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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Doctor Who: The Star Beast
Sous une nouvelle incarnation mais doté d'un ancien visage, le Docteur atterrit à Londres où il ne tarde pas à croiser la route de Donna Noble. Terrifié à l'idée de raviver chez elle le souvenir de leurs aventures et d'entrainer sa mort, il la fuit mais l'arrivée d'un alien poursuivi par d'autres créatures va le mener à refaire équipe avec son ancienne compagne de voyage.

La période Chibnall/Thirteen aura été difficile, avec des épisodes basiques et pourtant laborieux et d'autres ambitieux mais qui partaient dans tous les sens, des compagnons qui peinaient à exister et s'intégrer dans les intrigues et une Docteur trop souvent passive pour soulever l'enthousiasme. De plus, personne parmi l'équipe de scénaristes ne se détachait du lot pour qu'on puisse y voir un successeur potentiel. Ce qui explique probablement le retour de Russell T. Davies, l'homme qui a su relancer Doctor Who pour une nouvelle génération il y a près de vingt ans. L'homme qui aussi confiait à la fin de The Writer's Tale qu'il allait piquer une crise s'il devait encore écrire un scénario avec "int. spaceship" écrit dedans. Depuis, il s'est ressourcé dans des projets différents, a tout de même écrit un épisode de The Sarah-Jane Adventures dans lequel apparaissait Eleven, bref, il est prêt pour de nouvelles aventures.

Il a la lourde tâche d'assurer les célébrations du 60e anniversaire (The Day of the Doctor me semble dater d'hier!), cette fois au moyen de trois épisodes spéciaux permettant la transition vers le nouveau Docteur incarné par Ncuti Gatwa. Qui finalement sera le quinzième Docteur puisque David Tennant ne rejoue pas Ten mais Fourteen. D'emblée, on retrouve un univers familier mais surtout le sentiment de s'amuser qu'on avait perdu en route. Dès l'échange entre Shaun et Fourteen à propos de Nerys, on retrouve l'humour, les répliques qui fusent, un charme qui ne tenait pas seulement aux intrigues proposées. Celle du jour, basée sur un comics de Pat Mills et Dave Gibbons, impliquant une adorable créature, Meep, poursuivie pour sa fourrure, est tellement simple qu'il est aisé de deviner le tournant de l'épisode. Meep est néanmoins très réussie et suscite quelques francs éclats de rire (les peluches!). Les interactions entre le Docteur, Donna et Sylvia sont de nouveau un bonheur et s'il était risqué de revenir sur la tragédie de la fin de la saison 4, la solution peut paraître convenue mais suffisamment habile pour qu'on l'accepte. Enfin, le nouveau décor du TARDIS est très élégant (jamais l'intérieur n'a semblé aussi vaste!) et la musique épique de Murray Gold m'avait manquée.

Même s'il se hisse sans problème au-dessus de la plupart des épisodes des saisons précédentes, The Star Beast n'est pas sans comporter quelques faiblesses. Bien qu'indépendant, il forme la première partie d'un trio d'épisodes anniversaire et cela ne se ressent pas du tout. Ces derniers sont traditionnellement multi-Docteurs, hors ici seul Tennant fait son retour et avec celui de Donna, Davies semble moins rendre hommage à l'Histoire de la série qu'à la sienne. La suite devrait cependant s'étoffer au niveau des anciennes figures, du moins je l'espère, et il faut noter qu'à ce niveau le dernier épisode de Chris Chibnall lui avait peut-être coupé l'herbe sous le pied. David Tennant dans le rôle d'une incarnation différente de Ten est un bon moyen de tenir compte de l'âge qui commence à se remarquer et colle avec l'apparition de Tom Baker dans The Day of the Doctor. Cependant, avec non seulement le même visage mais aussi les mimiques et un costume très voisin de ceux que Ten portait, il est difficile de vraiment réaliser qu'il s'agit d'un autre Docteur (plus posé, peut-être?). Le temps lui étant compté, il n'est pas sûr que le développement soit suffisant pour que ses particularités soient perceptibles mais peut-être est-ce trop attendre d'un Docteur de transition.

Une des grosses faiblesses de The Star Beast réside hélas dans ce qui s'avère être un personnage crucial, Rose Noble, la fille de Donna et Shaun. Yasmin Finney n'est tout simplement pas bonne, traversant l'épisode avec très peu d'expressions comme si elle était à peine consciente des événements, un petit sourire de temps en temps, un air perplexe à d'autres, à croire qu'on l'a invitée par surprise à un escape game et qu'elle suit le groupe sans trop comprendre mais pourquoi pas, alors que ça mitraille de tous les côtés. Même sa réplique où elle s'émeut de la mort potentielle de tous les Londoniens est délivrée sans la moindre passion. Pour sa défense, son personnage est assez creux et sans aspérité (elle veut monter dans le TARDIS, Donna s'y oppose et elle ne discute même pas!). On sent que Russell T. Davies a à cœur de passer un message mais l'ère Chibnall a été celle des messages bien intentionnés assenés avec la subtilité d'une enclume, or ici on est exactement dans cette lignée, la couche est rajoutée sur le surlignage de l'insistance, au point d'alourdir considérablement les dix dernières minutes.

Tout n'est donc pas parfait dans le meilleur des mondes mais cet épisode possède une étincelle qui s'était éteinte ces dernières années et il y a fort à parier que Davies ne faisait que s'échauffer.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 26 Novembre 2023, 11:06bouillonnant dans le chaudron "Whoniverse".