Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Mort de Staline
1953. Quand Joseph Staline est victime d'une attaque, les membres les plus haut placés du régime se livrent une lutte sans merci pour accéder au poste suprême... ou au moins rester en vie.

Armando Iannucci s'est fait une spécialité de la satire politique, tout d'abord avec la série The Thick of It où il égratignait le New Labour puis la coalition conservateur/lib-dem, puis dans son spin-off cinématographique In the loop montrant les manœuvres britanniques et américaines pour monter de toutes pièces des preuves de l'existence d'armes de destructions massives dans un pays du Moyen-Orient afin de lui déclarer la guerre, et enfin Veep, une autre série cette fois-ci centrée sur la Vice-Présidente des États-Unis, dont il a laissé les rênes il y a déjà deux saisons. La Mort de Staline est finalement dans la continuité de ses portraits féroces des coulisses du pouvoir, tout en présentant un nouveau défi.

Une fois n'est pas coutume, Armando Iannucci se lance dans une adaptation, celle d'une bande dessinée française signée Fabien Nury et Thierry Robin. Comme le réalisteur-scénariste bosse en ce moment sur une nouvelle version de David Copperfield, j'étais curieuse de découvrir comment il allait se livrer à cet exercice et même si ma lecture remonte à quelques mois, j'ai trouvé qu'il restait fidèle au déroulement et à l'esprit de la BD tout en y apportant quelques situations nouvelles et sa touche dans certains dialogues.

Le plus gros challenge néanmoins vient du fait que cette fois-ci, bien qu'il ne s'agisse évidemment pas d'un documentaire, Iannucci s'attaque à des personnages bien réels qu'il ne déguise pas derrière des noms d'emprunt, et traite d'une période particulièrement noire. Un des tours de force du film est de réussir à apporter du comique à une situation tragique sans jamais minimiser l'horreur de ce qui se passe. Il ne faut pas s'attendre, sous prétexte que le film est rangé au rayon des comédies, à se tenir les côtes de rire et voir les gags s'empiler. L'humour réside principalement dans la veulerie des puissants prêts à tout pour assurer leur survie (et contrairement aux précédentes œuvres de Iannucci, celle-ci n'est pas que politique), de bonnes répliques, l'absurdité de situations dans un système tellement dirigé par la peur que la moindre initiative ou le moindre mot de travers peut avoir des conséquences catastrophiques, et si l'on s'amuse, le rire est souvent jaune. Parallèlement, si les puissants sont moqués, le peuple n'est jamais tourné en dérision et les scènes d'arrestations arbitraires ou l'impact de la mort de Staline sur de simples employés sont particulièrement tendues. Loin d'être léger dans son ton, La Mort de Staline se révèle souvent oppressant.

Le casting est une réussite, mais c'est peut-être Simon Russell Beale en Beria qui offre la performance la plus marquante, tandis que Jason Isaacs, bien que peu présent finalement, est également savoureux en général Joukov. De son côté Iannucci délaisse la plupart du temps la caméra sur l'épaule de The Thick of It et In the Loop pour une mise en scène plus classique mais bien emballée. Il faut également souligner la qualité de la musique de Christopher Willis.

La Mort de Staline est probablement l’œuvre la plus casse-gueule d'Armando Iannucci à ce jour, mais même si elle se révèle peut-être moins drôle que prévue, et nettement plus stressante, le pari est relevé haut-la-main.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 3 Avril 2018, 12:36bouillonnant dans le chaudron "Films".