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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Docteur Frankenstein
Clown difforme et maltraité, Igor attire néanmoins l'attention du mystérieux Victor Frankenstein par sa vivacité d'esprit. Celui-ci en fait alors son assistant pour un grand projet, vaincre la mort.

Avec des têtes d'affiches loin d'être inconnues comme Daniel Radcliffe et James McAvoy, la discrétion de cette sortie n'inspirait pas vraiment confiance. Ce bon vieux Frankenstein a été mis à toutes les sauces et cette version s'annonçait encore une fois très libre. On est en effet moins dans une adaptation que dans l'esprit des films de monstres d'Universal ou de la Hammer, ou après un premier volet relativement fidèle, les suites exploitaient le filon jusqu'à plus soif, pour un résultat pas toujours heureux mais pourvu d'un certain charme. L'intérêt de ce film est d'avoir transposé la relation Frankenstein/Créature à Frankenstein et Igor, l'assistant bossu qui n'est pas un personnage de Shelley mais une invention trouvant son origine dans le film de James Whale. Igor doit sa liberté au docteur, le premier à le traiter avec respect et lui faire sentir qu'il est un être humain. D'abord éperdu de reconnaissance, Igor devra néanmoins se rebeller face à son maître quand celui-ci ira trop loin. Daniel Radcliffe se révèle assez touchant dans le rôle du bossu, loin des versions grotesques parodiées par Marty Feldman (on a néanmoins un petit clin d'oeil à Frankenstein Junior quand le personnage joué par Jessica Brown Findley prononce mal le nom du docteur). Quant à James McAvoy, il cabotine joyeusement en Frankenstein, sans que cela soit gênant, au contraire.

Paul McGuigan s'occupe de la réalisation. Il a contribué à donner son identité visuelle à la série Sherlock et on retrouve ici certaines idées comme les plans de coupe anatomique se superposant aux images, ainsi que des caméos de Louise Bealey et Mark Gatiss tandis qu'Andrew Scott hérite du rôle de l'inspecteur traquant Frankenstein. Il y a également du Sherlock Holmes de Guy Ritchie dans la représentation (assez classe bien que très grisâtre) du Londres victorien et l'action pétaradante (en moins tape-à-l’œil néanmoins).

Malheureusement, le film n'est pas une réussite, le scénario de Max Landis (ou ce qu'il en reste à l'écran) accusant plusieurs gros défauts. Le principal est sans doute de donner un traumatisme d'enfance à Victor pour expliquer son désir de vaincre la mort et le rendre plus sympathique. C'est un artifice rebattu et il aurait été plus audacieux de mettre Igor face à un homme à qui il est profondément redevable mais qui utilise cette dette pour le manipuler et est réellement égocentrique et mégalomane. On préfère réduire cela à une belle histoire d'amitié rédemptrice et en même temps, l'épilogue du film laisse entendre que nous avons assisté à un prologue à la véritable histoire (n'attendez donc pas de retrouver ici la Créature de Shelley, vous tomberez de haut), ce qui signifierait que Victor n'a absolument rien appris, donc à quoi bon?

Ce choix aurait encore pu avoir du potentiel quand on oppose Frankenstein à l'inspecteur Turpin, qui comme Victor ne s'est pas remis d'un deuil mais a trouvé refuge dans la religion plutôt que la science. Malheureusement le traitement est caricatural et là où pour Frankenstein cet élément est là pour le rendre humain, tout en perdant toute cohérence à la fin, dans le cas de Turpin, on se contente d'en faire un illuminé inaccessible à la raison, et même quand il s'en prend plein la figure et n'a pas tort dans sa volonté d'arrêter Frankenstein, on le réduit à une figure de méchant effrayant. Le film introduit également un jeune aristocrate joué par Freddie Fox qui finance Victor pour servir ses propres ambitions, mais cette piste tourne court et finalement ne sert qu'à justifier le fait que l'expérience finale ait lieu en Écosse plutôt qu'en plein Londres.

Pourtant, malgré toutes ses imperfections et ses idées parfois potentiellement intéressantes mais mal exploitées, le film est rythmé et se suit sans déplaisir comme une bonne grosse série B, tout en laissant un sentiment de frustration pour s'être montré trop frileux et prévisible.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 1 Décembre 2015, 12:28bouillonnant dans le chaudron "Films".