Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Doctor Strange in the Multiverse of Madness
--> Spoilers, au cas où
Stephen Strange fait la connaissance d'America Chavez, une adolescente qui a le pouvoir de voyager d'un univers parallèle à l'autre. Un pouvoir qu'elle ne maîtrise pas et qui suscite bien des convoitises. Pour protéger America, le docteur et cette dernière vont devoir fuir à travers le multivers.

J'ai vu très peu de films et séries estampillés Marvel depuis le lancement du MCU avec Iron Man il y a déjà bientôt quinze ans. Ce n'est pas un boycott délibéré d'un géant qui écrase tout sur son passage mais plutôt un manque d'intérêt au départ pour la plupart des personnages, puis l'impression de se retrouver face à un tel mastodonte que prendre le train en route serait difficile. Doctor Strange de Scott Derrikson est en fait le seul de ces films que je suis allée voir en salle, attirée que j'étais par la nature de sorcier du héros et la présence de Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre (j'ai aussi vu ensuite Les Gardiens de la Galaxie en dvd, la première saison de Jessica Jones because David Tennant et si j'ai été tentée par le dernier Spider-Man pour revoir les méchants de la période Raimi, nostalgie quand tu nous tiens, je n'ai pas trouvé le temps alors et une séance de rattrapage ne me tente désormais plus). J'avais bien aimé le premier film grâce à ses effets visuels et un Benedict Cumberbatch taillé pour le rôle (peut-être un peu trop), malgré une intrigue à base d'origins story sans grande originalité et un méchant qui ne mettait pas très en valeur le potentiel de Mads Mikkelsen. La suite m'intriguait autant qu'elle m'inquiétait.

Scott Derrikson, au volant du deuxième opus, a quitté le navire "pour différends artistiques", et laissé la place à Sam Raimi, ce qui sur le papier était alléchant même si cela faisait un moment que le monsieur n'avait rien réalisé pour le grand écran et que son dernier film n'avait pas reçu un accueil chaleureux. Un succès quasi-obligatoire serait un bon moyen de le remettre en selle mais on pouvait se demander quelle serait sa marge de manœuvre au sein d'une grosse machine bien huilée avec un cahier des charges de plus en plus imposant. De plus, le concept de multivers permet l'apparition de variants de personnages connus et les rumeurs d'un défilé de personnages en tout genre joués par les grands noms d'Hollywood laissait craindre un film foutraque prétexte à un festival de caméos, l'équivalent super-héroïque du Casino Royale de 1967.

Le produit fini n'est pas sans défauts mais il évite ce travers. Avant toute chose, quelqu'un qui n'a pas suivi tous les développements depuis le précédent Doctor Strange peut-il le suivre sans encombre? Quasiment, il suffit de savoir que dans les derniers Avengers, dans la lutte contre le méchant Thanos, une partie de la population a été effacée pendant cinq ans avant d'être rétablie, et que le docteur a ensuite ouvert une brèche vers des univers parallèles (la bande-annonce de Spider-Man No Way Home suffit, là encore). J'ai lu ici et là qu'il fallait absolument voir WandaVision pour tout comprendre mais le personnage de Wanda et ses motivations sont établis dans sa première scène. On a finalement une histoire plutôt simple avec des personnages aux raisons d'agir compréhensibles et claires et une thématique forte (Strange et Wanda font face à une souffrance similaire et l'affrontent différemment), on n'abuse pas des caméos et des rencontres avec des doubles, ils font sens dans l'histoire et surtout, on a droit à un gros blockbuster qui ne traîne pas en longueur, se montre rythmé et ne se perd pas en route. Ce n'est pas toujours très joli à regarder mais les univers différents permettent de s'amuser avec les décors, ça se tient bien même si le fait que le film reste un maillon d'une grosse chaîne se ressent ici et là, notamment sur la fin et la première scène post-générique (la toute dernière est humoristique). Il y a des idées amusantes comme le combat musical et d'autres qu'on aurait aimé voir creusée davantage (le zombie Strange et sa cohorte d'esprits maléfiques) mais dans l'ensemble, le spectacle est fun, pas le film d'horreur que certaines critiques, promptes à l'exagération comme beaucoup de premières critiques, annonçaient mais comportant quelques images un peu dégueu ou morbides sans être gores.

Côté casting, Elizabeth Olsen est sans doute celle qui a le plus à faire émotionnellement parlant tandis que Benedict Cumberbatch et Benedict Wong reprennent le costume auxquels ils sont habitués sans effort. La nouvelle venue dans le MCU Xochitl Gomez est très bien (et pas trop pénible compte-tenu du fait qu'elle joue une ado à pouvoirs) tandis que Rachel McAdams a un peu plus à faire que dans le premier film, ce sont les avantages du multivers. On ne peut pas en dire autant de Chiwetel Ejiofor que la fin du précédent Doctor Strange posait comme une future menace d'envergure et dont on apprend que le Karl Mordo que l'on connait et Strange se sont affrontés hors-champs, ne laissant qu'une petit place dans l'intrigue à l'un de ses variants. Il a peut-être été victime des réécritures de scénario quand Scott Derrikson a passé la main à Sam Raimi, ou du fait que dans le plan d'ensemble du MCU il fallait un antagoniste moins spécifique à Strange et plus impressionnant. Il s'en tire toujours mieux que mon chouchou Michael Stuhlbarg, présent pour une petite scène seulement (ou plutôt Michael Stühlbarg comme il est crédité dans ce film: serait-il resté chez lui pour laisser à l'un de ses variants le soin de faire ce petit boulot à sa place?). Il se débrouille tout de même pour avoir son nom en haut de l'affiche, c'est tellement rare que c'est encore plus étrange que ce soit pour ce film-là. Peut-être pour garder la surprise sur des noms et des personnages plus emblématiques, probablement pour d'obscures raisons de contrat, ou pour s'excuser de l'avoir obligé à se lever tôt pour si peu (je dois dire en toute objectivité qu'il met beaucoup de conviction dans ses trois répliques. Profite sagement de ton chèque, champion).

Je n'ai donc pas boudé mon plaisir devant ce nouvel opus des aventures de Stephen Strange même si je ne sais pas si l'on peut dire que le Sam Raimi des grandes heures est de retour (dans le meilleur des cas, le succès commercial déjà en branle devrait lui faciliter d'autres projets, s'il est encore motivé), et si l'on sent tout de même trop par moment sa nature de rouage dans une machine tentaculaire que je m'intéresse peu à voir dans son ensemble.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 8 Mai 2022, 10:23bouillonnant dans le chaudron "Films".