement recommandable, avec tous les ingrédients du genre même s'il y manque une touche de génie, mais on passe un très bon moment devant.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 25 Août 2019, 17:56bouillonnant dans le chaudron "Films".