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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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L'Ennemi Public
Tom Powers et Matt Doyle sont amis depuis l'enfance, une enfance déjà marquée par la délinquance. Devenus adultes, ils entendent profiter de la Prohibition pour monter en grade dans le crime organisé et faire fortune.

Bien qu'il y ait eu des films mettant en scène des gangsters dès l'époque du cinéma muet, l'Histoire du genre a été marquée par un triplette fondatrice, Le Petit César de Mervyn LeRoy et L'Ennemi Public de William A. Wellman en 1931, suivis un an plus tard du Scarface de Howard Hawks. Alors que la décennie précédente avait été marquée par des guerres de gangs sur fond de trafic d'alcool, il y avait matière pour Hollywood de trouver des personnages forts au destin contrarié mais la censure veillant même durant la période pré-code, le film qui nous occupe aujourd'hui s'ouvre et se ferme sur un petit texte nous avertissant que le but n'est pas de pousser les spectateurs à s'inspirer du personnage-titre mais de bien comprendre qu'il ne faut pas imiter sa conduite, le crime ne paie pas. Cela dit le scénario (adapté d'un livre de Kubec Glasmon et John Bright) ne donne pas l'impression que l'honnêteté paie beaucoup plus à en juger par le parcours parallèle à celui de Tom du frère aîné de celui-ci, Mike: bossant de jour comme contrôleur de tramway avant de prendre des cours du soir, il ne semble jamais progresser au-delà de ce statut, revient de la Grande Guerre avec ce qui ressemble fort à un syndrome post-traumatique et n'est même pas montré comme quelqu'un de particulièrement sympathique.

L'intrigue réserve d'autres éléments inattendus, comme une scène de viol suggéré et en même temps assez clair dont est victime Tom mais on retiendra surtout deux points forts: la réalisation de Wellman et l'interprétation de Cagney. Concernant la première, le film s'ouvre sur le quartier d'enfance de Tom en un plan séquence qui nous montre d'une manière vivante la rue principale et comment les protagonistes tournent déjà autour du saloon: la vente d'alcool est encore légale mais bientôt ce sera une de leur principale source de revenue de manière plus détournée. L'usage d'angles inattendus par le réalisateur m'avait déjà frappée dans La Ville abandonnée où on avait un plan "gun-barrel" bien avant James Bond, on en retrouve encore de remarquables ici sans que cela fasse jamais tape-à-l’œil.

L'autre qualité est la prestation de James Cagney en gangster teigneux et misogyne. Cependant, je l'ai trouvée à double-tranchant car elle ne faisait que souligner la différence majeure entre lui et une bonne partie de la distribution, à commencer par Edward Woods, qui joue son ami Matt. Les acteurs ont échangé les rôles peu avant le tournage et l'on ne peut que s'en féliciter devant le résultat: Cagney est une boule d'énergie sautillante (la formation de danseur, peut-être) mais surtout il y a une modernité dans son jeu que l'on ne retrouve pas chez les autres et Woods est fade à souhait en fidèle comparse (on est loin de la dangerosité flegmatique d'un Guino Rinaldo dans Scarface par exemple): on a bien du mal à voir en lui un voyou capable de tuer ou même de goûter la compagnie d'un tueur, il a l'air d'un minet encore maquillé comme au temps du muet. Il a d'ailleurs continué dans le cinéma mais guère très longtemps comme acteur après cela tandis que Cagney est devenu la star que l'on sait, volontiers associé à des gangsters violents même si son registre était bien plus large. Les autres acteurs s'en sortent mieux que Woods mais seule Jean Harlow dégage quelque chose de notable et son rôle est plutôt mince. Donald Cook a des faux airs de jeune Humphrey Bogart par moment ce qui est un peu étrange.

Par ailleurs la construction du film (ascension et chute sordide, avec une dernière séquence étrangement cauchemardesque) est convenue mais puisque l'on parle d'une œuvre fondatrice, on s'y attend forcément et on discerne déjà quelques passages devenus tellement obligés qu'on les retrouve encore quelques décennies plus tard comme le renouvellement de la garde-robe après les premiers succès, histoire de montrer que l'on est un ponte et plus la petite frappe du coin de la rue. Là encore, la scène chez le tailleur a de quoi surprendre vu l'âge du film, on s'attend presque à ce que le tailleur en question ait les mêmes méthodes que celui de Joey Tribiani.

En découvrant un film qui a posé les bases d'un genre, il y a toujours la crainte de le trouver empli de clichés ou moins aboutis que les œuvres suivantes qui s'en sont inspirés. L'Ennemi Public ne bénéficie pas d'un casting capable de se hisser au niveau de son interprète principal mais entre le jeu de celui-ci et la virtuosité de Wellman, il y a toujours matière à être impressionné.

potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 29 Août 2021, 21:00bouillonnant dans le chaudron "Films".