Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Jekyll and Hyde saison 1 épisode 1: The Harbinger
Robert Jekyll, petit-fils du célèbre Henry Jekyll, ignorant tout de ses origines, a grandi à Ceylan où il a été élevé par le docteur Najaran. D'un tempérament aimable et doux, il est néanmoins en proie à des pulsions violentes qu'un traitement pharmaceutique l'aide à contrôler. Après avoir eu les honneurs de la presse en sauvant une jeune fille, Robert attire sur lui l'attention de l'avocat londonien Max Utterson, mais également de deux organisations secrètes rivales.

Comme je l'ai déjà mentionné à l'occasion, mes articles sur les séries sont soit des bilans saison par saison, soit des critiques portant sur leur intégralité, et à de rares exceptions près, des reviews épisodes par épisodes, quand il s'agit de séries que j'attendais particulièrement et dont je dois donner mes impressions étapes par étapes ou auxquelles je suis particulièrement attachée. Je n'attendais pas particulièrement Jekyll and Hyde et il est encore un peu tôt pour dire qu'il s'agit d'un coup de cœur. J'ai néanmoins envie de parler de ce premier aperçu et mon système habituel est un peu trop rigide. Je n'écrirais peut-être pas un article par épisode comme pour Doctor Who, mais il est temps que j'assouplisse un peu ma manière de faire et parle un peu de temps en temps des pilotes visionnés, de faire le point en milieu de saison ou de donner un rapide panorama de mes découvertes du moment. Foin des règles qu'on s'impose à soi-même sans véritable raison, soyons fous!.

Quand j'ai vu passer le synopsis de cette série diffusée par ITV il y a quelques mois, pourtant, j'ai juste vaguement levé les yeux au ciel malgré quelques noms au casting qui me sont bien sympathiques, parce que le descendant de Jekyll et Hyde traqué par une société secrète intéressée par ses capacités, on y a eu droit dans la très bonne mini-série écrite par Steven Moffat, Jekyll, où James Nesbitt s'en donnait à cœur joie. Et encore, l'aspect société secrète de l'intrigue, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus intéressant. Mais malgré les points communs, j'ai été finalement attirée par l'implantation dans les années 30 et les intentions du créateur, Charlie Higson (auteur réputé de romans pour la jeunesse dont je n'ai lu que The Beast of Babylon, une nouvelle mettant en scène le neuvième Docteur et qui avait un charmant petit twist). Et à l'issue de The Harbinger, malgré les défauts, je ne le regrette pas.

On est ici dans une orientation très aventures/actions/horreur pulp, avec une dimension super-héroïque (qui affleurait déjà dans Jekyll). L'incroyable Hulk étant en partie inspiré du court roman de Stevenson, c'est finalement logique que certaines adaptations boucle la boucle. Quand je parle d'horreur pulp, cela reste de l'horreur grand public, la série étant diffusée à 18h30. Il y a d'ailleurs une mini-polémique suite à la diffusion à cet horaire, menée principalement par le Daily Mail (garantie de sérieux et d'éthique s'il en est) qui juge ce premier épisode bien trop violent et "gore" pour un jeune public. Une tempête dans un verre d'eau car les morts ont lieu hors champs, en fait de gore il n'y a pas une seule goutte de sang, et ce n'est pas plus effrayant que des séries pour ados comme Buffy ou certains épisodes de Doctor Who, sans parler des scènes les plus graphiques des Indiana Jones. Bien sûr, certains jeunes spectateurs sensibles pourront être impressionnés mais les enfants sont parfois effrayés par des images qui semblent innocentes aux adultes et se repaissent d'histoires d'horreur qu'on jugerait hors de leur portée. Je pense que Charlie Higson connait son public et qu'il a raison de camper sur ses positions. On verra bien lundi prochain si le choix de programmation va sceller le destin de la série ou si tout ce battage pour pas grand chose aura fourni une publicité gratuite.

Or donc, cet épisode, justement, qui après une courte introduction dans le Londres de 1885 et un fort joli générique alliant esthétiques steampunk et art déco nous plonge dans le vif du sujet. Il a pas mal d'atout. Le premier, et non le moindre, c'est son ambiance. Il faut parfois au spectateur un moment pour s'adapter à une série et entrer dedans, mais il faut parfois aussi à l'équipe créatrice du temps pour trouver le bon ton, ce qui peut lui demander une saison entière, quand elle le trouve. Ici, j'ai eu l'impression qu'il n'y avait aucun tâtonnement de ce point de vue, qu'Higson sait parfaitement ce qu'il veut faire et que son équipe le suit, et j'ai donc eu l'impression de me trouver devant une bonne vieille bande dessinée d'aventures, un truc à la Blake et Mortimer (en moins rigoureux) qui mélange allégrement divers genres, avec un petit côté suranné lié au Londres embrumé, au Ceylan de carte postale, aux trajets en bateau illustrés par une ligne sur une carte façon Indiana Jones (une des référence, même si pour être honnête, on est tout de même plus proche de La Momie de Sommers pour l'instant), et à la caractérisation très typée des personnages.

