Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Jean-Christophe & Winnie
Jean-Christophe Robin a laissé derrière lui la Forêt des Rêves Bleus et ses amis Winnie l'Ourson, Tigrou, Bourriquet et tous les autres. Après la Seconde Guerre Mondiale, il est employé de bureau et délaisse sa femme et sa fille au profit de son travail. Un week-end bien particulier va le faire renouer avec son enfance.

Pour moi, Winnie l'Ourson est avant tout un programme que je regardais très jeune, présenté par Jean Rochefort, où les personnages étaient joués par des acteurs déguisés et dans lequel Jean-Christophe (ou Christopher) n'apparaissait pas. J'ai vu des épisodes du dessin animé quelques années plus tard sans qu'ils me laissent un souvenir marquant, et je n'ai jamais lu un des livres de A.A. Milne. Aussi, malgré la nostalgie à la pensée de cette série précise, je n'ai pas d'attachement particulier ni de grandes connaissances de cet univers. Le film de Marc Forster imagine une suite aux aventures de Jean-Christophe et ses compagnons, où le premier retrouvera son âme d'enfant grâce aux seconds. Un concept peu innovant mais pourquoi pas, après tout, un Jean-Christophe Robin adulte est une idée moins absurde qu'un Peter Pan.

Quoiqu'il en soit, il y a de quoi être déconcerté par le ton du film. Bien entendu, il faut montrer que le héros mène une vie sans aucune fantaisie et le Londres d'après-guerre s'y prête idéalement, pour mieux le confronter à ses aventures oubliées, mais la première partie du film est lente, et l'ambiance tellement dépressive qu'il n'est pas certain que les plus jeunes spectateurs embarquent facilement dans l'histoire. Quant aux plus âgés, cela peut fonctionner peut-être si Winnie et ses amis représentent davantage à leurs yeux qu'aux miens.

Le plus gros problème, c'est que l'irruption de Winnie dans la vie surchargée de travail de Jean-Christophe ne convoie pas la sensation de merveilleux qu'elle devrait. La maladresse de l'ourson ne provoque pas l'avalanche de gags savamment orchestrée d'un Paddington, et sa naïveté empreinte d'une sagesse simple agace même alors qu'on sait qu'il est ce dont Jean-Christophe a besoin. Or on a au départ surtout envie de le renvoyer chez lui vite fait à coups de pied dans le train, ce qui n'est pas forcément le but envisagé. En fait il faut que Winnie s'éclipse et laisse le champ à Bourriquet pour que le film trouve un bon tempo et devienne amusant. J'ai d'ailleurs constaté que lorsque j'étais petite, Tigrou était mon personnage préféré et je n'accrochais pas du tout à l'âne que je trouvais juste triste et ennuyeux mais à présent je goûte nettement plus l'humour associé à un personnage résigné à voir le monde sous l'aspect le plus tragique (Dolorous Edd lui doit tout) que celui de Tigrou qui m'a vite gonflée.

La deuxième partie plus enlevée est donc plus réussie, et les habitants de la Forêt des Rêves Bleus sont très bien faits (on peut cependant se demander pourquoi certains ont l'aspect de peluches et d'autres comme Coco Lapin et Maître Hibou non). Le casting est sympathique bien que sous utilisé à l'exception d'Ewan McGregor (Hayley Hatwell n'a pas à trop forcer son talent, Mark Gatiss fait le job comme semblant d'antagoniste et on a droit à une petite scène entre Mackenzie Crook et Simon Farnaby, et voilà).

Jean-Christophe & Winnie est donc un drôle de film, tout public mais qui donne l'impression par moment de ne pas savoir vraiment à qui il s'adresse, dont la sauce met du temps à prendre mais pas totalement dépourvu de charme au final.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 8 Novembre 2018, 17:30bouillonnant dans le chaudron "Films".