Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Hugo Cabret
En 1931, Hugo Cabret, un jeune orphelin, a trouvé refuge dans la Gare Montparnasse, dont il remonte scrupuleusement les horloges. Il tente de réparer un automate qu'il tient de son père en volant des pièces dans l'échoppe de Papa Georges, un marchand de jouets. Quand celui-ci lui confisque le carnet de croquis renfermant les secrets de l'automate, Hugo se met en tête de le récupérer, avec l'aide d'Isabelle, la filleule de Georges. Ils vont découvrir que ce dernier est bien plus qu'un simple boutiquier.

Lorsqu'un réalisateur ou un acteur a bâti sa notoriété sur une filmographie destinée à un public adulte, vient un jour le moment, quand il se retrouve avec des enfants encore jeunes, de vouloir leur faire découvrir de quoi papa est capable sans les traumatiser au passage. Cela peut en conduire certains à jouer les pirates dans la transposition à l'écran d'une attraction de parc Disney, dans le cas de Martin Scorsese, il s'est penché plus classiquement sur l'adaptation de L'Invention de Hugo Cabret de Brian Selznick, un roman abondamment illustré par l'auteur lui-même. Un petit orphelin assisté par une vaillante jeune fille à la recherche d'un mystérieux secret, une abondance de décors numériques (mais pas que...), de la 3D, une affiche aux tendances bleues et ors annonçant un grand film de Noël: tout le cahier des charges du film de fin d'années pour toute la famille semble être respecté et le véritable long-métrage, avec ces paramètres en tête, est donc déconcertant.

Le rythme est lent, les premières minutes nous faisant découvrir l'univers de la gare dans lequel évolue Hugo côté quais et côté coulisses sans trop de dialogues, c'est impressionnant visuellement mais avec un enjeu qui reste longtemps nébuleux, un burlesque au travers du personnage joué par Sacha Baron Cohen dont la mécanique n'est pas aussi maîtrisée qu'on pourrait l'espérer, on peut alors se demander si les plus jeunes spectateurs, au-delà des belles images, vont vraiment être emportés par l'histoire, la grande aventure que se promettent Hugo et Isabelle prenant son temps pour démarrer. Le film trouve vraiment son souffle quand on entre réellement dans le vif du sujet et qu'on comprend pourquoi ce dernier tenait à cœur au réalisateur, au-delà d'un joli cadeau à sa fille: c'est un film sur Méliès, sur le cinéma, ses pionniers, et l'importance de conserver leur œuvre et la faire partager.

Scorsese qui pendant la première moitié du film se faisait plaisir techniquement mais semblait garder une certaine distance avec des personnages fonctionnels (le jeune héros aux grands yeux, le "méchant" menaçant mais un peu ridicule, le vieux grincheux...) les fait enfin vraiment vivre pour parler de ce qui l'intéresse vraiment, de sa passion et de comment il la vit: Hugo est le jeune garçon pour qui le cinéma est un moyen d'évasion et auquel il doit ses meilleurs souvenirs auprès d'un père trop tôt disparu, Méliès celui qui a voué sa vie à ses films alors qu'il s'était orienté vers une autre carrière et qui souffre de tomber dans l'oubli, René Tabard l'auteur qui cherche à préserver son œuvre et à la faire connaître: le spectateur, le réalisateur, l'historien du cinéma, trois facettes de la cinéphilie indispensables à son existence et à sa transmission, trois facettes de Scorsese aussi.

Les reconstitutions des plateaux de tournage et des films de Méliès apportent une nouvelle poésie au film et les personnages et leurs interprètes se montrent tous très touchants, en particulier Asa Butterfield et son regard perçant, Ben Kingsley en Méliès qui va retrouver sa raison d'être, feue Helen McCrory dans le rôle de sa muse, et Michael Stuhlbarg en fan n°1 du maître. Le reste du casting n'est pas en reste avec une petite apparition de Christopher Lee en libraire bienveillant, Richard Griffith et Frances de la Tour ou encore Chloë Grace Moretz, qu'on ne voit plus trop dans des projets intéressants et c'est dommage (enfin si ça se trouve c'est juste moi qui passe à côté).

Hugo Cabret est un film qui souffre de son aspect bâtard, entre divertissement à grand spectacle pour toute la famille avec lequel Martin Scorsese semble gêné aux entournures et hommage personnel au cinéma et à ses fondateurs, où il est parfaitement dans son élément. La sincérité du projet l'emporte néanmoins sur la maladresse de la première moitié et en résulte un beau film imparfait.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 28 Décembre 2021, 13:48bouillonnant dans le chaudron "Films".