Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Casablanca
Casablanca, 1941. Alors que la guerre fait rage, des réfugiés de tous horizons survivent dans l'attente d'un départ pour Lisbonne et de là, pour les États-Unis. Rick Blaine, propriétaire d'un café américain, les accueille, tout comme il accueille les officiers de la France de Vichy ou de l'Allemagne nazie, en affichant une stricte neutralité. Jusqu'au jour où il se retrouve en possession de deux sauf-conduits et qu'Ilsa, avec qui il a vécu une aventure passionnée à Paris avant qu'elle ne le quitte sans explications, réapparait avec son mari, Victor Lazlo.

Il est souvent difficile de parler d'un film sur lequel tout semble déjà avoir été dit et qui en plus a une réputation de chef-d’œuvre, d'être l'un des plus grands films romantiques de l'histoire du cinéma, dont on connait certaines répliques par cœur même sans l'avoir vu (ou qu'on croit connaître, pas de again dans le "play it, Sam"!). Quoiqu'il en soit, j'avais déjà vu Casablanca dans mon adolescence et j'en avais le souvenir d'un très bon film mais qui ne m'avait pas non plus tourneboulée au point de le placer dans mon panthéon personnel. Le revoir m'a confortée dans cette impression. Et en même temps... Car on peut se demander, pourquoi une telle révérence pour ce film plutôt que tel autre? Pour un scénario écrit au jour le jour, on se retrouve avec quelque chose qui tient la route (si on ne cherche pas la petite bête), La mise en scène de Michael Curtiz est élégante sans être impressionnante, les acteurs sont tous parfaitement choisis, mais au premier abord, on ne discerne pas forcément ce qui peut provoquer un tel culte. Et pourtant, les tentatives de réitérer l'exploit en réunissant certains membres de l'équipe devant et dernière la caméra, d'utiliser un canevas à peu près similaire, n'ont jamais débouché sur un long-métrage capable de rivaliser avec l'aura de celui-ci. Peut-être parce que quand on dépasse le cadre du succès pour devenir un phénomène et générer un culte, il y a toujours une conjonction d'éléments impossibles à reproduire totalement, même si on peut toujours après coup pointer du doigt ce qui est attractif.

Pour ma part, Casablanca part avec un handicap: je suis rétive aux triangles amoureuxs, et là c'est tout de même un peu Triangle amoureux, The Movie. Il y a plusieurs choses qui me gênent dans le triangle amoureux. La première c'est que si A ne sait pas qui choisir entre B et C qui aiment follement A, j'aurais du mal à ne pas être agacée par A qui a le luxe de deux soupirants dévoués. Si l'on fait de B ou de C un repoussoir sous un prétexte quelconque afin que le choix de A soit facilité, je trouve cela malhonnête. Sans parler des situations où le triangle n'est que de façade et où B ou C n'a en fait pas la moindre chance. Bref, quel que soit l'angle d'attaque (et je ne parle même pas des manifestations hors œuvre comme des fans se divisant en Team B et Team C et acceptant encore moins la défaite que des supporters malheureux après une finale de Coupe du Monde), il y a de fortes chances que ça me bloque. Heureusement, je n'y suis pas non plus totalement allergique et je mentirais en disant que les atermoiements d'Ilsa, d'autant plus crédibles qu'Ingrid Bergman elle-même ne savait pas de qui elle était censée être amoureuse, me sont insupportables. De plus, le film a autre chose à proposer à côté.

Le contexte dans lequel le film se déroule et également dans lequel il a été tourné est particulièrement fort. Le café de Rick est le rendez-vous de réfugiés fuyant la guerre, parfois recherchés, en transit, sans assurance de trouver le moyen de franchir l'Atlantique, obligés de vendre ce qu'il leur reste de plus précieux en espérant que le prix sera suffisant. Ce qui rend Casablanca plus touchant que le simple script le supposait, c'est qu'une bonne partie de la distribution consistait en des acteurs qui avaient eux-même fuit la guerre et le nazisme: Marcel Dalio, Peter Lorre, Madeleine Lebeau... Ironiquement d'ailleurs, Conrad Veidt qui joue le vilain nazi Strasser, avait en réalité aidé Paul Henreid, alias le résistant Lazlo, en se portant garant de lui en Angleterre au début de la guerre. Guerre dont, au moment où le film a été tourné, on ne pouvait deviner l'issue. C'est probablement pourquoi la scène de La Marseillaise, qui serait probablement très tarte si elle avait été tournée des années plus tard, fonctionne par sa sincérité.

Et puis la distribution est exceptionnelle: Humphrey Bogart est notamment à son meilleur en faux cynique qui ne peut s'empêcher de prendre parti, tandis que Claude Rains marque fortement les esprits dans le rôle de l'officier vichyste opportuniste et corrompu qui va in-fine choisir son camp. On retrouve aussi Sydney Greenstreet et Peter Lorre, deux complices d'un des récents succès de Bogart qui a contribué à en faire une star, Le Faucon Maltais, dans des rôles courts mais ayant un impact non-négligeable dans l'intrigue (le premier fournit les fameux sauf-conduits, après tout!). Leur présence est-elle due au succès du Faucon Maltais ou ne faut-il pas y voir plus loin que le fait qu'ils étaient sous contrat avec la Warner Bros, je l'ignore mais les deux acteurs formeront à plusieurs reprises un duo dans les années 40.

Chef-d’œuvre? Pour ma part, peut-être pas même si je ne peux pas non plus formuler de véritables reproches, mais classique parmi les classiques, indubitablement.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 28 Janvier 2020, 23:36bouillonnant dans le chaudron "Films".