Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore
House of the Dragon, saison 1 épisode 9: The Green Council (2)
Vendredi 21/10 12:03 - Zakath-Nath
Dracula (1)
Vendredi 21/10 11:26 - ariannememphis
The Goes Wrong Show, saison 2 (2)
Jeudi 15/09 19:05 - Zakath-Nath
Call Me by Your Name (2)
Dimanche 21/08 09:12 - Zakath-Nath
Carnivàle - La Caravane de l'Étrange, saison 1 (1)
Samedi 20/08 22:04 - Yoda Bor
La Quête de Saint Camber (2)
Dimanche 05/06 11:14 - Zakath-Nath
Le 14e Docteur arrive! (2)
Lundi 09/05 18:56 - Zakath-Nath
Hermione Granger (28)
Lundi 20/06 07:39 - Emma
Les Maîtres Enlumineurs (2)
Dimanche 13/02 10:14 - Zakath-Nath
La Roue du Temps, saison 1 (2)
Dimanche 09/01 20:55 - Zakath-Nath

Potion précédente-Potion suivante
Why Women Kill, saison 1
Trois couples évoluent à différentes époques dans la même demeure cossue de Pasadena. En 1963, Beth-Ann, parfaite épouse au foyer aux petits soins pour son mari Rob découvre que celui-ci la trompe avec une serveuse. En 1984, Simone, personnalité mondaine, réalise également que son époux Karl la trompe, mais avec des hommes. Et en 2019, Taylor, brillante avocate, n'a pas peur d'une infidélité car elle vit en union libre avec son mari Eli mais quand elle décide d'héberger Jade, une de ses amantes, pour lui rendre service, ce qui est contraire aux règles que le couple s'était fixés, les choses se compliquent. Beth-Ann, Simone et Taylor en viendront toutes à tuer, mais comment et pourquoi?

La nouvelle série de Marc Cherry, le créateur de Desperate Housewives propose un concept intéressant: un même lieu, trois histoires entremêlées se déroulant à différentes époques, chacune centrée sur une femme qui va commettre un meurtre. Contrairement à ce que le synopsis et le générique peuvent laisser croire, on ne se contentera pas de montrer une femme bafouée par l'indélicatesse de son conjoint passer brutalement à l'acte, ce qui remplirait difficilement les dix épisodes qui composent la saison. Rapidement, les trois intrigues vont évoluer dans des directions parfois inattendues, avec un bonheur inégal.

L'intrigue se déroulant en 1963 est l'une des plus sombres mais également la plus grinçante. Beth-Ann, qui ne rêve que de combler son mari, est dévastée en apprenant l'adultère de celui-ci mais son premier réflexe est d'agir en bonne épouse et de trouver le moyen de le reconquérir en découvrant ce que la maîtresse de Rob lui offre de plus qu'elle. Pour se faire, elle fait la connaissance de la jeune femme sous une fausse identité... et la trouve si sympathique qu'elle finit par ressentir une véritable amitié pour elle. Son imposture provoque nombre de situations vaudevillesques et les stratagèmes deviennent de plus en plus délirants, mais derrière les scènes de comédie émerge régulièrement une réalité plus noire, Beth-Ann et ses consœurs ayant peu d'options de sortie face à des époux capables de les abandonner ou de les maltraiter. Rob est d'emblée détestable, totalement égocentrique et incapable d'envisager que son épouse puisse aspirer à autre chose que lui faire la popote, mais sa véritable faute se révélera bien plus grave que celles, plus évidente, qui sautent au visage du spectateur dès le premier épisode. Ce qui rendra la résolution de cette intrigue délicieusement satisfaisante quand on aime les vengeances bien élaborées. Ginnifer Goodwin est parfaite dans le rôle de Beth-Ann, dont l'apparence pimpante et innocente cache une profonde blessure dont on découvre petit à petit l'origine, mais aussi des ressources considérables.

L'intrigue prenant place en 1984 est au départ la plus drôle, ne serait-ce que par le look de ses protagonistes: la Californie friquée de l'époque semble sortie tout droit d'un soap-opera avec des tenues aussi luxueuses qu'innommables, et Simone, reine de la fête superficielle, est tellement flamboyante que malgré ses actions discutables et sa frivolité, on la suit avec bonheur. Contrairement à Beth-Ann, elle a tôt fait de confronter son (troisième) mari à ses infidélités mais ce dernier, loin de se démonter, entend lui faire comprendre qu'il l'aime quand même à sa manière et qu'un divorce n'est pas inévitable, surtout si elle veut éviter que l'on jase dans son cercle d'"amies". Tout d'abord par dépit, Simone va se lancer dans une liaison avec le fils de sa meilleure amie, à peine majeur, ce qui là encore va entraîner un comique vaudevillesque très sûr. Pourtant, la relation entre Simone et Karl, d'abord acrimonieuse, va évoluer en complicité jusqu'à ce qu'un certain événement rende le dernier tiers beaucoup plus mélodramatique, mais également plus prévisible. Néanmoins, l'histoire fonctionne, d'abord grâce à l'abattage de Lucy Liu qui forme un parfait duo avec Jack Davenport, jamais aussi bon que quand on lui offre des répliques sarcastiques et pince-sans-rire, et leur couple devient particulièrement touchant tout en offrant des échanges piquants.

La dernière intrigue a un point de départ plus complexe, mais a malheureusement plus de mal à susciter l'adhésion. Taylor et Eli vivent une union libre, le déclencheur ne peut donc pas être une simple coucherie. De plus, contrairement à Beth-Ann et Simone, Taylor est celle qui enfreint les règles en invitant chez elle une de ses amantes. Le fait de ne pas penser savoir dès le départ où l'on va avec cette histoire n'est pas un défaut, mais l'évolution de celle-ci est décevante. Paradoxalement, Taylor est la protagoniste la plus moderne, avocate et militante féministe, mais ce sera elle la plus passive des trois pendant une bonne partie de son histoire, y étant comme extérieure avant d'entrer en action mais de manière moins élaborée que les autres. Kirby Howell-Baptiste offre une interprétation solide mais son personnage, beaucoup plus posé et raisonnable que les deux autres malgré des mauvais choix est de ce fait moins mémorable. Reid Scott et Alexandra Daddario l'épaulent solidement et ces segments ne sont pas mauvais mais il s'agit du maillon faible de la saison.

Celle-ci bénéficie d'une bonne direction artistique, les transitions d'une époque à l'autre sont très bien gérées pour culminer dans un dénouement qui mêle admirablement les trois intrigues et les scénettes ouvrant et concluant les épisodes sont souvent savoureuses. Globalement, le spectacle est fort agréable, passant facilement de la comédie au drame, et a le mérite de boucler toutes ses intrigues, ce qui leur évitent de s'étirer au-delà du raisonnable. La saison 2 devrait voir arriver de nouveaux personnages, même s'il reste à savoir si le casting d'origine rempile comme dans American Horror Story ou non.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 29 Octobre 2019, 22:08bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".