Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Rings of Power, saison 1
À la chute du ténébreux Morgoth, son lieutenant Sauron prend sa suite pour être à son tour vaincu. Galadriel, contrairement aux autres Elfes, est convaincue qu'il est toujours de ce monde. Pendant ce temps, un mystérieux personnage est précipité dans les Terres du Milieu et est recueilli par une tribu de Pieds velus.

Dès son annonce, la série d'Amazon a fait beaucoup parler et spéculer. D'abord présentée sous le simple titre The Lord of the Rings, elle a donné l'impression qu'il s'agirait d'une nouvelle adaptation du roman de Tolkien, ce qui a fait ruer dans les brancards ceux qui ne voulaient pas d'une autre vision que celle de Peter Jackson ou simplement qui pensaient qu'il était un peu tôt pour le faire. Le malentendu a été dissipé, les événements portés à l'écran se situeraient au Second Âge, période renseignée par des notes, quelques textes et une chronologie mais guère plus, les producteurs n'ayant pas les droits du Silmarillon. Puis il y a eu des récriminations sur un casting qui visait la diversité et en contrepartie, une vaste campagne de promotion portant l'accent sur le budget pharaonique de la série, pas encore égalé. Cela promettait d'être fort beau, les inquiétudes demeuraient toutefois sur ce qu'on allait nous raconter (le titre final, The Rings of Power, donnait une idée) et surtout comment.

Les deux premiers épisodes diffusés ont donné un début de réponse, qui n'a pas été vraiment démenti dans les six suivants: effectivement, c'est superbe, avec encore une fois un tournage dans les beaux paysages naturels de Nouvelle-Zélande, des décors cossus et travaillés (mention spéciale à Numénor!), des maquillages et des costumes souvent réussis comme ceux des Orcs qui se détachent des films de Jackson tout en conservant le même soucis du détail, une musique souvent épique de Bear McCreary offrant quelques thèmes marquants ainsi qu'un thème de générique signé Howard Shore... Hélas, le reste peine à se hisser à la même hauteur.

Les scénaristes se collètent à un univers très riche en personnages et en péripéties, sans le filet de sécurité que serait un roman, ce qui n'est déjà pas toujours suffisant (Le Seigneur des Anneaux a d'ailleurs pendant longtemps été réputé inadaptable et pas que pour une question d'effets spéciaux). Il leur faut beaucoup poser d'éléments, ce qui prend du temps, tout en rendant le monde digeste et à la portée des spectateurs peu familiers avec ce dernier. On se retrouve avec des dialogues souvent simplistes, des sous-intrigues qui peinent à prendre leur souffle, des personnages à peine intrigants et un casting très inégal. Pire, si les deux premiers épisodes réalisés par Juan Antonio Bayona sont bien fichus, notamment le prologue avec la première apparition de Sauron, les réalisateurs suivants n'étaient pas inspirés, recourant à des ralentis grotesques pour mettre en valeur les chevauchées de Galadriel ou les exploits martiaux d'Arondir, ne rendant pas ainsi justice aux efforts de l'équipe artistique.

Peu à peu néanmoins, avec bien de la peine, on voit où l'on va, les personnages éparpillés se trouvent des buts communs et commencent davantage à interagir et l'histoire que l'on connait dans les grandes lignes se dessine: les Nains creusent dans la Moria à la recherche de Mithril, Galadriel ne se trompe pas en pensant que Sauron n'a pas dit son dernier mot... L'identité de ce dernier a donné lieu à des spéculations toute la saison mais ce n'est pas vraiment le Cluedo: il y avait deux véritables suspects dont l'un se prenait les pieds dans une toile de tente, ce qui le disqualifiait d'office. La révélation n'en est pas vraiment une mais heureusement, l'intérêt ne reposait pas entièrement sur ce twist. Il n'en demeure pas moins que l'écriture est le point faible de la saison, d'une maladresse confinant par moment au je-m'en-foutisme, piétinant puis prenant un jet dans les derniers épisodes (la manipulation de Celebrimbor et la création des premiers anneaux donnent l'impression de se faire en une après-midi). Quant aux personnages et aux acteurs, certains tirent leur épingle du jeu comme les Pieds velus, ancêtres des Hobbits et qui nous raccrochent à l'univers de Tolkien ou les Nains, souvent touchants, notamment Sophia Nomvete dans le rôle de l'épouse de Durin, sur laquelle je n'aurais pas parié à cause de son look particulier (pourquoi ces yeux dorés?). Joseph Mawle intrigue aussi dans le rôle d'Adar. Côté Elfes, c'est moins heureux, la plupart faisant trop humains pour fasciner et Morfydd Clark, qui minaude en Galadriel, est le point faible, il est vrai desservie par l'écriture d'un personnage sensé servir de repère au spectateur mais agaçant d'assurance sans être à la hauteur de ce que ses manières exigent (certes, on veut montrer une Galadriel plus jeune que la Dame de Lothlorien mais ce n'est plus une gamine fougueuse non plus après ce qu'elle a déjà vécu).

Écrin luxueux pour une saison ratée par des showrunners dépassés par l'ampleur de leur tâche? On peut le dire. Pourtant, tout n'est pas à jeter, peut-être parce que, malgré des choix très contestables, cela reste la Terre du Milieu et que je ne peux m'empêcher de vouloir y retourner, peut-être aussi parce que je veux voir ce qu'il adviendra de Nori, d'Arondir et de son entourage... Il reste quelques planches qui flottent dans ce naufrage et je m'y accroche, finalement curieuse de voir ce que réserve la deuxième saison.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 15 Octobre 2022, 19:10bouillonnant dans le chaudron "Fantasy".