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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Coup de Théâtre
Dans le West End, en 1953, la distribution de La Souricière d'Agatha Christie fête la centième représentation de la pièce. En coulisse, Leo Kopernick, réalisateur chargé de son adaptation pour le cinéma, est assassiné. Le blasé inspecteur Stoppard et la zélée mais inexpérimentée agent Stalker sont chargés de l'enquête.

Difficile, au XXIe siècle, d'aborder un genre aussi codifié et exploité que le whodunit. Robert Altman et Julian Fellowes ne l'utilisaient que comme un prétexte dans Gosford Park pour se concentrer sur les rapports entre maîtres et domestiques dans l'entre-deux-guerres plutôt que pour résoudre un mystère facilement éventé. Rian Johnson avait attaqué joyeusement le sujet avec À couteux tirés où il s'éloignait rapidement du limier excentrique pour se concentrer sur les efforts de la coupable apparente pour ne pas se faire démasquer. Quant à Kenneth Branagh, il peine à donner un lifting à Hercule Poirot à grand renfort d'effets de mise en scène. C'est également à Agatha Christie que s'attaque Coup de Théâtre, sans adapter une de ses œuvres mais en plantant le décor dans les coulisses de La Souricière, pièce qui se joue sans discontinuer (à part durant le Covid) depuis 1952.

Mark Chappell a élaboré une comédie policière où personnages fictifs côtoient personnalités réelles, comme Richard Attenborough, futur réalisateur de Gandhi et le John Hammond de Jurassic Park, qui jouait dans la pièce à l'époque ou encore le producteur John Woolf, et bien sûr, le spectacle ne serait pas total sans une apparition de la reine du crime elle-même. Le film est rythmé (l'usage des split-screens n'était pas forcément indispensable pour créer du dynamisme et du suspense), le propos permet une mise en abyme intéressante, surtout exploitée lors du deuxième meurtre et le casting, qui comme le veut la tradition aligne des têtes connues (ou assez connues et quelques nouveaux venus), est délicieux, à commencer par Saoirse Ronan en enquêtrice volontaire, Ruth Wilson en impresario aux dents longues ou David Oyelowo en dramaturge précieux. Néanmoins, le parti-pris meta qui marque le désir du film de se détacher du tout-venant des whodunit dévoile aussi ses limites.

On nous annonce ainsi dès le début que quand on a vu un whodunit, on les a tous vu. Le film va alors régulièrement s'employer, par l'intermédiaire des personnages, de présenter avec dédain les ficelles du genre pour bien évidemment les utiliser dans le moment qui suit parfois ou au moins lors du final. Mais, puisque c'est meta, ce n'est pas un manque d'inspiration et de la ringardise mes bons amis, c'est du second degré. On fait ce que l'on critique mais comme on a pleinement conscience de le faire, alors tout va bien. C'est tout du moins ce que le scénariste a l'air de se dire mais on peut s'agacer de ce cynisme. De plus, l'intrigue souffre de facilités qui elles ne sont pas annoncées, donc on peut supposer qu'elles ne sont pas voulues: les soupçons que Stalker nourrit à l'égard de son partenaire reposent sur une base très ténue et si elle est montrée comme sautant trop vite aux conclusions, il est difficile de croire que le commissaire la suive dans son raisonnement.

Toutefois, en dépit de ce passage, quand il joue selon les règles, le scénario tricote une énigme dont la résolution n'est pas attendue, malgré des indices disséminés comme il se devait. C'est d'ailleurs assez paradoxal vu les ambitions mais pas forcément surprenant de constater que c'est en adhérant à un certain classicisme qui a fait ses preuves qu'on évite de se planter. De plus, on s'amuse régulièrement des situations et des personnages, jusqu'à un final délirant et plutôt méchant.

Coup de Théâtre aurait pu être une comédie policière délicieuse mais donne trop l'impression de se trouver plus futée qu'elle n'est vraiment, ce qui peut vite taper sur les nerfs. Si l'on est d'humeur plus bienveillante, la reconstitution du West End, les allusions à l’œuvre de Christie et notamment La Souricière et le casting sont des arguments suffisants pour passer un bon moment.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 4 Octobre 2022, 21:40bouillonnant dans le chaudron "Films".