Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
L.A. Confidential
--> Le Quatuor de Los Angeles 3
Ed Exley, fils d'un brillant policier, nourrit l'ambition d'éclipser son père. Bud White, traumatisé par le meurtre de sa mère des mains de son père, est connu pour ses méthodes brutales, particulièrement envers ceux qui violentent les femmes. Quant à Jack Vincennes, élégant conseiller technique sur une série policière à succès, il vend des scoops à un torchon à scandales pour asseoir sa notoriété. Après une fusillade dans un café de la ville, le Hibou de Nuit, les trois hommes vont se retrouver impliqués dans une affaire aux multiples ramifications.

Peut-être parce que le troisième roman du Quatuor de L.A. a eu droit dans les années 90 à une adaptation bien reçue (que je n'ai pas encore vue, que j'ai sur ma pile de DVD/BR et que je n'attendrais probablement pas le prochain Noirvember pour regarder) en espérais-je davantage, quelque chose de plus que les deux volumes précédents qui atteignaient un haut niveau. Après un prologue qui nous renseigne sur le destin somme toute prévisible de Buzz Meeks et qui aura un lien avec la suite, on fait connaissance des protagonistes: comme dans Le Grand Nulle Part, on a trois flics de caractères différents, le premier de la classe, le gros dur, et le corrompu. Le Bon, la Brute et le Truand, pourrait-on résumer sommairement.

Chacun a ses démons: Ed est l'exemple du policier réglo, voulant comme son père faire appliquer une "absolue justice" mais il est aussi extrêmement ambitieux et va plonger dans un tel marigot que les beaux principes dont il se targue vont être sérieusement ébranlés. Bud White est traumatisé par ce que son père a fait subir à sa mère et dirige ses pulsions destructrices sur les hommes qui s'en prennent aux femmes mais un personnage aussi peu capable de maîtriser sa violence ne peut que déraper. Quant à Jack Vincennes, il trouve son compte dans son association avec L'Indiscret, journal à scandales mais il est aussi sous la coupe de son rédacteur-en-chef qui en connait trop long sur lui. Comme dans Le Grand Nulle Part, ils vont se rejoindre sur une affaire mais les liens entre eux diffèrent, on a un véritable antagonisme entre Ed et Bud et il faut plus de temps pour que tout s'imbrique. L'intrigue est particulièrement complexe, mêlant fusillades entre gangsters, pornographie, avatar de Walt Disney et, ça a l'air d'être une marotte chez Ellroy, crimes en série avec démembrements et mutilations diverses (on comprend pourquoi le cas du Dahlia noir résonnait en lui mais au bout de trois romans c'est un poil répétitif).

Néanmoins, et malgré une dernière partie qui perd un peu jusqu'aux explications finales qui mettent tout à plat, la peinture du Los Angeles des années 50 est toujours aussi prenante et désespérante: violence, racisme, proxénétisme, corruption, tout y passe et si la figure du gangster réel Mickey Cohen émerge comme presque sympathique à force d'être haute-en-couleur et de plus en plus détachée des affaires, Dudley Smith, personnage présent déjà dans Le Grand Nulle Part, émerge comme le grand méchant du cycle.

On retrouve tous les ingrédients, un peu trop peut-être, des deux premiers romans du quatuor, servi par un style qui se fait progressivement plus sec et percutant. L'ambiance est toujours poisseuse et sans concession mais malgré une enquête emberlificotée, Ellroy réussit une fois encore à entraîner le lecteur dans son univers sordide.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 10 Mars 2022, 11:21bouillonnant dans le chaudron "Littérature".