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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Arsenic et Vieilles Dentelles
Mortimer Brewster, célèbre critique dramatique, vient de se marier. Alors qu'il passe annoncer la nouvelle à ses tantes Abby et Martha, qui vivent avec son frère Teddy qui se prend pour Theodore Roosevelt, il découvre que les charmantes vieilles dames empoisonnent des hommes âgés pour leur épargner une fin de vie triste et solitaire. Pour ne rien arranger, l'autre frère de Mortimer, Jonathan, en cavale après une série de meurtres, débarque accompagné d'un chirurgien esthétique raté en espérant se planquer.

Jeudi confession: je n'apprécie pas particulièrement, à quelques exceptions près comme New-York Miami, les films de Frank Capra, en particulier les plus célèbres avec James Stewart. Aussi n'est-ce peut-être pas surprenant d'avoir de loin préféré Arsenic et Vieilles Dentelles à ce qu'il a pu faire d'autre alors que c'est son film le moins personnel, une adaptation vite emballée avant de partir à la guerre d'une pièce qui rencontrait un vif succès à Broadway (tourné en 1941, le long-métrage n'est sorti qu'en 1944 car le studio devait attendre que la pièce ait fini d'être jouée. Heureusement qu'ils n'ont pas adapté La Souricière). J'avais en tout cas adoré à l'adolescence, mais en le revoyant il faut tout de même constater que les origines théâtrales se font sentir, en dehors de quelques extérieurs pas toujours utiles comme la scénette d'ouverture, l'intégralité de l'histoire se passe dans la même pièce avec entrée et sortie des acteurs et force portes qui claquent.

Capra joue bien avec les ombres pour accentuer/parodier le caractère horrifique du personnage de Jonathan, mais ça ne va pas vraiment plus loin que cela et l'intérêt du film est ailleurs, dans l'accumulation de tuiles qui s'accumulent sur la tête du pauvre Mortimer qui s'échine à régler une situation de plus en plus délicate et improbable tandis que sa jeune épousée et le chauffeur de taxi censé les emmener en lune de miel s'impatientent. Mortimer a beau être présenté comme le seul membre normal de la famille Brewster (et pour cause...), sa nervosité extrême et le cabotinage outrancier de son interprète Cary Grant vont tout de même faire douter de son équilibre mental. Grant en fait des tonnes, donc, ce qui peut fatiguer (et lui-même n'aimait pas le film à cause de sa prestation) mais la plupart du temps on s'amuse tout de même bien de ses mimiques ahuries. Il est toutefois loin d'être la principale attraction.

Mortimer est entouré d'une galerie de personnages tous plus branques les uns que les autres. Ses gentilles tantes (Josephine Hull et Jean Adair) sont des empoisonneuses ravies de rendre à leur manière service à leurs victimes, ce qui donne lieu à des répliques complètement surréalistes car elles ne comprennent pas ce qu'il peut y avoir de répréhensible à leurs actes. Teddy (John Alexander), qui se prend pour Roosevelt, est le seul qui est considéré comme fou par tout le voisinage, et pourtant, hors les nuisances sonores provoquées par son clairon, il est de loin le plus inoffensif même s'il est d'une aide précieuse pour enterrer les cadavres laissés par ses tantes qu'il prend pour des victimes de la fièvre jaune sur le chantier du Canal de Panama. On a surtout droit à un duo de criminels aussi inquiétants qu'hilarants, en la personne de Jonathan (Raymond Massey, qui reprend le rôle tenu par Boris Karloff sur scène) et le chirurgien qui l'accompagne et qui après l'avoir opéré en état d'ébriété, lui a fait la tête... de Boris Karloff. Peter Lorre est évidemment taillé pour ce rôle de complice terrifié par son associé dont il essaie parfois de contenir les élans les plus criminels quand il ne se réjouit pas du malheur des autres, trop heureux que la foudre ne tombe pas sur lui. Priscilla Lane est charmante mais finalement la plus mal servie puisqu'elle doit jouer le seul personnage dépourvu d'excentricité qui se borne à s'impatienter puis à accepter la conduite de son mari sans chercher plus loin.

On enchaîne les gags de répétition, l'humour noir est maître (j'avoue être facilement amusée par les histoires de cadavres encombrants) et pour une comédie qui frôle les deux heures, ce qui est long pour une comédie, il n'y a strictement aucun temps mort. Au risque de tomber dans le travers inverse et de saouler par excès de survoltage. Notons aussi que le film pourrait très bien convenir à une soirée d'Halloween puisque l'histoire se passe à cette période, si on est davantage d'humeur ce soir-là à rire plutôt que de trembler.

Arsenic et Vieilles Dentelles est une comédie noire toujours aussi réjouissante, moins pour sa mise en scène qui assure le minimum syndical que pour sa distribution en grande forme et la succession bien huilée de gags et de bonnes répliques.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 23 Janvier 2020, 09:46bouillonnant dans le chaudron "Films".