Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Potion précédente-Potion suivante
Jekyll and Hyde, bilan de la saison 1
À peine arrivé à Londres pour en découvrir plus sur son grand-père, Robert Jekyll a attiré l'attention du MIO, branche des services secrets britanniques spécialisée dans la traque des monstres, et s'est transformé pour la première fois en son alter-ego, Hyde. Pour compliquer encore sa situation, Tenebrae, une organisation de créatures surnaturelles malintentionnée, a envoyé à ses trousses son meilleur agent, le capitaine Dance.

Jekyll and Hyde fait partie de ces séries sur lesquelles je n'aurais pas misé un kopeck sur la base des premiers aperçus et du synopsis et je m’apprêtais à la suivre sans enthousiasme pour les beaux yeux d'un acteur, comme avec Alexander Vlahos et Versailles. Le premier épisode s'était révélé une heureuse surprise. Si certains points laissaient à désirer, le ton général et l'approche choisie m'ont tout de suite accrochée et la suite de la saison tient ces promesses car de nombreux atouts ont continué de me tenir en haleine. Bien que certaines critiques (notamment sur Cultbox) aient été positives et qu'il n'y a pas eu que des réactions hostiles, j'avoue que je me suis sentie tout de même un peu seule dans mon appréciation du programme.

Je parlais dans mon précédent article du fait qu'Higson et son équipe savait dès le départ quel ton adopter et ce qu'ils voulaient faire exactement, malheureusement, même en mettant de côté les polémiques liées à la supposée violence du contenu (d'autant plus ridicules que La Momie et Le Retour de la Momie ont été diffusés juste avant deux épisodes, et que c'est exactement le même niveau d'horreur et de violence), la confusion régnait du côté d'une bonne part du public. Évidemment, on peut ne pas du tout aimer cette série qui n'est pas sans défauts, loin de là. Mais un exemple assez représentatif était une critique récurrente vis-à-vis du personnage de Lily, à qui on reprochait de porter toujours la même robe. Un minimum d'attention aurait suffi pour remarquer que tous les personnages n'ont qu'une seule tenue, ou deux quand les circonstances l'exigent (tenues de soirées pour Dance, Fedora et Bella, costumes plus légers au Sri Lanka pour Robert et Ravi). Même après que Higson ait mentionné sur twitter que le choix était délibéré, la critique réapparaissait et l'explication était dédaigneusement balayée. Or, ce choix colle tout à fait à l'ambiance choisie de bandes dessinées un peu old school. Il ne viendrait pas à l'idée de critiquer les personnages de Tintin pour le manque de fantaisie de leur garde-robe mais que les personnages de la série aient un code vestimentaire précis était visiblement impossible à accepter et source de dérision. Devant ce genre de réactions, on peut se demander d'où vient le problème puisque ce n'est pas de l’œuvre elle-même. La chaîne l'a-t-elle mal vendue (jusqu'à l'annonce des horaires de diffusion, rien n'indiquait qu'elle était destinée à un créneau pour série familiale, auquel elle appartient pourtant parfaitement)? Une partie du public est-elle tellement habituée à ce qu'on lui mâche le travail qu'elle est incapable de réfléchir quelques minutes quand on ne lui propose pas exactement ce qu'elle attend?

Mais parlons plutôt de la série elle-même. Un de ces atouts est d'avoir choisi un format feuilletonnesque, rare pour une série familiale où l'on a souvent des doubles épisodes occasionnels et un fil rouge, mais guère plus (la saison 2 d'Atlantis s'y essayait mais plus timidement). L'avantage de cette décision est tout d'abord d'éviter de tomber dans une série d'épisodes formatés autours d'un monstre de la semaine. Monstres de la semaine il y a, certes, mais ils ne sont pas toujours au centre de l'intrigue (ce qui, dans le cas du Cutter par exemple, est une bonne chose) et quand c'est le cas, ils ont un impact direct sur le développement de l'histoire principale. Ainsi, l'avant-dernier épisode mettant en scène un incube aurait pu être un simple filler en attendant le final, mais la créature a une importance pour amener l'épisode suivant et n'est pas là pour le remplissage. De plus, cela permet des rebondissements inattendus, l'épisode 4 amenant des éléments dignes d'une fin de saison pour mieux permettre de rebondir dans une autre direction, laissant un temps Tenebrae en retrait pour mieux mettre en valeur la relation entre Jekyll et le MIO ou introduire de nouveaux personnages.

Malheureusement, le revers de ce choix donne quelques scènes d'exposition un peu maladroites dans les premiers épisodes (Bulstrode et Sackler ont l'air de poursuivre la même conversation tandis que Dance voyage de Ceylan à Londres par bateau dans l'intervalle) et un sentiment de frustration de voir certains personnages mis de côté trop longtemps alors qu'on aurait aimé les voir davantage.

Un autre point positif vient des personnages. Il est rare que je les aime tous à ce point, quel que soit leur camp, mais c'est le cas. Au premier abord, l'idée de réserver la gentille fille, Lily, pour Jekyll, et la fille de mauvaise vie, Bella, pour Hyde, me paraissait assez peu attrayante. De plus, le couple Lily/Jekyll ne fonctionnait pas du tout. Mais les deux personnages tirent leur épingle du jeu en ne se contentant pas d'être des intérêts amoureux et Lily, dont on devine dès le départ qu'elle cache quelque chose, est beaucoup plus convaincante une fois qu'elle a abattue ses cartes. Les autres, Hils, Ollala, Renata, ont toutes une forte personnalité qui s'exprime de façon différente, et j'aime beaucoup l’ambiguïté d'Ollala.

