Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Door
Un couple d'expatriés américains installés à Bombay, Maria et Michael, est frappé par la mort de leur fils. Maria peine à s'en remettre quand la gouvernante, Piki, lui apprend l'existence d'un temple du sud de l'Inde qui a le pouvoir de lui permettre de converser une toute dernière fois avec son enfant. À une condition: ne pas ouvrir la porte derrière laquelle il lui parle. Évidemment, Maria ne résistera pas à la tentation.

Ce film de Johannes Roberts produit par Alexandre Aja aura réussi à m'agacer encore plus qu'Annabelle à sa sortie. L'idée d'implanter l'intrigue en Inde était séduisante au départ. Ce n'est pas un pays que l'on voit énormément dans le cadre des films d'épouvante (dans une production occidentale, en tout cas, j'imagine que le cinéma indien de son côté en a pléthore à proposer qui n'atteignent pas nos écrans) et il y avait de quoi obtenir une bonne ambiance. Il n'en est rien. Le réalisateur a beau montrer les rues populeuses de Bombay, on ne sent jamais la chaleur humide, les odeurs, même Indian Palace qui jouait la carte du film d'expatriés en format carte postale était plus efficace à ce niveau. En dehors de la présence d'Aghoris, cela pourrait aussi bien se passer à Charleville-Mézières.

Quant au fait d'avoir choisi une expatriée pour personnage principal, cela ne contribue pas à rendre celui-ci sympathique, dans le sens où on a l'impression qu'après six ans en Inde, elle n'a pas appris un mot d'hindi ou de marathi (ah, si, elle remercie un chauffeur de taxi, une fois). Son mari est dans le commerce d'antiquité et on case une ou deux phrases permettant de montrer qu'il maîtrise la langue, mais elle jamais. Certes, la plupart des Indiens parlent parfaitement anglais, mais voir quelqu'un qui habite dans un pays étranger ne faire aucun effort pour apprendre la langue locale n'incite pas à l'indulgence. On peut lui laisser le bénéfice du doute en se disant que si elle ne parle pas autre chose que de l'anglais, c'est qu'elle n'en a pas l'occasion, ses seuls interlocuteurs étant sa famille et la gouvernante. Mais quand un Aghori s'introduit chez elle, elle lui crie plusieurs fois de dégager où elle appellera la police, il y avait moyen de lui faire dire une fois la phrase en hindi, cela aurait suffi, mais non... Et si au moins on avait joué de cela pour mettre en avant son côté perdu dans un pays inconnu et mystérieux dont elle ne maîtrise pas les codes, mais on loupe également l'occasion.

La stupidité du personnage principal est une autre source d'agacement. On y est souvent confronté à des degrés divers dans les films d'horreur: une boulette, un avertissement ignoré, sert souvent de point de départ et ensuite le stress n'aide pas à prendre les décisions les plus rationnelles. On sait dès le départ que Maria ouvrira la porte malgré les avertissements. Cela aurait néanmoins pu être bien mieux amené: la voix de son fils aurait pu être bien plus suppliante, lui faire croire qu'il souffrait énormément, jouer sur son sentiment de culpabilité (compréhensible vue les circonstances de la mort du garçon, qui rendent d'autant plus explicable la difficulté à accepter sa mort) mais ce n'est même pas le cas. Comme si cela ne suffisait pas, Maria va continuer d'agir en dépit du bon sens.

Par exemple, elle rentre chez elle avec sa fille de six ans à bord d'un rickshaw quand ça bouchonne devant. Plutôt que d'attendre, ou de sortir faire un détour, elle emmène sa fille au premier rang du bouchon, lui disant juste au dernier moment de rester derrière elle. Ne pouvait-elle pas tout simplement demander à un passant ce qu'il se passait plutôt que de risquer de confronter sa très jeune fille à ce qui était très probablement un accident, potentiellement gore? Mais il est vrai que pour cela, elle aurait dû adresser la parole à un autochtone et le laisser répondre, impensable. Tout cela pour un jump-scare qui n'apporte rien. Quand elle prend conscience que sa situation devient ingérable, elle ignore encore les recommandations de Piki et ce n'est qu'une fois devant l'échec dramatique de celle-ci voulant enfin remettre les choses dans l'ordre qu'elle s'active enfin.

Le caractère horripilant de Maria empêche donc tout attachement ou de pouvoir traiter efficacement du thème du deuil. Au-delà de ça, est-ce que le film fait au moins peur? Même pas. L'aspect de la divinité n'est pas mal trouvé mais il est assez peu exploité et le reste consiste principalement en des jump-scares à base de chien qui aboie et si certains font sursauter, cela fait toujours cache-misère, la surprise et la peur étant deux choses différentes et cette manie de faire passer l'une pour l'autre ne parvient plus à masquer l'incapacité à faire monter le trouillomètre.

Quant à la fin, encore une fois, sans originalité, on nous fait le coup de l'éternel recommencement, de façon totalement artificielle.

Ni effrayant, ni dépaysant, on peut donc tout à fait résister à la tentation d'ouvrir la porte de la salle de ciné pour voir ce qui se cache derrière.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 7 Juin 2016, 18:43bouillonnant dans le chaudron "Films".