Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Dark City
John Murdoch se réveille dans la salle de bain d'une chambre d'hôtel, sans souvenirs et le cadavre d'une femme près de lui. Recherché par la police et traqué par d'étranges personnages blafards, Murdoch va découvrir ce qui lui est vraiment arrivé et le secret de la ville dans laquelle il évolue.

Sorti un an avant Matrix, ce film d'Alex Proyas n'est pas sans points communs, et partage même certains décors, avec le premier volet d'une trilogie (qui va apparemment devenir une tétralogie) fameuse, Matrix: un héros réalisant que le monde qui l'entoure n'est pas ce qu'il semble, que sa vie et celles de ses semblables sont télécommandées par des entités non-humaines tandis qu'il se découvre le pouvoir d'influer sur son environnement... L'approche est cependant différente, davantage axée sur l'ambiance de films noirs plutôt que d'action bien qu'on nous réserve un combat final qui annonce celui de Matrix Revolutions: il y a le héros au passé mystérieux, voire inexistant, l'enquêteur déterminé, les hautes instances qui régissent la ville indignes de confiance et une fausse femme fatale, par exemple.

On ajoute à cela évidemment les éléments de SF, entre les manipulations du docteur Schreber et les Étrangers à l'allure inquiétante (je n'avais d'ailleurs même pas reconnu Ian Richardson dans le rôle de Mr. Book). Le casting est réussi, avec un Rufus Sewell adéquatement paumé, un William Hurt au jeu minimaliste en inspecteur chargé d'arrêter Murdoch mais qui comprend vite qu'il y a bien plus à découvrir qu'une simple affaire de meurtre. Kiefer Sutherland hérite de ce qui est sans doute le rôle le plus intéressant, celui du Dr. Schreber, qui en temps normal serait un simple méchant à abattre: le savant qui collabore avec les Étrangers contre les intérêts des humains, maladif, à la diction très particulière... Il va pourtant bien davantage guider le héros que lui nuire au final et a un des parcours les plus complets.

Le principal inconvénient du film tient peut-être à ce qui fait pourtant son sel: l'ambiance poisseuse et nocturne de la ville est réussie, les personnages manipulés ont du mal à exister en temps qu'êtres humains complets puisqu'ils ne sont que des fantoches au passé régulièrement réécrit, ce qui donne à l'ensemble un ton froid et désincarné qui ne facilite pas l'implication, mais c'est l'intrigue qui veut ça. En même temps, l'histoire tourne autour de ce qui fait l'humanité, bien plus d'une simple combinaison de souvenirs limitée à quelque chose d'uniquement cérébral, mais on ne ressent pas vraiment ce quelque chose en plus.

En outre, même si Jennifer Connelly est magnétique, son personnage est extrêmement limité, important surtout pour ce qu'elle signifie pour Murdoch mais pas en elle-même et elle ne participe finalement guère à l'action, ce qui est bien dommage. Il faut toutefois que je précise avoir vu le film dans sa version cinéma et non le director's cut, ce qui peut jouer avec mon appréciation.

Dark City n'est donc pas un film totalement abouti, mais qui malgré le succès éclipsant de Matrix a tout de même réussi avec les années à se tailler une bonne petite réputation qui n'est pas usurpée.

potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 15 Juin 2020, 17:56bouillonnant dans le chaudron "Films".