Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Voyage au Centre de la Terre (NBC 1993)
Persuadé qu'il existe des territoires sous la croute terrestre, le professeur Harlech s'aventure au cœur d'un volcan dans un petit vaisseau de sa conception. L'expédition est un échec cuisant qui se solde par sa disparition. Dix ans plus tard, son élève Chris Turner a perfectionné le projet et obtient le financement d'un milliardaire. Assisté d'une équipe triée sur le volet, il s'aventure au centre de la Terre à bord d'un appareil perfectionné et découvre un monde étrange.

Bon, ce coup-ci, on va déterrer quelque chose d'un peu obscur. Si vous ne vous êtes pas planté devant M6, un soir de février 1996 (si je ne m'abuse), devant ce téléfilm librement adapté du roman de Jules Verne et que même le programme télé en supplément du Provençal, pourtant généreux dans sa notation, ne gratifiait que d'un cœur solitaire, il y a de fortes chances que ce dont je parle ne va rien vous évoquer. Ce n'est pas bien grave. Le machin a quand même une note faramineuse de 3,2 sur IMDB. Néanmoins, la gamine que j'étais alors, tout en étant déjà bien consciente de l'allure très cheap des créatures, n'avait pas passé un mauvais moment. Et quelques jours plus tard, en colo de ski, on avait été plusieurs à parler du programme avec enthousiasme, marqués notamment par le grand méchant.

Ce n'est que des années plus tard, en y repensant vaguement et en cherchant quelques infos sur internet, que j'ai découvert qu'il s'agissait en fait d'un épisode pilote pour une série télévisée que la chaîne américaine NBC avait décidé, devant le manque d'enthousiasme suscité par ledit pilote, de sacrifier. Avec le recul, c'est évident puisque la fin était ouverte, le vaisseau toujours perdu sous terre avec un narrateur héros déclarant que l'aventure ne faisait que commencer (juste avant de stopper net, donc) et que l'on posait les bases d'un enjeu: le Livre du Savoir dont l'un des personnages possède un fragment et qui une fois complet permettait de sortir du labyrinthe, le mécène milliardaire qu'on ne revoit pas passé le premier acte mais qui a écrit sur son visage que ses motivations ne sont pas aussi philanthropiques qu'il le dit, l'identité du méchant dévoilée juste avant sa mort probable mais peut-être pas (ce qui avait fortement contribué à le rendre marquant malgré son côté Dark Vador en mal d'armure).

À revisiter trente ans après, ce n'est pas bien glorieux. On suit donc un groupe de scientifiques/aventuriers dans un vaisseau high-tech explorant les dessous de la croute terrestre pour découvrir un monde peuplé de raies-manta en plastique se trainant péniblement sur terre et de troglodytes ridicules. Les personnages sont stéréotypés et on devine d'avance les couples censés se former, ils sont rejoints par un paisible Yeti et sont menacés sans le savoir par un mystérieux personnage gravement brûlé et maintenu en vie par un système de tubes et de fluides dont on se demande comment il a atterri là. C'est toujours amusant de réaliser qu'il y a des images qui m'étaient restées et même quelques répliques mais que j'avais totalement oublié deux membres de l'équipage (la sportive et le pilote beau gosse qui la drague). Sans parler de ce que je n'avais pas remarqué à douze ans, à savoir que le professeur Harlech était joué par F. Murray Abraham et son assistant lors de son voyage fatal par... Sam Raimi. Tous deux portent pour l'occasion des tenues de pilote de la Seconde Guerre Mondiale, tu m'étonnes que leur expédition a foiré dès les premières minutes. Les décors sont étriqués et sonnent faux, l'usage des images de synthèse est visible mais pour de la télé du début des années 90, il faut avouer que ce n'est pas si honteux que cela et que ça ne pique pas trop les yeux.

Quant au casting, si l'on écarte F. Murray Abraham et John Neville, le baron de Münchhausen de Terry Gilliam dans le rôle du vieux sage malicieux de la bande, tout le monde est d'une fadeur très sûre. Avec peu de temps à l'écran Francis Guinan en fait pour sa part des caisses dans le rôle de ce qui devait devenir un antagoniste à long terme (il fallait au moins que l'équipe sorte du labyrinthe ce qui aurait pris je suppose une bonne saison) mais sinon, tout est d'une platitude flagrante avec une mention spéciale pour David Dundara qui se contente d'être beau. Jeffrey Nordling manque de charisme pour mener le groupe. Bref, la mort prématurée de la série envisagée n'est probablement pas une grande perte même si le semblant de mythologie avec le Livre du Savoir aurait pu faire un fil conducteur potable. Je n'aurais peut-être pas craché sur des épisodes supplémentaires à douze ans et en même temps on ne voit pas trop quelles intrigues hebdomadaires auraient pu tenir en haleine dans l'environnement présenté.

La volonté de réaliser une série de SF à base de voyage qui ne soit pas un space-opera comme les séries Star Trek ou Babylon 5 qui venait de démarrer n'était pas mauvaise mais le résultat s'inscrit dans cette flopée de téléfilms fauchés destinés à remplir les grilles de programmes d'après-midi mornes. Difficile d'y trouver un intérêt au-delà d'un trip nostalgique qui ne doit concerner que trois personnes dans le monde.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 11 Février 2024, 18:20bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".