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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Potion précédente-Potion suivante
Churchill
À quelques jours du Débarquement, Winston Churchill, encore hanté par le désastre de Gallipoli, estime la stratégie adoptée par les Alliés trop risquée et tente de convaincre les généraux Eisenhower et Montgomery de faire machine arrière.

L'imagination de l'affichiste au pouvoir

La fiction historique est un exercice délicat, et a fortiori quand il s'agit d'un biopic. Il faut savoir choisir un angle d'attaque intéressant et ne pas se noyer sous les détails, mais sans non plus faire trop d'entorses à la réalité pour ne pas tomber dans le contresens le plus total. Malheureusement, ce film de Jonathan Teplitzky trébuche sur les nombreux écueils du genre.

Churchill est une des figures les plus emblématiques du XXe siècle, mais son rôle de leader pendant la Seconde Guerre Mondiale, ses vibrants discours et ses bons mots ont eu tendance à éclipser ses échecs et des prises de position qui ne se distinguaient pas vraiment par leur clairvoyance. Si Churchill's Secret ou récemment The Crown se sont penchés sur sa décrépitude, l'image du vieux lion a été assez peu écornée à l'écran et voir un film se pencher un peu plus sur ses failles ne manquait donc pas d'intérêt. Mais il aurait sans doute fallu une scénariste plus expérimentée qu'Alex von Tunzelmann et un réalisateur plus inspiré que Jonathan Teplitzky.

Commençons par le principal problème du scénario: on choisit de concentrer l'action sur les trois jours qui ont précédé le Débarquement. Il est habituel dans les fictions historiques de prendre quelques libertés chronologiques et d'avoir l'esprit de synthèse, pour des raisons de rythme, de compréhension, et pour ne pas perdre de vue le propos. Il est toujours intéressant et nécessaire ensuite de se renseigner pour démêler le vrai du faux, mais il est assez stérile de reprocher à une fiction de ne pas montrer l'entière vérité et rien que la vérité. Par exemple, dans Le Discours d'un Roi, le personnage principal commence à consulter Logue en 1934, quelques années plus tard que dans la réalité. Cela permettait à la fois de ne pas étaler l'histoire sur un trop grand nombre d'années pour donner un sentiment d'urgence quant au progrès que le Roi devait faire, de le dépeindre en famille avant sa thérapie pour montrer au spectateur que son bégaiement se manifestait différemment selon la compagnie, etc. Les libertés prises à ce niveau sont donc justifiées.

Or, ici, l'on voit Churchill exprimer des doutes qu'il avait confié bien plus en amont dans la réalité et l'on se demande pourquoi cela lui pose problème au dernier moment. (En fait, à ce stade, il tentait plutôt de s'incruster sur un navire et il a fallu l'intervention de George VI pour qu'il renonce. Ce qui est présent dans le film mais avec des motivations différentes). Cette focalisation sur ces trois jours auraient encore pu fonctionner si l'on avait eu un sentiment d'urgence, de compte-à-rebours qui instaurerait au moins une tension, mais le réalisateur est incapable de transmettre cette sensation, pas aidé il est vrai par le fait que le spectateur sait bien qu'il n'y aura pas échec de l'opération (mais cela n'excuse pas une mise en scène souvent plate et parfois pompeuse).

De plus, Churchill ayant exposé les raisons de ses réticences dans les premières minutes du film, il n'a plus grand chose à faire que de les réitérer pendant le reste du temps tandis que le reste de la distribution s'évertue avec plus ou moins de patience et de gentillesse à lui dire d'aller jouer ailleurs et on ne peut que se ranger à leur côté et souhaiter que le Premier Ministre les laisse travailler. Malgré la durée modeste du métrage, cet aspect répétitif lasse bien vite.

Reste les acteurs. Brian Cox s'en tire plutôt bien, même s'il est toujours difficile avec Churchill de distinguer ce qui tient du cabotinage de l'acteur et ce qui tient de celui du sujet. Richard Durden dans le rôle de Smuts tire son épingle du jeu, tandis que les autres (John Slattery en Eisenhower, Julian Wadham en Montgomery, James Purefoy en George VI et Miranda Richardson en Clementine Churchill notamment) tiennent leur rôle solidement mais n'ont pas vraiment de quoi briller avec le peu qu'on leur donne à faire.

Vouloir égratigner le mythe est bien gentil, et sans doute même salvateur, encore faut-il avoir les capacités pour le faire, et ce coup-ci le résultat est décevant. Le personnage n'en finit en tout cas pas de fasciner puisqu'on le retrouvera sur grand écran dans quelques mois à peine sous les traits de Gary Oldman (si, si!), en espérant que Joe Wright livre une copie plus convaincante (vu son CV, on ne pourra sans doute pas lui reprocher de manquer d'idées de mise en scène. Il faut juste croiser les doigts pour qu'elles soient bonnes).
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 1 Juin 2017, 19:50bouillonnant dans le chaudron "Films".