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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Charge de la 8e Brigade
Le lieutenant Matt Hazard, fraichement émoulu de West Point, est envoyé dans un fort près de la frontière mexicaine. Là ne l'attend que l'ennui et des hommes qui se laissent aller en l'absence de danger, puisque tous les chefs apaches de la région se sont rendus. Tous? Non, car War Eagle et ses hommes resistent encore à l'envahisseur et ils ne comptent pas rendre la vie facile à la garnison de Fort Delivery.

Lorsque l'on nous montre des frises chronologiques délimitant les grandes époques de l'Histoire, on nous explique bien que les années de débuts et de fins de celles-ci sont des conventions et que bien sûr, en 1453 à la Chute de Constantinople, personne n'a déclaré que voilà, le Moyen Âge c'était terminé, bonjour la Renaissance. Il en est de même pour le western qui n'est pas passé du classicisme de l'âge d'or hollywoodien à une vision de l'Ouest plus violente, moderne et contestataire un beau matin en se distant qu'on n'est plus dans les années 50. Tout de même, l'année 1964 allait sans qu'on le sache marquer un tournant: c'est celle de la sortie d'Une Poignée de Dollars d'un certain Sergio Leone en Italie. C'est aussi l'année de la sortie des derniers westerns de deux des titans borgnes du genre, Les Cheyennes de John Ford et La Charge de la 8e Brigade de Raoul Walsh. On pourrait presque croire que ces trois-là se sont concertés pour le faire exprès.

La Charge de la 8e Brigade n'est pas sans évoquer Fort Apache du collègue Ford avec son officier muté dans un trou alors que des Apaches qui ont de bonnes raisons d'être colère sortent de leur réserve, tandis qu'un trafiquant exacerbe les tensions. En dépit d'être plus récent d'une quinzaine d'années, le film de Walsh optera pour une conclusion beaucoup plus bon enfant et naïve. Non sans se départir de toute critique envers l'armée et le gouvernement américain puisqu'on montre le racisme dont est victime l'éclaireur de la brigade mais également les accords foulés au pied à peine signés et la déportation des populations loin de leurs territoires. On rattrape ces aspects dérangeants par un happy-end hélas peu crédible mais un bon point pour l'effort.

Le film navigue d'ailleurs sans cesse entre la volonté de montrer une réalité peu glorieuse et des facilités, entre des scènes visuellement brillantes (William Clothier à la photo) et un scénario pas toujours bien écrit, notamment dans sa romance assez mal fichue, avec un héros partagé entre la femme de son supérieur et une fiancée qui n'a rien pour elle à part sa plastique, qui n'a donc aucune chance et aucun intérêt mais qu'on nous impose quand même. La relation avec la première est d'ailleurs étrange car on aurait pu imaginer davantage de retenue de la part des tourtereaux avant la mort opportune de l'officier supérieur. C'est là que l'on voit que sous les apparences old-school, on est déjà dans les années 60. Les quelques touches d'humour ne fonctionnent pas toujours (le guerrier apache effrayé par son reflet dans un petit miroir, non mais tout de même), en revanche les scènes d'action demeurent réussies grâce au savoir-faire de l'équipe.

Là où l'on sent aussi la fin d'une époque, c'est aussi au niveau du casting: les anciens assurent, de James Gregory en Major latiniste à Claude Akins (pas si ancien, certes) en proxénète fourbe mais toutes les grandes vedettes du western avaient passé l'âge d'interpréter le rôle principal ou n'avaient pas encore été révélées (Clint Eastwood s'y employant sur un autre continent) et Matt Hazard est donc joué par un certain Troy Donahue qui n'est pas nul mais dont on comprend pourquoi il n'a pas marqué les esprits. Pour l'anecdote les Apaches sont ici joués par des Navajos et comme souvent lorsqu'ils avaient des lignes de dialogue dans leur langue, ils en profitaient pour les arranger à leur sauce et balancer des insultes pas piquées des vers à leurs interlocuteurs.

Raoul Walsh ne tire pas sa révérence sur un grand western, le script est trop inégal et souvent gentillet malgré de bonnes idées pour cela et les acteurs principaux manquent de charisme, mais il ne loupe pas non plus sa sortie.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 22 Août 2020, 16:24bouillonnant dans le chaudron "Films".