De ce point de vue, les seconds rôles promettent d'être savoureux. Comme souvent dans les pilotes, on présente très brièvement les principaux personnages, et il est encore tôt pour se faire une idée, mais Max Utterson et son assistante dégourdie Hils (Christian McKay et Ruby Bentall) paraissent être de futurs comparses agréables pour le héros tandis que les deux organisations secrètes semblent aussi intéressantes. Le MIO dépend du gouvernement et est chargé de traquer des monstres (le harbinger du titre est assez... spécial) tout en en employant elle-même (jespère qu'on reverra Mr Wax). Une jeune recrue galloise interprétée par Tom Rhys Harries sert de point d'entrée au spectateur, mais c'est surtout son chef, Bulstrode, qui retient l'attention. Déjà, parce que c'est Richard E. Grant qui le joue, ensuite parce qu'il a l'air dans la lignée de ces chefs de services d'espionnage britanniques à la fois coincé et plein d'humour que j'aime à croiser dans les fictions. Dans le camps opposé, on a une organisation de vilains monstres, appelée Tenebrae histoire qu'il n'y ait pas d’ambiguïté sur ses intentions hostiles. Son principal agent est le capitaine Dance. Il n'apparait que quelques minutes mais s'annonce déjà comme un méchant comme je les aime. Pas seulement parce que c'est Enzo Cilenti qui le joue et que je n'espérais pas le voir en antagoniste principal tant il est souvent relégué à de petits rôles, mais parce que c'est un type de vilain assez réjouissant, le genre qui reste courtois tout en commettant les pires horreurs, façon colonel Olrik. Rien que du très classique, comme on le voit, mais du classique amusant à souhait, qui ne tombe pas dans la parodie ou un second degré purement cynique tout en n'étant pas complètement à prendre au sérieux.

Pour l'instant, les deux autres personnages féminins en dehors de Hils sont trop brièvement introduites pour qu'on se fasse une idée et il faut espérer qu'on aille au-delà de l'idée de réserver Lily, la fille bien comme il faut à Jekyll et Bella la tenancière de bar à Hyde. Quant à Tom Bateman, je n'en ai pas encore parlé alors qu'il joue les rôles titres, car je suis encore un peu réservée à son égard. Il s'est sorti honorablement de la première saison de Da Vinci's Demons ce qui me laisse penser qu'il est loin d'être dépourvu de talent. Il ne s'en tire pas mal pour l'instant en Jekyll gendre idéal et en Hyde le bad-boy, mais n'est pas vraiment effrayant dans ce dernier rôle pour l'instant (malgré un léger moment de malaise fort réussi lors du sauvetage du début, où le côté Hyde affleure brièvement). Il n'est pas aidé par la mise en scène et c'est là qu'on arrive à ce qui pour moi est le gros défaut de l'épisode. Pas forcément ce qui va plomber la série mais qui pourrait de beaucoup tempérer le plaisir qu'on a à la voir.

Malgré les moyens à l'écran (les scènes à Ceylan ont vraiment été tournées au Sri Lanka), la réalisation de Colin Teague est assez peu inspirée et si cela passe la plupart du temps, les scènes de bagarre sont illustrées avec force de ralentis qui comme souvent servent de cache-misère quand on ne peut pas filmer un combat lisible et qui n'icônise pas le personnage principal. Alors que la série compte visiblement exploiter les capacités athlétiques de Hyde, cela s'annonce gênant.

En dépit de ce bémol dont il reste à voir à quel point il sera envahissant, on a là une bonne surprise. Une série qui ne s'embarrasse pas de finesse psychologique, avec des personnages sympathiques et des méchants très méchants, mais qui mélange des ingrédients connus avec une bonne dose de savoir faire, horrifique mais pas trop, amusante sans tomber dans l'humour souvent un peu trop puéril de Merlin ou d'Atlantis (ou même parfois de Doctor Who) et dont l'ambiance de serial un peu désuet contribue en grande partie à son charme.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 29 Octobre 2015, 18:43bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".