Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Downton Abbey, le film
Branle-bas de combat à Downton Abbey! George V et la reine Mary s'invitent pour une nuit dans la belle demeure du Yorkshire. La domesticité s'active et se retrouve contrariée de se voir vite mise sur la touche par les valets des têtes couronnées. Du côté des maîtres, ça s'agite aussi, Violet en particulier voyant d'un mauvais œil l'arrivée de la dame de compagnie de la reine, Maud Bagshaw, cousine du comte dont il doit hériter, mais qui a d'autres projets.

Aaah, Downton Abbey! C'est avec un petit pincement au cœur qu'on avait dit adieu, à la Noël 2015, aux Grantham et à leurs employés, alors que tout ce beau monde chantait Auld Lang Syne, tous leurs problèmes réglés. Néanmoins, les dernières saisons tiraient à la ligne, il était largement temps que ça se termine, et on avait une conclusion en bonne et due forme. Aussi, l'idée d'un film avait de quoi susciter quelque méfiance, le besoin d'entretenir une flamme qui n'en demandait pas tant, de trouver moyen d'exploiter encore plus longtemps un succès. Et maintenant que le film est sorti, il correspond exactement à ce que l'on pouvait en attendre. Pour autant, est-ce un défaut? Pas vraiment.

Le prétexte est mince: la visite royale va créer quelques émotions upstairs et downstairs, susciter du rire et des larmes, permettre aux uns et aux autres de s'illustrer soit derrière les fourneaux soit en sauvant le roi lui-même, et on a un poil de romance pour les rares personnages qui n'étaient pas encore casés à la fin de la série. Même si le côté choral de l'ensemble est parfaitement géré, tout le monde n'a pas le même temps à l'écran (aucun Bates ne trouve moyen de se retrouver derrière les barreaux, décidément tout se perd...), et on ne cherche pas à montrer tout le monde (pas de Lady Rose, notamment, un Matthew Goode qui se fait attendre et un Mark Addy seulement là le temps d'une scène, tout excité par la visite royale, ce qui ne manque pas de piquant quand on pense à la dernière à laquelle il a été associé).

Le conservatisme de Julian Fellowes, le créateur de la série, était de plus en plus perceptible à chaque saison, aussi ne jouera-t-on pas les surpris devant un film qui encore une fois célèbre le statu quo, Tom Branson ayant définitivement étouffé tout sentiment de rébellion, au point d'apporter son aide à la famille royale à deux reprises sur des terrains bien différents. On admet les républicains tant qu'ils ont le bon goût de se borner à quelques réflexions suffisantes pour les trouver pittoresques, mais surtout, pas de vague ni de contestation de l'ordre établi!

Fair enough, on sait où l'on met les pieds. Là où Fellowes pousse le bouchon un peu trop loin en revanche, c'est de coller sur le dos d'une domestique la responsabilité de la réputation de la reine Mary de partir avec les bibelots qui lui avaient tapé dans l’œil lors de ses séjours chez les aristos du coin. Il eut été préférable de ne pas aborder le sujet du tout. D'ailleurs George V et la reine Mary ont l'air de gens super sympa et compréhensifs, on se demande vraiment comment ils ont pu faire autant de dégâts chez leurs enfants en les voyant.

Heureusement, on a une Violet Crawley qui a fait provision de bonnes répliques et un petit affrontement entre Maggie Smith et Imelda Staunton ne se refuse pas. La rivalité entre les domestiques des deux maisonnées, même si elle est outrancière, recèle de bons moments d'humour, et on nous rassure sur le fait que cette fois-ci, c'est pour de bon, c'est bien la fin et on n'abusera pas au-delà de ce dernier tour de piste.

Ce Downton Abbey sur grand écran remplit donc parfaitement son contrat: c'est un bonbon pour les fans, qui ne chamboule rien de l'univers, loin s'en faut, qui permet brièvement de renouer avec les personnages sans les exposer à de grandes tragédies. Totalement inoffensif, probablement totalement dispensable aussi, mais en même temps, pourquoi bouder son plaisir?
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 26 Septembre 2019, 22:46bouillonnant dans le chaudron "Films".