Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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L'Empereur du Nord
En 1933, en pleine Grande Dépression, des vagabonds parcourent les États-Unis en embarquant clandestinement dans des trains, espérant trouver du travail à l'arrivée. Shack, chef de train sur la ligne 19, prend un malin plaisir à les chasser brutalement, quitte à causer leur mort. Jusqu'au jour où A-N°1, hobo légendaire, relève le défie de faire le trajet dans son train jusqu'à son terminus. Cigaret, un de ses jeunes confrères avide de notoriété, s'incruste à son tour.

Robert Aldrich, Ernest Borgnine et Lee Marvin, voilà un réalisateur et deux acteurs qui se seront croisés plusieurs fois durant une vingtaine d'années, généralement pour le plus grand bonheur des spectateurs. Leur dernier film en commun, L'Empereur du Nord, clôt de belle manière leur collaboration. Librement inspiré des récits de Jack London et de Leon Ray Livingstone, le véritable "A-No-1", Aldrich et son scénariste Christopher Knopf transforment un jeu du chat et de la souris entre un clochard et un contrôleur trop zélé en véritable lutte homérique.

Dans le rôle de Shack, Ernest Borgnine campe un parfait psychopathe, véritable tyran sur son train (il n'est pas plus aimé de ses collègues que des vagabonds), qui use de mille tours pour débusquer les intrus, mais n'apprécie rien moins que le plus simple et le plus brutal: un coup de marteau, infligé avec le sourire sadique aux lèvres de quelqu'un qui a beau dire qu'il ne supporte pas qu'on emprunte sa ligne sans permission, il n'attend en fait que ça pour donner libre cours à sa violence. En face de lui, Lee Marvin est tout aussi dantesque en clochard magnifique qui n'a que sa réputation pour lui et entend bien la protéger et être "Empereur du Nord", monarque sans royaume mais qui se sera imposé face au monde en marge duquel il vit.

S'invite un troisième larron dans ce choc des titans, Cigaret, incarné par Keith Carradine. Un personnage parfaitement agaçant de jeune vagabond arrogant, qui s'attache aux basques de A-N°1 en espérant lui voler son titre sans admettre qu'il n'a pas encore les épaules pour y prétendre. A-N°1, pourtant très individualiste au départ (il faut le voir frapper des gamins avec le poulet vivant qu'ils essaient de lui subtiliser en début de film!), va pourtant bon gré mal gré accepter de lui servir de mentor, mais encore faut-il que l'élève soit conscient de ce qu'il ignore pour vouloir apprendre et à force de jouer sur tous les tableaux, Cigaret va y laisser des plumes.

L'Empereur du Nord dépeint un univers âpre où conserver sa vie et sa dignité est un combat, la scène d'ouverture donne le ton en matière de brutalité et le combat final entre les deux adversaires est à la hauteur de l'attente, Borgnine et Marvin y allant joyeusement à coups de marteau, de chaînes, de planches pour finir à la hâche. Le film n'est pas très gore (et le sang que l'on voit guère réaliste) mais reste violent même plus de quarante ans après. Les coups et les chutes font mal et chaque arrêt dans un dépotoir donne l'impression d'attraper le tétanos. L'humour n'est cependant pas absent, que ce soit dans les ruses d'A-N°1 pour arriver à ses fins ou le déroulement de l'intrigue qui fait par moment penser à une version énervée de Bip-Bip et le Coyote. Les paroles de la chanson d'ouverture pourront faire rouler des yeux mais c'est le seul véritable défaut du film, qui heureusement laisse vite place aux choses sérieuses.

À partir d'un prétexte a priori minimaliste dont l'enjeu peut paraître dérisoire, Aldrich offre donc un vrai film d'aventures qui tient sur ses deux heures sans faiblir et porté par des acteurs au sommet de leur forme.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 28 Décembre 2019, 19:25bouillonnant dans le chaudron "Films".