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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Ça - Chapitre Deux
Vingt-sept ans après avoir vaincu Ça dans les égouts de Derry, Mike Handlon rappelle ses camarades car le monstre a recommencé à frapper. Mais désormais adultes, les Ratés peuvent-ils faire face à leurs traumatismes d'enfance?

Sortie il y a deux ans, la première partie de l'adaptation d'un des plus célèbres romans de Stephen King m'avait séduite, bien qu'elle ait été loin de restituer toute la richesse du livre, et qu'il y avait déjà des points qui me chiffonnaient, comme la surexploitation de la forme Pennywise de Ça et la compression des attaques sur les enfants en un après-midi là où elles s'étalaient sur plusieurs mois dans le bouquin, ce qui faisait passer le monstre pour un tocard. Mais c'était joli à regarder, le casting des gamins était réussi et on édulcorait beaucoup moins certains passages que dans la précédente adaptation qui en aura marquée plus d'un mais que je trouve complètement ratée.

Je n'attendais pourtant pas avec impatience ce second chapitre. Les passages où les Ratés sont adultes m'ont toujours moins fait vibrer que ceux où ils sont enfants bien qu'avec l'âge je deviens plus sensible à leur replongée dans les souvenirs d'enfance. Le film est toutefois moins linéaire que prévu puisqu'il offre de nombreux flashbacks, mais ceux-ci n'apportent finalement pas grand chose à part offrir quelques nouveaux affrontements avec le monstre, pour certains tirés du livre (la vielle, la statue de Bunyan), pour d'autres inédits. En fait, pendant tout ce long film, j'avais systématiquement l'impression qu'Andy Muschietti passait systématiquement à côté de ce qui faisait la force du livre.

Malgré sa créature et les scènes chocs qu'elle amène, ce qui fait l'intérêt de Ça est notamment la capacité de King à faire vivre la ville de Derry, à dévoiler sa sanglante histoire, en plus d'être un des plus beaux romans écrit sur l'enfance. Cet aspect est complètement absent ici, sacrifié au profit de scènes de "flippe" de style train-fantôme. Or, les trains-fantômes ne font pas peur: on peut y sursauter, et y rire nerveusement, mais on en ressort généralement déçus en se demandant comment on a pu encore se faire avoir. Ce chapitre joue beaucoup plus la carte de l'humour, trop, et la surenchère dans les manifestation de Ça, jusqu'à l'indigestion (honnêtement, arrivée à la séquence à la The Thing, je n'en pouvais plus). Puisque la ville n'est pas incarnée, cela ne rimait à rien d'en montrer la destruction et le paquet est en contrepartie mis dans l'affrontement final avec la bande, qui ne fonctionne pas. Certains changements ne sont pas idiots (l'orientation sexuelle de Richie, pourquoi pas; ne pas mettre le seul protagoniste noir hors-course pour le combat ultime est compréhensible) mais trop souvent, les conséquences qu'amènent ce changement sont négligées: si Bowers ne blesse pas sérieusement Mike et ne laisse qu'une égratignure à Eddie, pourquoi le ramener à part pour dire qu'on ne l'a pas oublié en route?

Il n'y a pas que du mauvais: les rares meurtres commis par Ça (Adrian Mellon et les deux gamins) sont plutôt efficacement mis en scène, le casting des adultes est fort réussi et crédible par rapport aux jeunes acteurs, mais en 2h45, ces quelques bons points sont noyés au milieu de scènes qui ne sont pas en elles-mêmes mal fichues ou catastrophiques, mais qui ne vont jamais exploiter ce qui en faisait l'intérêt dans le livre, quand des pans entiers de celui-ci ne sont pas sacrifiés aux dépends de scènes inédites plus immédiatement divertissantes mais symboliquement plus faibles. Le livre ne peut être adapté tel quel, ne serait-ce que pour le rituel de Chud, mais on l'illustre trop simplement, en surexploitant l'image du clown (pourtant, il y a de l'idée quand on aperçoit les Lumières mortes, on essaie bien de nous faire passer l'idée d'une autre dimension, mais non, insistons surtout sur la grosse tête de Pennywise juchée sur un corps d'araignée à la place).

Il y avait les moyens, c'est loin d'être moche à regarder à l'exception de certains effets de mauvais goûts, mais en conclusion, c'est la déception qui domine et l'impression qu'un film ou un téléfilm, même en deux parties, n'est peut-être pas le format idéal pour traduire l'ambition et l'ampleur de l’œuvre originale, qu'on ne peut pas réduire à un clown effrayant.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 13 Septembre 2019, 23:57bouillonnant dans le chaudron "Films".