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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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A Very English Scandal
Dans l'Angleterre des années 60, Jeremy Thorpe est un député libéral promis à un grand avenir au sein de son parti. Néanmoins, après avoir entretenu une liaison avec Norman Josiffe, Thorpe trouve le jeune homme de plus en plus encombrant et décide de le faire tuer.

Depuis quelques temps, je m'étais sentie un peu laissée tomber par les mini-séries de la BBC ou bien d'ITV. Leur casting était alléchant, leur point de départ intrigant, mais à l'instar de Collateral ou Trauma, le résultat se révélait bien décevant. Heureusement, A Very English Scandal vient inverser la tendance et est tout sauf un pétard mouillé.

On retrouve au scénario ce bon vieux Russell T. Davies, qui adapte le livre de John Preston lui-même basé sur des événements réels: et il est bon de le préciser car devant les péripéties qui défilent devant nos yeux, on pourrait être tentés de croire que Davies n'a rien imaginé d'aussi délirant depuis son passage sur Doctor Who. À la réalisation, la BBC s'offre Stephen Frears, en toute simplicité, et le casting est magnifique: Hugh Grant en Jeremy Thorpe confirme un tour pris déjà depuis quelques films et fait merveille en député charmant en apparence mais qui peut vite devenir inquiétant, et ce bien avant de commanditer un assassinat. Ben Whishaw est également excellent dans le rôle de Norman, avec un mélange de fragilité, d'obstination et de malice qui le rend à la fois attachant et ambigu. La galerie de seconds rôles, d'Alex Jennings à Adrian Scarborough, en passant par Monica Dolan et Eve Myles (actrice que je trouve au mieux moyenne habituellement mais qui assure ici), est impeccable au point que l'on regrette que pour certains, on doive se contenter de ne les voir que le temps une scène (David Bamber parvient à faire forte impression en cinq minutes de temps à l'écran).

On pourrait être surpris de prime abord par le parti-pris d'attaquer cette histoire sous l'angle de la comédie. Mais devant les rebondissements aussi incroyables que véridiques, l'aspect farce devient évident. Le rythme est enlevé, extrêmement soutenu, et je dois dire que cela fait longtemps que je n'avais pas vu passer des épisodes de ce format aussi vite, sans que l'enchaînement donne l'impression d'être trop précipité. La musique de Murray Gold, qui peut au départ paraître en décalage avec le sujet et trop légère et entrainante, participe en réalité de façon parfaitement adéquate à l'intrigue et à l'ambiance.

Néanmoins, si on connait déjà le travail de Davies sur Doctor Who par exemple, on sait que le bonhomme est capable, au détour de scènes pleines d'esprit, de profondément toucher et A Very English Scandal démontre encore une fois qu'il sait gérer les ruptures de ton. Si l'on s'amuse et que l'on rit (souvent jaune) devant la bande de bras cassés qui s'imagine pouvoir réduire Norman au silence, on nous rappelle également que toute cette affaire a fait des victimes collatérales, que le contexte n'était guère plaisant (on débute dans les années 60, quand l'homosexualité était encore illégale)et ces rappels sont d'autant plus glaçants qu'une minute avant on s'amusait bien.

A Very English Scandal est donc une vraie réussite et une mini-série à ne manquer sous aucun prétexte, et il serait étonnant que l'on n'en entende pas parler au moment des BAFTAs (il est aussi probable que chez nous, elle finisse expédiée en une soirée sur ARTE, mais ce serait déjà pas mal).
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 4 Juin 2018, 23:16bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".