Les personnages masculins sont aussi accrocheurs dans leur genre. C'est peut-être avec Jekyll/Hyde que j'ai le plus de mal. Dans le premier épisode, on laissait voir lors du sauvetage de la fille au début un aspect très inquiétant de Hyde, mais finalement ce dernier se révèlera assez inoffensif, un bad-boy aimant faire le coup de poing mais plutôt sympathique. Tom Bateman fait du bon travail lorsqu'il s'agit d'adopter une posture et une voix différente (le côté bestial passe nettement moins bien) mais il reste limité par cette vision du personnage, qui rappelle qu'après tout, ça reste une série d'aventures tout public et pas un sombre thriller psychologique. Mais dans ce cadre, il s'en tire avec les honneurs. Ravi et Utterson sont attachants et beaucoup moins boulet qu'on aurait pu le craindre, le premier se rendant régulièrement utile tout en étant souvent mis en danger. Les membres du MIO font de bons antagonistes/alliés d'occasion, à la fois sympathiques et agaçants dans leurs méthodes, et les méchants remplissent bien leur rôle. Mark Bonnar en lord Protheroe campe un personnage antipathique à souhait et on sent que les scénaristes se sont fait plaisir avec ce magnat de la presse (le Daily Mail n'ayant pas attendu son arrivée pour descendre la série, ça ne le rendait que plus jouissif). C'est exactement le type de méchant que j'adore détester, que personne ne peut sentir y compris dans son propre camp, et que l'on souhaite voir maltraité par ses ennemis ou ses alliés. Les sbires sont moins convaincants, atteints d'une inefficacité chronique mais c'est surtout le couple formé par Dance et Fedora qui a emporté mon adhésion. Certes, j'étais partie pour être conquise mais ce couple de monstres ravis d'en être était assez réjouissant à voir évoluer, même dans de pures scènes d'exposition et le dernier épisode apportait un aspect intéressant à leur relation (Dance est plus ou moins immortel et tout dévoué à Tenebrae, Fedora condamner à vieillir très humainement et ferait n'importe quoi pour son amant, ce qui apporte un décalage entre les deux qu'il serait intéressant de creuser.)

La joie de Dance à l'idée d'avoir Protheroe près de lui est palpable

Enfin, la mythologie proposée est assez intéressante. En plaçant l'intrigue dans les années 30, Higson renvoie à la vague de films de monstres produits par Universal et propose de revisiter à sa façon une partie du bestiaire: loups-garous, vampires, parfois d'une manière classique (dans l'épisode 5, Black Dog) parfois inattendue (le vampirisme dans l'épisode 8 Moroii), parfois sans avoir l'air de rien (ce n'est jamais dit de façon explicite mais certains indices renvoient Dance à la momie). J'ai été particulièrement heureuse de découvrir une légende urbaine anglaise que je ne connaissais pas, Spring-Heeled Jack (apparemment connu chez nous comme Jack Talons à Ressort) dont le costume steampunk ne pouvait que me séduite.

Hélas, si l'on a parfois des facilités d'écriture (notamment dans les erreurs basiques des grands méchants) qui peuvent s'inscrire dans la démarche de l'hommage aux vieux illustrés et aux serials d'antan mais n'en restent pas moins des facilités, il faut évoquer le principal problème de la série, sa mise en scène. Je l'avais déjà relevé dans l'épisode 1, mais malgré un léger mieux après le départ de Colin Teague, cet écueil demeure. Le budget a été conséquent et les effets spéciaux sont plus que correct, les décors soignés entre le Sri Lanka et les intérieurs art déco et la photo est plutôt belle. Hélas, dès que l'on se frotte à une scène de bagarre, difficile de ne pas être au moins légèrement embarrassé, quand bien même on accepte d'être devant un spectacle volontairement suranné. Comme avec Doctor Who on a un fragile équilibre entre le kitsch assumé et charmant et le complet ridicule et quand cet équilibre est rompu, on croise les doigts pour que ça passe vite. C'est notamment le cas à la fin de l'épisode 3 où l'affrontement avec le Cutter tombe à plat. D'accord, il y a du second degré dans la série, indéniablement (après tout on a un méchant qui case des références aux Clash dans ses répliques et renvoie ses hommes dans une parodie meurtrière de The Apprentice) mais c'est désespérément mou et ce défaut fait souvent retomber les scènes d'affrontements. Ce n'est heureusement pas le point principal de la série, mais tout de même.

Néanmoins, on a vu des séries nettement plus percluses de défauts d'écriture et de mise en scène bénéficier de plus d'indulgence au point d'être renouvelées (*tousse* BBC Robin Hood *tousse*) et cette saison se termine de façon très ouverte (le monde est sauvé, le sort de nombres de personnages incertains) avec plusieurs points potentiellement intéressants à développer. S'il est une série qui mérite qu'on lui donne une chance, c'est bien celle-ci, mais pour l'instant ITV est restée très vague sur son avenir (certains trucs ces dernières semaines ont laissé espérer un renouvellement, mais rien n'est dit et les audiences sont faibles. Un soutien de la chaîne dans ces circonstances serait admirable, mais il faudrait être très optimiste pour compter là-dessus.)
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 28 Décembre 2015, 16:33bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".